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mardi 8 juillet 2014

Libre d'apprendre BLOG08, L'environnement naturel pour l'auto-éducation de l'enfant

L'environnement naturel pour l'auto-éducation de l'enfant
L'école Sudbury Valley fonctionne d'une façon proche de celle des groupes de chasseurs-cueilleurs.


Un thème majeur dans ce blog est que nous venons au monde avec des instincts qui sont tout à fait bien conçus pour encourager l'éducation. Nous avons des instincts pour observer, jouer et discuter avec les autres de manière à nous donner les compétences, les connaissances et les valeurs que nous avons besoin pour vivre et prospérer dans le monde physique et social dans lequel nous sommes nés. Nous faisons cela avec une grande intensité et une grande joie. Ces instincts éducatifs ont été formé par une évolution naturelle qui a duré des centaines de milliers d'années dans lesquelles nos ancêtres ont survécu comme chasseurs-cueilleurs (lien vers l'article du 2 Août). Nous pouvons donc nous attendre à ce que ces instincts soient toujours opérationnels dans des environnements sociaux de groupes de chasseurs-cueilleurs ou dans des environnements qui répliquent certains aspects des groupes de chasseurs-cueilleurs.


Durant les quarante dernières années, l'école Sudbury Valley a démontré que les instincts humains pour l'auto-éducation peuvent fournir des fondations pour notre société moderne. À cette école, les enfants et les adolescents explorent, jouent et discutent autant qu'ils leur plaisent sans aucune direction ou encouragement de la part des adultes et ensuite passent des diplômes et entrent dans le monde comme des adultes épanouis (lien vers l'article du 13 Août). J'ai passé beaucoup de temps à observer l'école Sudbury Valley pour comprendre comment les étudiants apprennent là, et j'ai aussi examiné la littérature anthropologique pour comprendre comment les enfants et les adolescents chasseurs-cueilleurs apprenaient. Cette recherche m'a convaincu que Sudbury Valley est une institution éducative qui fonctionne merveilleusement bien parce qu'elle imite reproduit les particularités qui sont les plus essentiels à une auto-éducation dans un groupe de chasseur-cueilleur.
Je présente ici une liste de ce qui me semble être les ingrédients les plus cruciaux pour un environnement naturel d'apprentissage auto-dirigé. Les anthropologues rapportent que ces ingrédients existent dans les groupes de chasseurs-cueilleurs qu'ils ont étudié[1] et j'ai remarqué que tous ces même ingrédients existent à l'école Sudbury Valley.


Du temps et de l'espace pour le jeu et l'exploration


L'auto-éducation par le jeu et l'exploration nécessite un temps énorme de temps non planifié, du temps pour faire ce que l'on veut faire quoi que ce soit, sans pression, sans jugement ou intrusion de la part d'un représentant quelconque de l'autorité. Ce temps est nécessaire pour se faire des amis, jouer avec les idées et les matériaux, découvrir des solutions, expérimenter et surmonter l'ennuie, développer des passions. Dans les groupes d'adultes chasseurs-cueilleurs ont peu de demande à l'égard des enfants et des adolescents car ils reconnaissent que les jeunes personnes ont besoin d'explorer et de jouer par eux-même pour devenir des adultes efficaces. C'est aussi vrai pour Sudbury Valley.


L'auto-éducation nécessite aussi de l'espace. De l'espace pour errer, pour aller ailleurs, pour explorer. Cet espace devrait idéalement inclure un grand échantillon d'environnements qui sont en cohérence avec ceux de la culture dans laquelle on se developpe. Les adultes chasseurs-cueilleurs ont confiance en ce que les enfants utilisent leur bon jugement pour décider à quelle distance ils s'aventureront loin des autres dans des zones qui peuvent être dangereuse. À Sudbury Valley, les enfants ont ce genre de confiance, dans les limites d'une prudence établie par notre société moderne et procédurière. Ils peuvent explorer les bois environnant, les terrains et les courant d'eau proche et en le signalant aux autres où ils vont, ils peuvent s'aventurer aussi loin du campus qu'ils le souhaitent.


La libre mixité des âges


Une quantité énorme d'apprentissage se déroule dans les interactions avec les autres. Quand nous séparons les enfants par âge dans les écoles, nous les privons de l'opportunité d'interagir avec ceux avec qui ils ont le plus à apprendre. Dans les tribus de chasseurs-cueilleurs et à Sudbury Vally, les enfants et les adolescents jouent et explorent régulièrement de leur propre initiative dans des groupes variés d'âges mélangés.


Dans les groupes d'âge différents et mélangés, les enfants les plus jeunes acquièrent des aptitudes, des informations, des idées et l'inspiration des plus âgés. Dans de tel groupes, les enfants les plus jeunes peuvent faire des choses qui serait trop dangeureuse ou trop compliqué à entreprendre seul ou avec seulement d'autres du même âge. Les autres enfants ont l'avantage aussi des intéractions entre âges mélangés. Ils apprennent à mener et à tutorer. Ils développent un sens de la responsabilité à l'égard de l'autre. Ils consolident aussi et étendent leurs propre connaissances en expliquant des choses aux enfants les plus jeunes. Le mélange des âges est tellement crucial à l'apprentissage auto-dirigé que j'ai l'intention d'y consacrer deux ou trois futurs articles spécifiques à ce sujet.


Des adultes instruits et attentionné accessibles


Dans les groupes de chasseurs-cueilleurs, le monde des adultes n'est pas séparé du monde des enfants. Les enfants voient ce que les adultes font et l'ajoutent à leurs propres jeux. Ils entendent aussi les histoires des adultes, les discussions et les débats et ils apprennent à partir de ce qu'ils entendent. Quand ils ont besoin de l'aide des adultes, ou ont des questions qui ne peuvent être répondues par d'autres enfants, ils peuvent aller vers n'importe quels adultes dans le groupe. Tous les adultes ont de l'attention pour eux. La plupart des adultes, en fait, sont leurs oncles et tantes.


À Sudbury Valley il y a aussi des adultes et des enfants se mélange librement (il y a 10 membres d'équipe à temps plein et environ 200 étudiants qui ont entre 4 et 19 ans). Il n'y a aucun endroit de l'école où les membres du personnel peuvent aller et où les enfants ne le pourraient pas. Les étudiants écoutent chacune des discussions des adultes et observent tout ce qu'ils font et peuvent les rejoindre s'ils le souhaitent. Les étudiants qui ont besoin d'aide de quelque sorte peuvent aller vers l'un des membres de l'équipe. Un enfant qui a besoin de genoux pour s'assoir, d'une épaule pour pleurer, d'un conseil personnel ou la réponse à une question technique qu'ils n'ont pas été capables de trouver par eux-même, savent très bien quel adulte satisfera son besoin. Les adultes ne sont pas à proprement parler des tantes et des oncles, mais ils sont comme une sorte d'oncle et de tante. Ils connaissent tous les étudiants sur la durée qu'ils ont passé comme étudiant à l'école (contrairement aux enseignants dans l'école conventionnelle qui connaît chaque groupe d'enfants pour la durée d'une année) et ont une fierté de les voir se développer. Puisque les membres de l'équipe doivent être réélus chaque année par le vote de tous les étudiants dans l'école, ils sont nécessairement des personnes qui aiment les enfants et sont aimées en retour par eux.


De l'équipement accessible


Pour apprendre à utiliser les outils d'une culture, les personnes ont besoin d'avoir accès à ces outils. Les enfants chasseurs-cueilleurs jouent avec des couteaux, creusent avec des bâtons, pratiquent l'arc et les flèches, installent des pièges, joue de l'instrument de musique, utilisent des canoës et tous les autres objets d'équipement qui sont cruciaux à leur culture. À l'école Sudbury Valley, les enfants ont accès à un large éventail d'équipement qui sont le plus utilisé généralement par des personnes dans notre culture, ce qui inclut les ordinateurs, les outils de travail du bois, l'équipement pour la cuisine, les matériaux artistiques, les équipements sportifs de différentes variétés et de nombreux murs remplis avec des livres.


Des idées échangés librement


Le développement intellectuel se produit de la meilleure façon quand les personnes peuvent partager leurs idées librement sans censure ou peur d'être ostracisé. Selon les rapports des anthropologues, les chasseurs-cueilleurs ne sont pas dogmatiques dans leurs croyances, ni même dans leurs croyances religieuses. Les personnes peuvent dire ce qu'il leur plaît, sans peur, et les idées qui ont une conséquence sur le groupe sont débattu sans fin. La même chose est vraie à Sudbury Valley. L'école s'est délibérément abstenu de s'aligner à une religion ou à une idéologie politique particulière. Toutes les idées sont sur la table. Dans cette sorte d'environnement, une idée est une chose à penser et à débattre, pas quelque chose à mémoriser et à répéter pour un contrôle. Daniel Greenberg, le philosophe à l'origine de l'école, a décrit l'école comme 'un marché libre d'idées'. Les enfants qui n'entendent peut-être pas beaucoup de discussions concernant la politique et la religion à la maison les entendent à l'école, et entendent tous les points de vue sur tous les sujets.


Une liberté face à la brutalité et l'agression


Pour se sentir libre d'explorer et de jouer, une personne doit se sentir en sécurité, libre du harcèlement et des agressions. Une telle liberté prend place dans une remarquable mesure à la fois dans les groupes de chasseurs-cueilleurs et à Sudbury Valley. Selon les anthropologues, les relations personnelles soudées, la mixité des âges et la non-compétitivité, l'esprit égalitaire des cultures de chasseurs-cueilleurs fonctionnent de manière effective pour prévenir la brutalité sérieuse. Si un enfant plus vieux et plus grand semble s'en prendre à un enfant plus petit ou plus jeune, les autres vont s'interposer et rapidement y mettre fin. La même chose se produit à Sudbury Valley. De plus, à Sudbury Valley, l'école a créé démocratiquement des règles et un système juridique dans lequel les enfants de tous les âges sont impliqués et qui fait forme de prévention sur l'agressivité. Les étudiants qui se sentent harcelés ou agressés peuvent amener le coupable devant un comité de justice constituée de membres de tous les âges. Ce contraste tranche radicalement avec le cas où dans de nombreuses écoles traditionnelle, l'agressivité est une norme de la vie. Les étudiants qui rapportent l'agressivité sont vus comme des balances et des cafteurs et les enseignants peuvent se sortir de l'agressivité car ils sont ceux qui font les règles et ne sont pas assujettis à celles-ci.


Une immersion dans les processus démocratiques


Les groupes de chasseurs-cueilleurs et l'école Sudbury Valley sont chacune à leur manière différente des démocraties. Les groupes de chasseurs-cueilleurs n'ont pas de chef ou de 'grand leader' qui prend les décisions pour le groupe. À la place, toutes les décisions du groupe sont prises lors de longues discussions, jusqu'à ce qu'une majorité claire de ceux qui sont concernés arrive à un accord. Tout le monde, incluant les enfants, peut prendre part à ces discussions. Sudbury Valley est administrée par un processus démocratique formel, qui implique des discussions et des votes à la réunion de l'école ,où chaques étudiants et membres de l'équipe qui font le choix de participer ont un vote égal. L'immersion dans le processus démocratique offre à chaque personne un sens de la responsabilité qui aide à motiver l'éducation. Si ma voix compte, si j'ai véritablement la parole dans ce que le groupe fait et comment il opère, alors je vais apprendre à réfléchir avec précaution et à parler avec sagesse. Je ne suis pas seulement responsable de moi-même, mais aussi de ma communauté, c'est alors une bonne raison pour moi de m'éduquer moi-même dans ces choses qui ont de l'importance pour la communauté.


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Pour résumer, mon affirmation est que l'environnement d'apprentissage naturel, qui a existé durant notre longue histoire en tant que chasseurs-cueilleurs et qui est reproduit à l'école Sudbury Valley est un environnement dans lequel :
(a) On a le temps et l'espace libre pour jouer et explorer,
(b) on peut se mélanger librement aux autres de tout âges,
(c) on a accès à tous les outils et équipement pertinent pour notre culture et avec lesquels il est possible de jouer et explorer,
(d) on est libre d'exprimer et de débattre n'importe quelle idée qu'ils souhaitent exprimer et débattre,
(e) on est libre de l'agressivité et de la brutalité (ce qui inclut d'être libéré des ordres donnés arbitrairement par les adultes),
(f) et on a une voix qui est entendue dans le processus du groupe qui prend les décisions.
Comment tout cela est-il différent de l'environnement d'une école traditionnelle ? Cela est ironique, mais dans les écoles conventionnelles nous privons l'enfant de tous les éléments qui font un environnement naturel d'apprentissage et nous essayons ensuite de leur apprendre quelque chose.


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Note
[1] Une bonne source qui rapporte des connaissances anthropologiques à l'égard de l'enfance dans les sociétés chasseurs-cueilleurs est Hunter-gatherer childhoods: Evolutionary, developmental, and cultural perspectives. de Barry S. Hewlett et Michael Lamb (Eds), Transaction Publishers, 2005.

Publié le 3 Septembre 2008 par Peter Gray

mardi 13 mai 2014

Libre d'apprendre blog 05, L'enfant s'éduque lui-même 4 ; Leçons de l'école Sudbury Valley

L'enfant s'éduque lui-même 4 ; Leçons de l'école Sudbury Valley
Depuis quarante ans, des enfants ont été éduqué par eux-même à cette école.


L'école Sudbury Valley a, pendant les quarante dernières années, été le secret le mieux gardé de l'éducation américaine. La plupart des étudiants en éducation n'en ont jamais entendu parler. Les professeurs d'éducations ignorent ce dont il s'agit, pas par intention malveillante mais simplement parce qu'ils ne peuvent pas l' intégrer à leurs schémas de pensée éducative. Le modèle d'éducation proposé par Sudbury Valley n'est pas une variation de l'éducation classique. Ce n'est pas une version innovante de la scolarisation traditionnelle. Ce n'est pas une école Montessori, une école Dewey ou une école constructiviste basée sur Piaget. Il s'agit d'une chose entièrement différente. Pour comprendre cette école, nous devons premièrement l'observer avec un état d'esprit différent de celui qui domine la pensée éducative actuelle. Nous devons commencer par cette simple pensée : Les adultes ne contrôlent pas l'éducation des enfants, les enfants s'éduquent eux-mêmes.


Mais le secret sort et se répand grâce aux étudiants et à ceux qui ont expérimenté l'école Sudbury Valley personnellement. Aujourd'hui il y a une vingtaine d'écoles à travers le monde inspiré par le modèle Sudbury Valley. Je prédis que d'ici cinquante ans, si ce n'est pas plus tôt, le modèle Sudbury Valley sera présenté dans tous les manuels officiels d'éducation et sera adopté par de nombreuses écoles du système public. Dans cinquante ans, je prédis que l'approche éducative d'aujourd'hui sera vue comme les restes barbares du passé. Les gens se demanderont alors pourquoi le monde à mis autant de temps à comprendre, adopter et soutenir une idée aussi simple et évidente sur laquelle l'école Sudbury Valley est fondée : Les enfants s'éduquent eux-même, nous n'avons pas à le faire pour eux.


Dans mon précédent acompte, j'ai résumé les preuves qui démontre que l'enfant chasseur-cueilleur apprend à travers leur propre autodétermination dans le jeu et l'exploration une quantité de connaissance extraordinaire pour devenir un adulte efficace. Dans l’acompte qui précède avant cela, j'ai montré que l'enfant dans notre culture apprenait certaines des leçons les plus difficiles qu'ils apprendront dans leurs vies bien avant qu'ils ne commencent la scolarisation, et cela, entièrement de leur propre initiative sans la direction ou l’encouragement d'un adulte. Et maintenant, basé sur les expériences de l'école Sudbury Valley, Je soutiens que l'auto-éducation fonctionne aussi bien pour l'enfant en âge pour l'école et les adolescents dans notre culture comme elle fonctionne pour les enfants de la maternelle et les chasseurs-cueilleurs.


Pendant plusieurs années, j'ai eu l'opportunité d'observer l'école Sudbury Valley, à la fois comme le père d'un élève qui y a été et comme un académicien qui a utilisé l'école comme une ressource pour étudier le jeu et l'enseignement autodirigé. Je vais vous en dire un peu plus à propos de l'école.

Premièrement, quelques faits prosaïques. L'école a été fondé il y a 40 ans et a été depuis lors continuellement en activité. Il s'agit d'une école de jour privé, à Framingham au Massachusetts, ouverte aux élèves âgés de quatre ans jusqu'à l'âge de fin de lycée. L'école n'est dans aucun sens élitiste. Elle admet des élèves sans prendre en considération les mesures des performances académiques et fonctionne avec un budget par enfant qui est la moitié moins celui qui est utilisé par les écoles publiques. L'école a actuellement 200 élèves et dix adultes membres de l'équipe. Il s'agit d'une résidence victorienne et d'une grange réaffectée qui se trouve sur un domaine de 4 hectares dans une partie de la ville qui était largement rurale lorsque l'école ouvrit. Maintenant voici les faits les plus remarquables concernant le fonctionnement de l'école :

L'école fonctionne comme une démocratie participative


L'école Sudbury Valley est premièrement et avant tout une communauté dans laquelle les enfants et les adolescents expérimentent directement les privilèges et les responsabilités d'un gouvernement démocratique. Le premier corps administratif est la réunion de l'école, qui consiste de tous les élèves et tous les membres de l'équipe. Avec l'acquis qu'une personne est égale à un vote, les réunions de l'école qui se déroule une fois par semaine permettent de créer toutes les règles de l'école, de prendre les décisions à propos des dépenses de l'école, d'établir des comités pour superviser le fonctionnement journalier de l'école, recruter et renvoyer les membres de l'équipe. Dans tous ce processus de l'école, les enfants de quatre ans ont le même droit de vote que les élèves plus vieux et les membres de l'équipe adulte.

Aucun membre d'équipe de l'école n'a de fonctions immuables. Les contrats sont tous d'un an, qui doivent être renouvelés chaque année à travers des élections à scrutin secret. Comme les élèves votants sont plus nombreux que l'équipe par un rapport de 20 pour 1, les membre de l'équipe qui survivent à ce processus et qui sont réélus année après année sont ceux qui sont admirés par les élèves. Ce sont des personnes aimables, éthiques et compétentes qui contribuent significativement et positivement à l’environnement de l'école. Ce sont des adultes que les élèves souhaitent d'une certaine façon imiter.

Les règles de l'école sont imposé par le comité de justice, qui change régulièrement de membres mais qui inclut toujours un membre de l'équipe et des élèves qui représentent l’éventail complet des âges à l'école. Quand un élève ou un membre de l'équipe est accusé par une autre personne de la violation d'une règle, l'accusateur et l'accusé doivent apparaître devant le comité de justice qui détermine l'innocence ou la culpabilité, et dans ce dernier cas, décide de la sentence appropriée. Les membres de l'équipe sont traités de la même façon que les élèves. Personne n'est au-dessus de la loi.

L'école n'interfère pas avec les activités des élèves

Les élèves sont libres, toute la journée, chaque journée, de faire ce qu'ils souhaitent à l'école, tant qu'ils ne violent pas l'une des règles de l'école. Les règles ont toutes été faites par les réunions de l'école et concernent principalement la protection des opportunités de l'école et des élèves de poursuivre leurs propres intérêts sans être entravé par les autres. Les membres de l'école ne doivent pas faire de bruit dans les lieux désigné « espace de silence », employer abusivement les équipements ou oublier de les ranger après utilisation, dégrader la propriété de l'école, utiliser des drogues illégales sur le site de l'école ou se comporter d'une quelconque façon à l'égard d'une autre personne qui donnerait le sentiment à cette personne d'être tourmenté. Les comportements de cette sorte amènent des plaintes auprès du comité de justice.

Aucune des règles de l'école ne concerne l'apprentissage. L'école ne donne pas d'examens. Elle n'évaluent pas ou ne diplôme pas les progrès de l'élève. [1] Il n'y a pas de programme à suivre et aucune tentative de motiver les élèves à apprendre. Les cours ont lieu seulement quand les élèves prennent l'initiative de les organiser et durent aussi longtemps que les élèves le souhaitent. De nombreux élèves ne rejoignent jamais un cours et l'école ne voit pas de problème avec ça. Les membres de l'équipe à l'école ne se considèrent pas eux-même comme des enseignants. Ils sont plutôt des membres adultes de la communauté qui fournissent une grande variété de services, incluant un peu d'enseignement. La plupart de leurs « enseignements » sont de la même sorte que l'on peut trouver dans n'importe quel habitat humain, ce qui implique de répondre sincèrement aux questions et de présenter des idées dans le contexte de véritables conversations.

L'école est un environnement riche pour le jeu et l'exploration, et donc pour l'apprentissage.

Apprendre à l'école Sudbury Valley est avant tout largement accidentel. Cela survient comme un effet secondaire lorsque l'élève s'autodétermine par le jeu et l'exploration. L'école est un environnement merveilleux pour jouer et explorer. Elle fournit de l'espace et du temps pour rendre possibles de telles activités. Elle fournit aussi de l'équipement, dont des ordinateurs, une cuisine complètement équipée, une menuiserie, une espace artistique, des équipements de jeux, des jouets de diverses sortes et de nombreux livres. Les élèves ont accès à un étang, un terrain et une forêt proche pour les jeux extérieurs et l'exploration. Ceux qui développent un intérêt spécial qui nécessite de nouvelles pièces d'équipement pourraient convaincre la réunion d'écoles de l'acheter, ou ils pourraient récolter de l'argent et l'acheter eux-même par des moyens variés, comme la vente de biscuit à l'école.

Les ressources les plus importantes à l'école pour la plupart des élèves, sont les autres élèves qui ont parmi eux un éventail énorme d’intérêts et de capacités. Comme l'école mélange librement les âges, les élèves sont régulièrement exposés aux activités et aux idées des autres qui sont plus vieux et plus jeunes qu'eux-mêmes. Le mélange des âges offre aux enfants plus jeunes des opportunités continues d'apprendre des plus vieux. Par exemple, de nombreux étudiants à l'école ont appris à lire comme un effet secondaire par la pratique de nombreux jeux qui impliquent des mots écrits (ce qui inclut les jeux vidéo) avec des élèves qui savent déjà comment lire. Ils apprennent à lire sans être conscient qu'ils sont en train de le faire.

La plupart des explorations des élèves à l'école, particulièrement chez les adolescents, ont lieu à travers les conversations. Les élèves parlent de tout ce qu'ils peuvent imaginer, avec les uns et les autres, avec les membres de l'équipe et à travers de tels relations sont exposé à un nombre incalculable d'idées et d'arguments. Comme personne n'incarne l'autorité officielle, tout ce qui est dis et entendu dans une conversation est compris comme quelque chose que l'on peut penser, pas comme un dogme qu'il faut mémoriser ou des conseils pour réussir à un examen. La conversation, contrairement aux méthodes de mémorisation pour les examens, stimule l’intellect. Le grand psychologue Russe Lev Vygotsky à affirmé il y a longtemps, que la conversation est la fondation pour une pensée élevé, et mes observations des élèves de Sudbury Valley mon convaincu que c'était vrai. La pensée est une conversation intériorisé, la conversation extériorisé avec d'autres personnes la met en route.

Des centaines de diplômés attestent de l’efficacité éducative de l'école

Ma première étude de l'école Sudbury Valley, il y a de nombreuses années, était un suivit des diplômés. Depuis ce temps, l'école elle-même a conduit de nombreuses études sur les diplômés, qui a été publié en livres.[2] Toutes ces études ont montré que l'école fonctionne aussi bien qu'une institution éducative.

Les diplômés de l'école Sudbury Valley peuvent être trouvés aujourd'hui dans un large éventail de carrières qui sont valorisé par notre société. Ils sont des artisans qualifiés, des entrepreneurs, des artistes, des musiciens, des scientifiques, des travailleurs sociaux, des infirmiers, des docteurs et ainsi de suite. Ceux qui choisissent de poursuivre dans l'éducation supérieure n'ont pas de difficultés particulières à rejoindre les grandes écoles et l'université, incluant les plus sélectives, pas plus qu'ils en ont à bien s'y accomplir une fois inscrit. Ils sont presque unanime en rapportant qu'ils sont ravis d'être allé à Sudbury Valley et croient que l'école les a préparé bien mieux que ne le fait une école traditionnelle aux réalités de l'existence adulte. À un degré considérable ils maintiennent pendant leur vie d'adulte, l'esprit de jeu (cela signifie qu'ils gardent cette attention intense emplie de joie) durant leur carrière et leur vie qu'ils ont développé et raffiné pendant leur temps à l'école.

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Si vous souhaitez en apprendre plus sur l'école Sudbury Valley, une bonne place pour commencer est le site de l'école [3]. Le principal philosophe de l'école et aussi l'un des fondateurs de l'école est Daniel Greenberg. Ses livres et d'autres livres à propos de l'école, peuvent être trouvés sur le site de l'école. Le livre le plus récent de Greenberg, que je recommande, est « Turning Learning Right Side Up » et coécrit avec le professeur de commerce et innovateur Russell Ackoff.

Mon intérêt personnel dans le futur n'est pas de faire de la promotion pour Sudbury Valley comme institution, mais d'aider à créer un dialogue à propos du jeu, de la curiosité, de la nature humaine et de l'éducation qui proviennent en parti de l'information que produit les expériences de l'école. Jusqu'à maintenant je n'ai faits que gratter la surface. Je suis sûr que pour la plupart des lecteurs, ce que je dis soulève plus de questions que de réponses. N'hésitez pas à les poser et d'y inclure vos doutes et objections.

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1. Il y a une exception à l'affirmation que l'école n’évalue pas les élèves. Les élèves qui souhaitent obtenir un diplôme de lycée doivent préparer une thèse écrite défendant ce qu'ils ont préparé eux-même pour mener une vie d'adulte responsable. Cette thèse est défendue oralement et évalué par un panel d'adultes qui sont des membres d'autres écoles basées sur le modèle Sudbury.
2. Mon étude sur les diplômés, coécrit avec David Chanoff, a été publié dans l'American Journal of Education, Volume 94, pp 182-213. Les études les plus récentes sur les diplômés ont été publié par la presse de l'école Sudbury Valley et peuvent être trouvées sur le site de l'école.
3. L'école sudbury valley : http://www.sudval.org/

Publié le 13 Août 2008 par Peter Gray

mardi 29 avril 2014

Libre d'apprendre blog 02, L'enfant s'éduque lui-même 1; Aperçu de quelques évidences

L'enfant s'éduque lui-même, 1 : Aperçu de quelques évidences

L'enfant est conçu par nature pour s'éduquer lui-même
Publié le 16 Juillet 2008 par Peter Gray
Source : http://www.psychologytoday.com/blog/freedom-learn/200807/children-educate-themselves-i-outline-some-the-evidence


En tant qu'adulte nous avons certaines responsabilités envers nos enfants et le monde de l'enfant. Il est de notre responsabilité de créer un environnement sécurisant où la santé et le respect est encouragés dans lequel l'enfant peut se développer. Il est de notre responsabilité que l'enfant est accès à une nourriture saine, de l'air frais, des espace de jeux non toxique et un grand nombre d'opportunités d’interaction avec d'autres personnes dans le spectre complet des âges. Il est de notre responsabilité que nous soyons des modèles d'humanité honnête. Mais il y a une chose dont nous ne devrions pas nous occuper ni nous soucier est la façon dont on éduque un enfant.

Nous n'avons pas à nous soucier du programme, de planifier les cours, de motiver l'enfant à apprendre, à le tester ou l'examiner et tout le reste qui se trouve sous la rubrique, pédagogie. Orientons plutôt cette énergie vers la création d'environnements décents dans lequel l'enfant peut jouer. L'éducation de l'enfant est de la responsabilité de l'enfant, pas la nôtre. Seulement eux peuvent la prendre en main. Ils sont conçus pour ça. Notre tâche concernant l'éducation est de prendre du recul et la laisser se dérouler. Plus nous essayons de la contrôler, plus nous interférons.

Quand je dis que l'éducation est de la responsabilité de l'enfant et qu'ils sont par nature conçus pour assumer cette responsabilité, je n'attends pas de vous que vous ayez une foi aveugle en cette affirmation. Nous vivons dans un monde où cette affirmation n'est pas une vérité évidente en soi comme elle put l'être. Nous vivons dans un monde dans lequel presque tous les enfants et adolescents sont envoyé à l'école à un âge de plus en plus jeune et en sort de plus en plus tard tandis que la notion « d'école » possède un certain sens standardisé. Nous mesurons l'éducation en termes de résultats d’examen et du succès à avancer dans le système scolaire d'un niveau à un autre. Alors naturellement nous en venons à penser automatiquement que l'éducation est quelque chose réalisé à l'école et qui concerne des spécialistes entraînés à l'art et à la science de la pédagogie, qui savent comment mettre un enfant dans la bonne direction qui transformera leur potentiel brut en un produit instruit.

C'est pourquoi, je prends sur moi la tâche de présenter les preuves pour appuyer mon affirmation. La façon plus directe d'approcher ces preuves viennent des milieux où l'on peut observer les enfants s'éduquer eux-même sans rien qui puisse faire penser à de la scolarisation. Ici sont présenté trois milieux que je développerai lors des trois prochains acomptes de ce blog hebdomadaire.

1. Une part immense de l'éducation de l'enfant se produit avant que l'école ne commence. La preuve la plus évidente de la capacité de l'enfant à s'auto-éduquer, disponible à chacun ouvrant les yeux, viens de l'observation des enfants dans leurs quatre ou cinq premières années de vie, bien avant que qui que ce soit n'essaye de manière systématique à leur enseigner quelque chose. Pensez à tout ce qu'ils apprennent dans cette période. Ils apprennent à marcher, à courir, à sauter, à escalader. Ils apprennent les propriétés physiques et comment manipuler tous les objets qui sont à leur portée. Ils apprennent leur langue maternelle, ce qui est sûrement l'une d'est tâche cognitive les plus complexes que chaque être humain apprend à maîtriser. Ils apprennent la psychologie de base des autres personnes, comment leur plaire, comment les ennuyer, comment obtenir ce qu'ils ont besoin et ce qu'ils désirent. Ils apprennent tout cela non pas par des leçons fournies par qui que ce soit, mais à travers leur propre liberté à jouer, leur curiosité insatiable et leur attention naturelle au comportement des autres personnes. Nous ne pouvons les arrêter d'apprendre tout cela et bien plus à moins de les enfermer et de les isoler dans des placards.

2. Les enfants des cultures de chasseur cueilleurs deviennent des adultes épanouis sans aucune scolarisation. Pendant la plus grande partie de l'existence de l'humanité, nous avons vécu en relativement petits groupes nomades cherchant de la nourriture. Les fondements de notre nature humaine (incluant notre sens du jeu, de la curiosité et de toute notre adaptation biologique pour l'apprentissage) ont évolué dans le contexte de cette façon de vivre. Quelques groupes de chasseurs-cueilleurs ont survécu et maintenu leur culture intacte jusqu'à aujourd'hui. Les anthropologistes qui ont étudié de tels groupes (en Afrique, en Asie, en Nouvelle-Zélande, en Amérique du sud et ailleurs) ont trouvé de remarquables cohérences entre elles dans leurs attitudes à l'égard des enfants. Dans toutes ces cultures, les enfants et adolescents ont la permission de jouer et de suivre leur propre intérêt, sans qu'aucun adulte n'interfère et cela de l'aube au coucher, chaque jour. La croyance de ces personnes, portée par des milliers d'années d'expérience, est que les jeunes personnes s'enseignent elles-même à travers le jeu et l'exploration et qu’ensuite, lorsqu'elles sont prêtes à le faire, commence naturellement à mettre en application ce qu'elles ont appris avec comme objectif de bénéficier à l'ensemble du groupe. À travers leurs propres efforts, les enfants chasseurs-cueilleurs acquièrent l'énorme collection de compétences et de connaissances dont ils ont besoin pour être des adultes épanouis dans leur culture.

3. Les enfants de certaines « écoles non-scolaire » dans notre culture deviennent des adultes épanouis sans aucune scolarisation conventionnelle. J'ai observé des enfants et adolescents de l'école Sudbury Valley à Framingham au Massachusetts pendant plusieurs années. L'école a été fondé il y a quarante ans par des personnes qui croyaient en l'éducation d'une façon remarquablement similaire à celle des chasseurs-cueilleurs. L'école est à destination des enfants âgés de quatre ans jusqu'à l'âge de la fin du lycée, et rien dans son fonctionnement ne ressemble à une école typique. Il s'agit d'une école structurée démocratiquement dans laquelle l'enfant a véritablement le même pouvoir que les adultes et dans laquelle les étudiants apprennent entièrement à travers leurs propres activités auto-dirigées. Il s'agit essentiellement d'un environnement sécurisé dans lequel les jeunes personnes peuvent jouer, explorer, assumer des responsabilités et interagir librement avec les autres à travers le panel entier des âges. Il n'y a pas d'examens, pas d'étoile en or ou d'autres récompenses de ce genre, pas de réussite ou d'échec, pas de cours requis ou obligatoire, pas de coercition ou de flatterie séduisante pour les pousser à apprendre, aucune attente que l'équipe soit responsable de l'apprentissage de l'enfant. Jusqu'à maintenant, des centaines de jeunes personnes se sont éduqués elles-même dans cet environnement. Et ils ne sont pas devenus des chasseurs-cueilleurs mais des artisans, des artistes, des chefs de cuisine, des médecins, des ingénieurs, des entrepreneurs, des avocats, des musiciens, des travailleurs sociaux et des concepteurs informatiques. Ils peuvent être trouvés dans l’éventail complet des carrières que nous valorisons dans notre culture.

Dans mes trois prochains acomptes, j'élaborerais, un par un, chacune de ces trois sources de preuves concernant la capacité des jeunes personnes à s'auto-éduquer. Maintenant, s'il vous plaît, répondez dans les commentaires plus bas pour partager vos propres arguments et expériences.

dimanche 27 avril 2014

Libre d'apprendre blog 01, Apprendre nécessite la liberté : Introduction à un nouveau blog concernant le jeu, la curiosité et l'éducation.

Apprendre nécessite la liberté : Introduction à un nouveau blog concernant le jeu, la curiosité et l'éducation.

Quand davantage de scolarité nous éloigne de la réponse.
Publié le 9 Juillet 2008 par Peter Gray

De partout de nos jours nous voyons des politiciens et des experts argumenter en faveur d'une scolarisation plus restrictive. Bien sûr ils n'utilisent pas le mot « restrictif » mais c'est bien cela qui apparaît en filigrane dans leurs propositions. Ils souhaitent des examens plus standardisés, plus de devoirs à la maison, plus de surveillance, des journées et des années d'école plus longues, des sanctions contre les enfants qui prennent une journée ou deux de congé avec leur famille. Il s'agit d'un domaine dans lequel les politiciens de tous les grands partis et à tous les niveaux du gouvernement semblent être en accord. Plus d'école et plus de rigueur à l'école sont toujours mieux que moins d'école et moins de rigueur à l'école.

L'école et l'éducation (qui dans l'usage est devenue synonyme de scolarisation) sont des termes entourés d'un halo de sainteté. Ils sont a priori bon et aucune preuve dans cette logique commune ne vient s'opposer à la valeur qu'apporte davantage de scolarisation. Si les enfants apprennent des choses, nous en remercions l'école. S'il ne semble pas apprendre quoi que ce soit, cela signifie qu'ils ont besoin de plus de scolarité. Si l'économie ne se porte pas bien, la cause en est certainement le manque d’effort que nous mettons dans la scolarité. Si l'économie va bien cela confirme et justifie une scolarisation que l'on se doit alors d'amplifier pour obtenir de meilleurs résultats.

Si la connaissance est en expansion à une allure de plus en plus rapide, alors nous pensons devoir exiger de la part des élèves qu'ils étudient davantage de sujets. Si le monde d'aujourd'hui nécessite une pensée critique, nous pensons devoir ajouter la pensée critique à la longue liste de ce que nous enseignons et validons par des examens. Si nous croyons que les êtres humains ont des « intelligences multiples », alors nous pensons devoir toutes les énumérer séparément et améliorer chaque intelligence en chaque personne. Si nous trouvons une valeur à l'égalité alors nous croyons que chacun doit étudier le même programme et avoir les mêmes examens, ainsi nous les « faisons égaux » (oubliez cette idée qu'il y a derrière la fondation de la démocratie où les personnes peuvent être différentes tout en ayant chacun la même valeur).

Mais qu'est-il arrivé à cette idée que l'enfant puisse apprendre librement par ses jeux et ses explorations ? Toutes les théories sérieuses sur l'apprentissage, à partir de celle de Piaget, posent comme base que l'apprentissage est un processus actif sous contrôle de celui qui apprend lorsqu'il est motivé par la curiosité. Les éducateurs partout admettent ces théories du bout des lèvres et continuent ensuite à créer des écoles qui empêchent l'autodétermination par le jeu et l'exploration. Chacun d'entre-nous sait parfaitement que, si nous arrêtons de penser à toutes nos idées, que nos plus grandes leçons ne sont pas celles que l'on apprend dans « un jardin d'enfants » pas plus que celles que nous avons appris pendant des cours plus tard. C'est plutôt les leçons que nous avons apprises quand nous nous sommes donné à nous-même le luxe de suivre pleinement nos propres intérêts et pulsions par le jeu. Par ce moyen nous avons acquis les aptitudes, les valeurs, les idées et les informations qui resteront avec nous toute la vie, pas seulement jusqu'au prochain examen. Et ce qui est peut-être le plus important, nous avons ainsi découvert ce qui est le plus important pour nous, ce qui nous plaît vraiment et cela est le premier pas pour trouver la carrière qui nous convient.

À chaque fois où nous ajoutons une autre heure du temps de l'enfant qu'il doit consacrer dans une école ou sur ses devoirs, à chaque fois que nous les contraignons ou les persuadons de suivre la direction choisie par l'adulte dans leurs activités parascolaires, nous les privons davantage d'opportunités pour jouer, explorer, réfléchir et expérimenter les joies et les frustrations de l'auto-direction. Avec chaque nouvelle restriction nous les poussons davantage dans le système de la scolarisation, en mettant à l'écart toujours plus de jeunes gens qui ne peuvent ou n'accepterons pas de telles restrictions. Les garçons en particulier sont de plus en plus réticents à accepter les contraintes de la scolarisation. Et c'est pourquoi les garçons bien souvent et de diverses façons, l'abandonne.

J'ai enseigné pendant une longue période dans une université sélective. Les étudiants qui viennent dans mes cours avaient une moyenne élevée au lycée. Mais ils ne viennent pas en connaissant grand-chose des sujets qu'ils ont étudié. Ils ont eu des notes élevées parce qu'ils sont brillants et ont eu la motivation suffisante d'aller de l'avant au sein des procédures standard. Ils trouvent ce qu'ils ont besoin pour réussir à atteindre les hautes notes et font ce qui est nécessaire. Ils trouvent comment passer correctement les examens sans en apprendre trop sur le sujet. Ils apprennent comment garder l'information dans la forme souhaitée par le professeur juste assez longtemps pour passer l'examen.

Je n'ai pas d'objection envers les étudiants qui entre dans mes cours sans savoir grand-chose. L'information est facile à trouver et facile à fournir. Si les étudiants découvrent qu'ils ont besoin de savoir quelque chose pour élargir leurs recherches en rapport à ce que je dis ou ce qu'ils lisent, ils peuvent demander ou chercher par eux-même. Je suis simplement désolé qu'ils aient gâché tant de temps à l'école quand il aurait été certainement préférable pour eux qu'ils jouent et découvrent ce qui les intéresse vraiment. S'il en avait été ainsi, ceux qui ont décidé de venir à mon cours auraient de bonnes raisons de le faire et les autres auraient de bonnes raisons de choisir une autre route. Les étudiants qui ont exploré et poursuivi ce qui les intéressait vraiment pendant leurs études sont rares et charmants, ils ne négligent pas leur première année d'université.

Je connais aussi des adolescents qui sont actuellement au lycée. Certains sont de « bons étudiants » et d'autres ne le sont pas. Ce que j'ai observé est que les deux groupes sont également cyniques à propos de l'école. Les « bons étudiants » n'admettent peut être pas leur cynisme ou ne l'identifie pas comme tel, mais il s'agit bien de cela. Il se manifeste de lui-même à chaque raccourcies qu'ils prennent pour obtenir une bonne note. Il se manifeste lui-même quand ils disent, alors qu'ils demandent de l'aide, « la seule chose dont j'ai réellement besoin n'est pas de comprendre, mais d'avoir la bonne réponse. »
Nous pourrions rendre meilleure la vie pour les enfants et améliorer l'apprentissage, et cela avec beaucoup moins de dépenses que les coûts actuels de l'école, si nous développons un environnement où l'enfant peut jouer en sécurité, interagit librement avec une large palette de personnes et poursuivent leurs propres intérêts. Je le sais car je l'ai vue et je vous parlerais de certains de ces sujets dans de futurs acomptes.

J'ai commencé ce nouveau blog, libre d'apprendre, parce que je suis particulièrement préoccupé de l'état de l'éducation et du déclin des opportunités pour l'enfant de jouer et explorer. Je suis un professeur de psychologie de l'évolution et du développement où mon intérêt principal se tourne vers les voies naturelles d'apprentissage chez l'enfant et l'adulte. Dans ce premier acompte j'ai posé les bases de mon point de vue. Dans des acomptes futurs, j'ai l'intention d'étayer cette opinion avec des articles qui couvriront les questions suivantes :

*Pourquoi l'être humain est l'animal le plus joueur ?
*Qu'est-ce que nous voulons dire quand nous disons qu'un esprit joueur est un esprit ouvert à l'apprentissage ?
*Est-ce que le jeu est l'opposé du travail ? (À quel moment l'est-il et quand ne l'est-il pas?)
*Quel est le but de la curiosité dans l'évolution ?
*Qu'est-ce qu'il arrive à la curiosité d'un enfant quand il grandit ?
*Qu'est-ce qu'un enfant et un adolescent veulent dire lorsqu'ils disent, « Je m'ennuie » ?
*Quelle est la valeur du mélange des âges dans l'apprentissage d'un enfant ?
*Les enfants « ont-ils besoin d'une structure » ? (Bien sûr, ils en on besoin, mais de quelle sorte de structure?)
*Dans quelles conditions les jeunes personnes s'éduqueront elles elles-même, sans la moindre coercition ou manipulation ?
*Qu'est-ce que cela signifie de dire de quelqu'un qu'il est « bien éduqué » ?
*Quel est le rôle approprié des adultes dans l'éducation de l'enfant ?
*Quels sont les risques inhérents à essayer de protéger l'enfant des risques et de l'échec ?
*Pourquoi ressentons-nous le besoin d'avoir autant de contrôle sur l'apprentissage de l'enfant ?
*Pourquoi les écoles fonctionnent-elles de la façon que l'on connaît ? (Une part de la réponse se trouve dans l'histoire.)
*Pourquoi les réformes de libéralisation dans la scolarisation échouent la plupart du temps ?
*Quelle sorte de discipline est nécessaire pour le travail et la carrière et comment acquérir une telle discipline ?
*Quel est le sens de la liberté et pourquoi la recherchons-nous ?

Restez connecté et rejoignez la discussion. Je posterai de nouveaux acomptes chaque mercredi et essayerais de répondre aux questions, commentaire et arguments apportés. J'espère vous convaincre que le sujet que j'apporte n'est pas simplement l'idéalisme d'un rêveur naïf. Nous parlerons de véritables personnes et écoles ainsi que des découvertes de la recherche empirique.