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mercredi 15 avril 2015

Jerry Mintz, Les dix signes dont vous avez besoin pour chercher une éducation différente pour votre enfant

Les dix signes dont vous avez besoin pour chercher une éducation différente pour votre enfant


De nombreux parents ne réalisent pas que le monde de l'éducation à changé considérablement depuis qu'ils sont allé à l'école. Les écoles et les salles de classes étaient plus petites, le décrochage scolaire était bien plus bas, la violence à l'école était quasiment inconnue et les enseignants n'étaient pas terrifiés à l'idée de montrer de l'affection à l'égard de leurs élèves ou même de discuter de valeurs morales. Bien sûr, même à ce moment-là, l'école était loin d'être parfaite, mais au moins les enseignants et généralement même le principal, connaissaient tous les élèves par leur nom, quelque chose qui est de plus en plus rare aujourd'hui.

Comme notre système scolaire public s'est détérioré considérablement, de nombreux parents, enseignants et individus ont pris sur eux-même de créer des alternatives publiques et alternatives à ce système, et il est important pour les parents de savoir qu'ils ont maintenant le choix.

Comment savoir alors qu'il est temps de chercher pour une approche éducative différente pour votre enfant ? Voici quelques-uns de ces signes :

1. Est-ce que votre enfant dit qu'il (ou qu'elle) déteste l'école ?
Si c'est le cas, quelque chose va probablement mal avec cette école. L'enfant apprend naturellement, et quand ils sont jeunes, vous pouvez difficilement les arrêter d'apprendre. Si votre enfant dit qu'il déteste l'école, vous devriez l'écouter.

2. Est-ce que votre enfant trouve qu'il est difficile de regarder un adulte dans les yeux, ou d'interagir avec des enfants plus vieux ou plus jeunes ?
Si c'est le cas, votre enfant est peut-être devenu « socialisé » pour interagir uniquement avec les pairs qui se trouvent être dans le même groupe d'âge, ce qui est une pratique commune dans la plupart des écoles, et qui entraîne la perte de capacité à communiquer avec un groupe plus large d'adultes et d'enfants.

3. Est-ce que votre enfant semble fixé sur les marques et les modes provenant de l'école ?
Il s'agit d'un symptôme de l'approche qui insiste sur les valeurs extérieures plutôt qu'intérieure, ce qui cause les enfants de ne compter que sur des moyens de comparaison et d'acceptation superficiels plutôt que sur des valeurs plus profondes.

4. Est-ce que votre enfant rentre de l'école fatigué et grognon ?
Tandis qu'un élève peut avoir une journée difficile dans n'importe quelle école, l'épuisement et l'irritabilité de manière constante sont des signes clairs que leurs expériences éducatives ne sont pas énergisantes mais en réalité débilitantes.

5. Est-ce que votre enfant rentre à la maison et se plaint des conflits qu'il a à l'école, ou des situations injustes auxquelles il est exposé ?
Cela peut signifier que l'école n'a pas un approche centrée sur l'élève pour résoudre les conflits et les communications. De nombreuses écoles comptent sur la résolution des problèmes à partir du point de vue des adultes, privant les enfants de leur capacité à traiter leurs émotions et de discuter de la situation intelligemment à partir de leur propre point de vue.

6. Est-ce que votre enfant a perdu l'intérêt dans les expressions créatives que sont les arts, la musique et la danse ?
Dans le système traditionnel, ces formes créatives sont souvent considérées comme étant secondaire aux domaines académiques et ne sont pas utilisées à grande échelle. Dans certains cas, les cours dans ces domaines ne sont même plus proposés. Cette négligence dévalue ou éteint souvent ces talents et capacités naturelles de l'enfant.

7. Est-ce que votre enfant a arrêté de lire, écrire ou poursuivre un intérêt particulier pour le simple plaisir de le faire ? Est-ce qu'ils s'impliquent le minimun de temps possible dans leurs devoirs ?
Cela est souvent le signe que les activités spontanées et l'indépendance des élèves ne sont pas valorisées dans leurs écoles. Les enfants ont une inclination naturelle à diriger leur propre apprentissage, toutefois, une accentuation sur l'importance de remplir les conditions des évaluations standardisées, les contrôles et examens limitent les capacités des enseignants à encourager et soutenir ces inclinations. Le résultat peut être une augmentation de l'indifférence à l'égard des sujets qui étaient au départ excitant et une perte de la créativité.

8. Est-ce que votre enfant repousse jusqu'à la dernière minute pour faire ses devoirs ?
Cela est un signe que les devoirs ne répondent pas vraiment à ses besoins, peut-être que la surcharge de travail et la simple répétition pour mémoriser sont en train d'étouffer leur curiosité naturelle.

9. Est-ce que votre enfant rentre à la maison en parlant de choses excitantes qui soit arrivé à l'école aujourd'hui ?
Si ce n'est pas le cas, peut-être qu'il n'y a rien d'excitant à l'école pour votre enfant. L'école (et l'éducation) ne devrait elle pas être un lieu amusant, vivant et stimulant ?

10. Est-ce que l'infirmière ou les conseillers scolaires de l'école vous suggère que votre enfant a peut être une « maladie » comme le TDAH (Trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité) et que vous devriez leur donner de la Ritaline ou un autre médicament pour réguler son comportement ?
Soyez méfiant de ces diagnostiques et gardez à l'esprit que la plupart des écoles ont des programmes basés sur le contrôle du comportement. Si les conditions aux examens limitent les capacités de l'enseignant d'intérésser les élèves et si les élèves sont découragé de poursuivre leurs propres intérêts et qu'on attend d'eux qu'ils s'asseyent cinq à six heures par jours avec une attention et une interaction limité alors je pense que c'est l'école qui est malade, elle a le TDE (Trouble du déficit éducatif) et il est peut être temps de sortir votre enfant de cette situation.

Si votre enfant à commencé à montrer certaines de ces caractéristiques, il est alors temps pour vous de chercher une alternative. Dans pratiquement tout le pays (US) aujourd'hui, il y a un grand nombre d'options dans le public et le privé. Par exemple, 40 États ont mis en place une législation qui permet aux groupes de parents et d'enseignants de créer des écoles sous contrat qui ne sont pas coincées à devoir répondre à la multitude de législations d'état et peuvent créer leur propre approche individualisé. Il y en a plus de 4000. Il y a aussi les 4500 écoles magnet à travers tout le pays (Wikipédia), qui sont des écoles publiques qui se spécialisent dans un domaine d'expertise et attire des étudiants à l'intérieure d'une large zone géographique.

De plus, il y a environ 4,500 écoles Montessori basées sur l'approche expérimentale conçu par le Docteur Maria Montessori et des centaines d'écoles Waldorf qui mettent l'accent de manière égale sur les domaines académiques traditionnels et les arts. Il y a aussi des centaines d'écoles alternatives indépendantes, qui donne de l'importance sur le contrôle du participant qui permettent aux parents et aux enfants de prendre la responsabilité pour leur propre éducation. Cette dernière sont souvent appelé des écoles démocratiques, des écoles libres ou des écoles Sudbury.

Un grand nombre d'école à l'intérieure du système scolaire conventionnel ont aussi une variété de programmes alternatifs. Elles sont divisées en deux approches générales.

1. Le choix populaire, qui sont des programmes qui sont ouvert à n'importe quel élève de la communauté. Parfois elles sont appelé école à l'intérieure de l'école.

2. Le public à risque, qui sont des programmes pour les enfants qui ont une variété de problèmes avec l'école. Ces programmes peuvent aider mais aussi isoler. Examinez-les de près avant de faire une décision d'inscription.

Les parents de presque un million d'enfants (aux US) ont décidé que rien de ce qui est présenté ici ne leur convenait et ont choisi une éducation à la maison. Il est maintenant légal dans tout les états et ne requiert pas de certification d'enseignant. L'éducation à la maison s'est dirigé dans une grande variété d'approches.

Certains essayent de créer « la scolarité à la maison » avec un programme relativement standardisé, la différence principale est qu'il s'agit des parents qui sont face à face avec leurs enfants. Certaines familles se sont inscrite à un programme conçu par une école partenaire, cette école aide les parents à créer leur propre programme ou fournisse leur programme de base, des devoirs de niveaux et les aides avec les comptes rendus nécessaires.

Une troisième approche est ce qui est appelé « la déscolarisation ». Dans ce cas les parent base leur approche éducative sur les intérêts de l'enfant et construisent à partir de là, plutôt qu'à partir d'un programme préconçu. Dans certains cas, le programme est conçu de manière « rétroactive » en gardant des traces des activités tout le long de l'année et à la fin du processus en divisant les expériences dans en un domaine de sujets appropriés.

Ce qui est remarquable, puisque la plupart des états requièrent une certaine forme d'examen pour les « éduqués » à la maison, est qu'ils ont une moyenne beaucoup plus élevée que les élèves de l'école publique. Il y a maintenant tellement d'enfants éduqués à la maison à travers le pays qu'ils forment pratiquement ensemble une sorte de groupe. Certains des membres de ce groupe se sont lié et ont créé des centres de ressources pour les « éduqués » à la maison qui fonctionnent souvent quatre à cinq jours par semaines. Généralement, les universités ont découvert que les enfants « éduqués » à la maison font de très bons étudiants et les invitent à rejoindre leurs structures.

Alors que de plus en plus de parents deviennent conscients et font ces choix, nous espérons que le système traditionnel évoluera pour aller à la rencontre des besoins d'un nombre croissant d'élèves. En même temps, n'attendez pas que le système change, prenez la responsabilité de l'éducation de votre enfant. Découvrez quelles sont vos options et choisissez ce qu'est le meilleur pour lui.

Aucun de ces signes ne devrait être pris en eux-même pour des raisons de paniquer. Mais si vous en avez constaté plusieurs, vous devriez probablement explorer des alternatives éducatives.

Publié par Jerry Mintz, Traduit le 15 Avril 2015 par Michaël Seyne


jeudi 9 avril 2015

Libre d'apprendre BLOG17 - La valeur du jeu 2 : La façon dont le jeu encourage le raisonnement

La valeur du jeu 2 : La façon dont le jeu encourage le raisonnement
Le jeu améliore la capacité à résoudre des problèmes en élevant notre imagination


Il y a une vingtaine d'années, en Angleterre, deux chercheurs ont signalé une série d'expériences qui leur on permit de montrer qu'un enfant très jeune pouvait, dans le contexte du jeu, résoudre des problèmes logiques qu'ils semblaient n'être pas capables de résoudre dans un contexte sérieux.

Ils utilisèrent des problèmes de syllogismes, le type classique de problème logique décrit originellement par Aristote. Un syllogisme nécessite qu'une personne associe l'information de deux hypothèses pour decider si une conclusion particulière est vraie, fausse ou indéterminée (qui ne peut pas être déterminé à partir des hypothèses). Les syllogismes sont généralement simples quand les hypothèses coïncident avec une réalité concrète, mais peuvent être plus difficiles quand les hypothèses sont contrefactuelles (en contradiction avec la réalité). La croyance dominante au moment où les chercheurs britanniques ont conduit ces expériences était que l'habileté à résoudre des syllogismes contrefactuels dépendait d'un type de raisonnement dont le jeune enfant seraient complètement dépourvu.

Voici un exemple de la sorte de syllogisme contrefactuel que les chercheurs ont utilisé :
Tout les chats aboient.Biscuit est un chat.
Est-ce que
biscuit aboie ?

Des recherches précédentes, ce qui inclut les recherches du fameux psychologue du développement suisse Jean Piaget ont montré que des enfants de moins de 10 ou 11 ans échouent régulièrement à essayer de résoudre correctement de tels syllogismes (ce qui veut dire qu'ils échouent à donner les réponses que les logiciens considèrent comme étant les réponses correctes). Quand les chercheurs britanniques présentent des syllogismes à de jeunes enfants avec un ton de voix sérieux, les enfants répondent comme Piaget et d'autres ont pu s'y attendre. Il disent des choses comme, "Non, les chats font miaou, ils n'aboient pas." Ils agissent comme s'ils étaient incapables de penser à une hypothèse qui ne serait pas adéquate avec leurs expériences du monde réel. Mais, quand les chercheurs ont présenté les mêmes problèmes avec un ton de voix avec un esprit de jeu, en utilisant des mots qui rendaient clair le fait qu'ils étaient en train de parler d'un monde imaginaire, un enfant de 4 ans résolut facilement les problèmes, et même de nombreux enfants de deux ans le résolurent.[1] Ils dirent "Oui, biscuit aboie."

Pensez-y, Un enfant de quatre ans dans un jeu résout un problème logique qu'il n'est pas supposé être capable de résoudre avant d'avoir atteint l'âge de 10 ou 11 ans.


Comment un état d'esprit de jeu mène de jeunes enfants aux "bonnes" réponses des syllogismes

Piaget, ainsi que les autres philosophes et psychologues de son temps ont généralement délimité clairement une séparation entre deux façons de raisonner, le raisonnement concret et le raisonnement abstrait (que Piaget a appelé le raisonnement hypothético-déductif). Ils affirmèrent que le premier raisonnement dépendait de la relation d'une expérience précédente directe, concrète avec des conditions qui sont pensées et le deuxième raisonnement dépendrait d'une logique formelle qui aurait une fondation mathématique et qui peut être appliquée aux problèmes avec leur substance concrète et ce quelle que soit l'expérience (ou l'absence d'expérience) de la personne.

Quelques philosophes et psychologues ont affirmé, en allant plus loin, que le raisonnement concret se développe naturellement chez presque toutes les personnes tandis que le raisonnement abstrait requiert un entraînement spécial qui est d'un type propre aux écoles occidentales. Les autres, ce qui inclut Piaget, ont soutenu que le raisonnement abstrait se développe naturellement, mais que généralement il n'émerge chez les enfants qu'à partir de l'âge de 11 ans. Selon Piaget, les jeunes enfants ne peuvent pas résoudre des syllogismes contrefactuels parce qu'ils leur manquent la capacité de raisonnement abstrait. Sauf que Piaget avait tort.

Aujourd'hui, de nombreux, si ce n'est la plupart, des psychologues du développement et de la cognition, y compris moi-même, rejettent la distinction entre le raisonnement concret et abstrait. Nous affirmons que ce que nous appelons le raisonnement abstrait, prend place lors de transformations mentales qui apparaissent lorsque des problèmes abstraits deviennent des problèmes concrets, c'est-à-dire, un problème qui ressemble à un problème qu'une personne a déjà rencontré et résolu dans le monde réel. Ces transformations mentales impliquent l'imagination, dont même de très jeunes enfants sont capables. De ce point de vue, tout le raisonnement humain est concret, c'est juste que certains problèmes impliquent plus d'imagination que d'autres de manière à pouvoir leur donner une forme concrète. [2]
Le jeu humain, par sa définition, implique l'imagination (voir mon premier article sur la valeur du jeu). Le jeu nous mène naturellement à penser à des choses comme elles pourraient être plutôt que simplement comme elles sont. Dans un état d'esprit de jeu il est facile pour n'importe qui d'imaginer et de penser à un monde dans lequel des personnes peuvent voler, dans lequel les machines peuvent nous transporter dans le passé ou dans lequel tous les chats aboient. Les jeunes enfants sont des maîtres du jeu, il n'est donc pas surprenant de les voir résoudre des syllogismes contrefactuels dans le contexte du jeu.

Pourquoi un enfant de 11 ans peut-il résoudre des syllogismes contrefactuels dans un contexte sérieux tandis qu'un enfant de 4 ans a besoin d'un contexte de jeu ? Je pense que la réponse a peu à voir avec la différence d'âge pour l'habileté à raisonner et plus à voir avec les différentes compréhensions des objectifs des chercheurs qui posent des questions. Un enfant de quatre ans a du mal à comprendre les objectifs du chercheur. Ils croient que quand un adulte leur pose une question avec un ton sérieux dans la voix, ils veulent une réponse sérieuse, les réponses sérieuses sont liées à la vérité du monde réel.

Alors ils répondent en conséquence "Les chats n'aboient pas". D'un autre côté, les enfants de 11 ans, particulièrement les enfants de 11 ans qui ont été à l'école, reconnaissent la question comme n'étant pas liés à la réalité mais comme un test de logique, alors ils acceptent l'hypothèse contrefactuelle et donnent la réponse que le chercheur veut. Ils réalisent que c'est un jeu que le chercheur est en train de jouer qui est lié à un monde imaginaire et non avec le monde réel. Un enfant de quatre ans reconnaît la qualité du jeu seulement quand le chercheur le montre clairement, à travers le ton de sa voix et en utilisant des mots qui montrent qu'il s'agit d'un jeu.

Les chercheurs ont trouvé que les adultes non scolarisés dans d'autres cultures "échouent" aux syllogismes contrefactuels de la même façon qu'un jeune enfant "échoue" dans notre culture. Dans le passé, cela a été interprété comme un indice que la scolarité était nécessaire pour le développement de la pensée abstraite. Mais ma supposition est que ces adultes qui "échouent" sur de tels problèmes est qu'il s'agit de la même raison pour laquelle les enfants "échouent" dans notre culture, ils interprètent mal les intentions des questions. Je parie que si les chercheurs posaient les mêmes problèmes à des adultes qui n'ont pas été scolarisé dans un esprit de jeu, ils les résoudraient facilement.
Mon argument principal ici est que le jeu entraîne automatiquement des raisonnements hypothétiques. Il nous conduit à penser à des mondes imaginaires, où tout est possible, et de raisonner à partir de ces possibilités plutôt que de limiter nos pensées aux seules choses qui soit vraies dans l'immédiat ici et maintenant. De cette manière, le jeu soutient la sorte de pensée qui est cruciale non pas seulement pour la science théorique mais pour toutes les planifications à propos du futur, dans lesquels nous devons imaginer les événements possibles et penser à la façon dont on pourrait avoir à interagir avec ces événements.

S'il vous plaît, ne tirez pas une conclusion fausse de cette petite discussion. Je n'affirme pas qu'il s'agit d'une bonne idée, pédagogiquement, de provoquer délibérément des états d'esprit de jeu chez l'enfant comme les chercheurs l'ont fait dans leurs expériences de manière à lui permettre d'améliorer leur raisonnement. Les enfants jouent naturellement et c'est par le jeu naturel que l'enfant pratique le raisonnement. L'enfant qui est manipulé dans le jeu par des enseignants qui pensent ainsi pouvoir améliorer leur raisonnement, va apprendre à résister à ces manipulations. Sur le long terme, le jeu est seulement un jeu s'il est choisi et dirigé par soi-même.

Les enfants pratiquent le raisonnement à leur propre façon, en choisissant eux-même leurs propres jeux. Nous ne pouvons pas le faire pour eux et ne devrions-nous pas essayer. Comme je l'ai affirmé dans des acomptes précédents (voir l'article sur l'environnement naturel de l'auto-apprentissage chez l'enfant), tout ce que nous avons besoin de faire est de fournir des lieux où l'enfant peut jouer et explorer naturellement en toute sécurité parmi des groupes d'âges mixtes. Ils s'occuperont du reste.


Comment un esprit de jeu permet aux étudiants d'université de résoudre un problème de perspicacité classique

Voici un autre exemple d'expérience qui montre le pouvoir de l'attitude de l'esprit de jeu pour améliorer la résolution de problèmes. Dans ce cas, les sujets étaient des étudiants d'université et le problème était un problème de perspicacité classique, qui s'appelle le problème de la bougie. Dans cette expérience, on donne aux sujets des petites bougies, des allumettes et une boîte de punaises et on leurs demandes de fixer la bougie sur un tableau d'affichage d'une telle manière que la bougie puisse être allumée et bruler correctement.

Ils n'ont pas la permission d'utiliser d'autres objets que ceux qui leur ont été donnés. Le truc pour résoudre le problème est de réaliser que les punaises peuvent être retirées de la boîte qui les contient et que la boîte peut elle-même être utilisée comme une étagère qui porterait la bougie. Dans une situation de test typique, très peu de personnes résolvent ce problème. Ils échouent à voir que la boîte de punaises peut être utilisé pour quelque chose d'autres que comme un contenant pour les punaises.

Dans l'expérience, certains sujets furent exposés à une comédie burlesque pendant une courte période et juste avant qu'on leur présente le problème de la bougie, tandis que d'autres virent un film sérieux et d'autres encore ne virent pas de film du tout. Le résultat est que ceux qui ont regardé le film comique à grandement augmenté le pourcentage des sujets qui ont résolu le problème. [3] L'interprétation des chercheurs fut qu'une humeur heureuse élargit la pensée et mène à davantage de perspicacité. Ma propre interprétation est similaire mais insiste sur le rôle du jeu. Je pense que le film humoristique met le sujet dans un état d'esprit de jeu et que cet esprit ludique, et non simplement la bonne humeur, amène à un élargissement de la façon de penser.

Dans le jeu, nous voyons régulièrement des objets et des informations d'une nouvelle façon. Dans un état d'esprit sérieux, que l'on soit heureux ou pas, nous échouons à imaginer qu'une boîte de punaise pourrait être une étagère, mais dans un esprit de jeu une telle imagination vient facilement. Dans le jeu nous imaginons régulièrement des objets être autre chose que ce pour quoi ils ont été originellement conçu. Dans le jeu, un balai peut être un cheval, un dé à coudre peut être un évêque et une boîte de punaise peut facilement être une étagère.

Je pense que l'un des objectifs principaux du jeu dans notre espèce est de promouvoir l'utilisation de notre imagination pour résoudre des problèmes. Nous semblons être le seul animal qui pense d'une manière imaginative. L'imagination fournit les fondations de notre inventivité, notre créativité et notre habileté à planifier le futur. Je crois que notre immense capacité et désir de jouer viennent de l'évolution pour en parti soutenir nos capacités à inventer, créer et planifier. Quand nous permettons aux enfants de larges opportunités pour le jeu réel, nous leur fournissons des opportunités d'exercer et de développer ses capacités. Quand nous permettons à nous-même de prendre une attitude ludique dans notre travail ou notre vie domestique, nous nous fournissons à nous-même un contexte pour résoudre des problèmes qui seraient autrement intraitables.

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References
1. Dias, M. G., & Harris, P. L. (1988). The effect of make-believe play on deductive reasoning. 
British Journal of Developmental Psychology, 6, 207-221.
2. I elaborate on the idea that "abstract" thought is really just concrete thought coupled with imagination in my textbook, 
Psychology, 5th edition (2007), pp 348-351.
3. Isen, A. M., Daubman, K. A., & Nosicki, G. P. (1987). Positive affect facilitates creative problem solving. 
Journal of Personality and Social Psychology, 52, 1122-1131.


Publié par Peter Gray le 04 Décembre 2008, Traduit en français par Michaël Seyne le 09 Avril 2015

vendredi 24 octobre 2014

Libre d'apprendre BLOG13, Aucun enfant laissé à l'intérieur, Une pauvre solution pour un problème national

"Aucun enfant laissé à l'intérieur", Une pauvre solution pour un problème national

Le texte de loi va accentuer le problème qu'il a pour but de fixer.


Le 18 Septembre 2008, les états-unis ont passé par vote une version de la loi dite "Aucun enfant laissé derrière". Ce texte de loi a été amené par une coalition d’environnementalistes, d'éducateurs, de spécialistes de la santé et de groupes d'affaires appelé ensemble la coalition d'aucun enfant laissé à l'intérieur.


Je partage toutes les inquiétudes de la coalition, du moins celles qui sont exprimées sur son site web. Je suis un fervent écologiste, tout à fait préoccupé par la destruction de notre planète et son potentiel habitable dans le futur. Je suis soucieux à propos de la grande ignorance de la part d'un grand nombre de nos citoyens à propos des environnements extérieurs. Je suis préoccupé par le fait de voir très peu d'enfants jouer dans la nature de nos jours. Je suis préoccupé de voir que tout ce que nous appelons aujourd'hui "activités extérieures" sont en réalité des sports hautement structurés par la direction des adultes et qui n'ont pratiquement rien à voir avec les découvertes que l'ont peu faire à propos de la nature. Je suis soucieux des taux d'épidémies aujourd'hui concernant l'obésité et la dépression dans l'enfance, et je suis d'accord avec la coalition qui considère que ces taux sont au moins en partie le résultat de l'absence d'aventure extérieure dans la vie des enfants.


Puisque je suis d'accord avec la coalition concernant tout ces sujets, vous pourriez pensez que je soutiens le texte de loi d' "Aucun enfant laissé derrière" sur lequel la coalition travaille si dur pour le faire passer. Mais ce n'est pas le cas.


Les écoles enlèvent l'aspect amusant de toutes les choses qu'elles enseignent. Souhaitons-nous maintenant qu'elle retire cet aspect dans les aventures à l'extérieur ?


Ce texte de loi est pour moi un parfait exemple de la façon de penser qui est la cause des nombreux problèmes qui sont un souci pour la coalition, et non la façon de penser qui peut permettre de les résoudre. Chaque fois que nous voyons un problème national, et particulièrement si ce problème est en lien avec les enfants, un vacarme se met place pour résoudre ce problème à l'aide du système scolaire. L'attitude semble être que chaque problème peut être résolue en empilant de nouvelles collections de cours et d'examens sur le dos des élèves. Ne voyez-vous pas, vous les membres de la coalition, que le système scolaire et notre dépendance à ce que celui-ci face du baby-sitting à l'égard de nos enfants et les diriger de force à répondre à la liste toujours croissante des demandes « éducatives » est le problème ? Et ne voyez-vous pas que plus nous tentons de réguler les activités de l'école par des mandats du gouvernement, plus l'école devient contraignante et contradictoire envers l'esprit de la découverte ?


Si cette nouvelle loi est validée, alors il sera demandé à chaque état de soumettre au Département de l'éducation (US) un programme « d'alphabétisation environnementale ». Voici ce que la loi dit à propos de ce programme (cité à partir du site web de la coalition) :


" Les programmes d'état doivent inclure : des contenus standardisés pertinents, des domaines spécialisés et des cours ou l'instruction prendra place. Une prescription de programmes de formation professionnel pour permettre aux enseignants d'améliorer leur connaissance et compétences sur les questions environnementales et les compétences pédagogiques pratique sur le terrain; une prescription de la façon dont l'académie d'état de l'éducation permettra de mesurer le niveau d'alphabétisation environnementale des élèves; et une prescription de la façon dont l'académie mettra en œuvre le programme, y compris l'obtention de financement et des autres appuis nécessaires."


Le passage de cette loi serait sans aucun doute un joli coup pour l'industrie éducative (voir mon article « Les forces qui s'opposent à un changement éducatif fondamental ») Car le résultat serait la création d'une nouvelle collection de cours, d'examens, de manuels, de spécialistes de l'éducation, d'administrateurs de programmes, d'écrivains embauchés et ainsi de suite. Comment cela pourrait-il aider l'enfant ? Cela leur donnerait de nouvelles obligations scolaires et davantage d'examens à passer. Est-ce le moyen pour faire aimer l'exploration de la nature à l'enfant ? Est-ce que l'école a été très efficace pour faire aimer à l'enfant toutes les choses qu'elle enseigne comme les mathématiques, l'histoire et la physique que nous devrions maintenant lui faire confiance dans l'enseignement de nos enfants à aimer la nature ?


Regardez par exemple ce que notre système scolaire fait déjà dans le royaume de « l'éducation physique ». Parce que les gens pensent que le corps doit être entraîné comme l'esprit, la plupart des écoles requièrent de l'étudiant de prendre des cours d'éducation physique chaque année. Ce que ces cours font c'est de prendre quelque chose qui est joyeux et de le transformer en quelque chose qui pour de nombreux enfants est fastidieux, parfois odieux et souvent humiliant. Pour se plier à l'emploi du temps de l'école on force tout le monde à faire les mêmes activités au même moment et on les test et en notant les enfants sur tout ce qu'ils font pour le cours et en comparant leurs performances publiquement, le système scolaire transforme efficacement tout ce qui pourrait être du jeu en du travail.


Si vous vous sentez concerné par l'amour de l'enfant pour la nature, vous devriez écrire à vos sénateurs de ne pas voter pour la loi "Aucun enfant laissé à l'intérieur".


Comment Pouvons nous augmenter le jeu et l'aventure des enfants dans la nature ?


Pour résoudre un problème, il est souvent de grande valeur de commencer à penser à ce qui a causé le problème en premier lieu. Quand j'étais un enfant (Il y a plus longtemps que je ne pourrais le dire), la plupart des enfants passaient une quantité de temps énorme à l'extérieure. Nous sommes allé de partout de nous-même que ce soit à pied ou sur des vélos. Nous jouions à des jeux sur les terrains disponibles et cela aussi bien dans les zones rurales à l’extérieur des villes que dans des parcs. Nous avons découvert des choses comme les papillons, les grenouilles et les serpents. Nous sommes allé pêcher et nager par nous-même. Nous avons pris des patins à glace pour nous aventurer à travers des lacs gelés ou nous avons exploré les bois, tout cela par nous-même, sans aucun adultes. Qu'est-ce qui s'est passé et qu'est-ce qui a changé tout cela ?


Une des choses qui est arrivé est que l'école et les adultes hors de l'école ont mis la main sur la vie des enfants. Quand j'étais un enfant, les performances à l'école étaient beaucoup moins accentuées qu'elles ne le sont aujourd'hui. Il y avait très peu, voir pas du tout de devoir à la maison. Les jours d'école nous avions toute la journée de libre après 3 heures de l’après midi pour jouer, plus une heure pendant le repas de midi (pendant lequel nous n'étions pas confinés à l'école). L'année scolaire était plus courte qu'elle ne l'est maintenant et nous avions trois mois d'été pour jouer. La plupart des communautés n'avaient pas de fédérations sportives organisées par les adultes et s'il y en avait, elles n'étaient pas conçues pour donner le sentiment que nous devions y participer pour la simple raison de le mettre sur le curriculum vitae. Nos parents ne ressentaient pas qu'il était de leur responsabilité de nous conduire sur les lieux ou nous regarder faire tout ce que nous faisons de manière à pouvoir nous encourager ou à nous protéger des dangers. Ils nous faisaient confiance, nous donnaient notre liberté et nous pouvions nous faire plaisir et faisions la plupart du temps des choses qui étaient bonnes pour nous.


De nombreux parents affirmeront que ce n'est pas en leurs enfants en qui ils n'ont pas confiance, mais le voisinage. Je suis à un niveau considérable en accord avec cette peur. En partie parce que de moins en moins d'enfants jouent à l'extérieur, de nombreux voisinages sont en réalité moins sûrs qu'ils ont pu l'être avant. Généralement, si quelqu'un agressait quelqu'un à l'extérieur, il y avait toujours des enfants aux alentours, de tout âges pour témoigner et dissuader. C'est aussi vrai qu'aujourd'hui, avec les deux parents qui travaillent dans la plupart des familles, il y a moins d'adultes à la maison dans n'importe quel voisinage et donc moins d'adultes qui pourraient éventuellement repérer des problèmes potentiels. Aujourd'hui, les personnes (adultes aussi bien qu'enfants) connaissent généralement moins bien leurs voisins qu'ils les connaissaient dans le passé, et cela aussi rend les voisinages moins sûrs. Et bien évidemment, il y a plus de voiture dans les rues qu'il y en avait avant et les communautés ne ressentent plus qu'il est de leur devoir de construire et de maintenir des trottoirs, des parcs et des terrains de jeux.


S'il y a des causes de déclin dans les jeux et aventures extérieures, alors voici les problèmes sur lesquels nous devrions travailler. Arrêtons d'essayer de résoudre les problèmes par l'augmentation de la scolarité, ce qui rend seulement le problème pire et essayons de le résoudre à travers des étapes qui donnent à nos enfants davantage de véritable liberté, ce qui inclut la liberté de jouer à l'extérieur. Voici certaines choses que vous pourriez faire :


Renoncez à l'augmentation des heures d'écoles, de devoirs et d'examens. Informez votre école et votre communauté qu'en tant que parent, vous n'appréciez pas les heures de travail forcé ajoutées aux enfants et que vous n'appréciez pas l'augmentation de l'intrusion de l'école dans le temps de l'enfant et le temps de famille. Initiez des lois locales sur les jours d'école et les années scolaires et contre les tests obligatoires de l'état.


Travaillez en dehors du système scolaire pour développer des lieux sûrs où l'enfant peut jouer. Informez les législateurs de votre communauté qu'ils devraient peut-être dépenser moins d'argent sur les écoles et davantage sur les trottoirs, les parcs et la sécurité dans les zones où les enfants peuvent jouer. Poussez votre communauté à développer et maintenir des parcs sûrs qui fournissent des opportunités d'aventures, qui ont des forêts à explorer, des arbres à escalader, des bassins et des ruisseaux pour pécher. Développez et soutenez des projets qui permettent aux enfants de s'aventurer à l'extérieur par leurs propres moyens et leur propre temps avec ceux qu'ils souhaitent sans l'encadrement d'adultes et sans examens.


Rencontrez les autres parents dans le voisinage pour parler de la difficulté à fournir des lieux qui offrent des opportunités de jeu. Peut-être même réussirez-vous à mettre en place un tour de garde dans le voisinage, ce qui permettra d'aider à rassurer les personnes que le voisinage est sûr pour le jeu des enfants. Peut-être que vous trouverez des moyens pour faire des voyages le temps d'un week-end avec d'autres familles, dans des terrains de campements ou d'autres lieux où les enfants peuvent jouer en sécurité les uns avec les autres dans des environnements nouveaux et excitants tandis que les adultes peuvent les ignorer en socialisant entre eux de leurs propres façons.


Je sais que ces étapes peuvent ne pas être simples. Elles demandent de l'initiative. Elles vont à l'encontre de la plupart des ordres du jour des communautés qui demandent généralement plus d'écoles et plus de surveillance directe des adultes sur les enfants. Et pourtant si vous grattez la surface de la pensée des adultes dans votre communauté, vous découvrirez que beaucoup d'entre eux, dans leurs cœurs, reconnaissent que les enfants sont plus limités, emprisonnés aujourd'hui qu'ils ne l'étaient eux-même quand ils étaient enfants. Si vous leur demandez pourquoi, il y a des chances qu'ils trouvent d'eux-même des listes de causes pas vraiment différentes de celle que j'ai suggérées ici. Ce que nous avons besoin de faire maintenant est de transférer cette compréhension qui vient du cœur à la tête, d'organiser nos efforts et de réaliser des actions rationnelles pour donner à nos enfants une véritable liberté de jouer à l'extérieur.
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Publié le 8 Octobre 2008 par Peter Gray