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vendredi 24 octobre 2014

Libre d'apprendre BLOG13, Aucun enfant laissé à l'intérieur, Une pauvre solution pour un problème national

"Aucun enfant laissé à l'intérieur", Une pauvre solution pour un problème national

Le texte de loi va accentuer le problème qu'il a pour but de fixer.


Le 18 Septembre 2008, les états-unis ont passé par vote une version de la loi dite "Aucun enfant laissé derrière". Ce texte de loi a été amené par une coalition d’environnementalistes, d'éducateurs, de spécialistes de la santé et de groupes d'affaires appelé ensemble la coalition d'aucun enfant laissé à l'intérieur.


Je partage toutes les inquiétudes de la coalition, du moins celles qui sont exprimées sur son site web. Je suis un fervent écologiste, tout à fait préoccupé par la destruction de notre planète et son potentiel habitable dans le futur. Je suis soucieux à propos de la grande ignorance de la part d'un grand nombre de nos citoyens à propos des environnements extérieurs. Je suis préoccupé par le fait de voir très peu d'enfants jouer dans la nature de nos jours. Je suis préoccupé de voir que tout ce que nous appelons aujourd'hui "activités extérieures" sont en réalité des sports hautement structurés par la direction des adultes et qui n'ont pratiquement rien à voir avec les découvertes que l'ont peu faire à propos de la nature. Je suis soucieux des taux d'épidémies aujourd'hui concernant l'obésité et la dépression dans l'enfance, et je suis d'accord avec la coalition qui considère que ces taux sont au moins en partie le résultat de l'absence d'aventure extérieure dans la vie des enfants.


Puisque je suis d'accord avec la coalition concernant tout ces sujets, vous pourriez pensez que je soutiens le texte de loi d' "Aucun enfant laissé derrière" sur lequel la coalition travaille si dur pour le faire passer. Mais ce n'est pas le cas.


Les écoles enlèvent l'aspect amusant de toutes les choses qu'elles enseignent. Souhaitons-nous maintenant qu'elle retire cet aspect dans les aventures à l'extérieur ?


Ce texte de loi est pour moi un parfait exemple de la façon de penser qui est la cause des nombreux problèmes qui sont un souci pour la coalition, et non la façon de penser qui peut permettre de les résoudre. Chaque fois que nous voyons un problème national, et particulièrement si ce problème est en lien avec les enfants, un vacarme se met place pour résoudre ce problème à l'aide du système scolaire. L'attitude semble être que chaque problème peut être résolue en empilant de nouvelles collections de cours et d'examens sur le dos des élèves. Ne voyez-vous pas, vous les membres de la coalition, que le système scolaire et notre dépendance à ce que celui-ci face du baby-sitting à l'égard de nos enfants et les diriger de force à répondre à la liste toujours croissante des demandes « éducatives » est le problème ? Et ne voyez-vous pas que plus nous tentons de réguler les activités de l'école par des mandats du gouvernement, plus l'école devient contraignante et contradictoire envers l'esprit de la découverte ?


Si cette nouvelle loi est validée, alors il sera demandé à chaque état de soumettre au Département de l'éducation (US) un programme « d'alphabétisation environnementale ». Voici ce que la loi dit à propos de ce programme (cité à partir du site web de la coalition) :


" Les programmes d'état doivent inclure : des contenus standardisés pertinents, des domaines spécialisés et des cours ou l'instruction prendra place. Une prescription de programmes de formation professionnel pour permettre aux enseignants d'améliorer leur connaissance et compétences sur les questions environnementales et les compétences pédagogiques pratique sur le terrain; une prescription de la façon dont l'académie d'état de l'éducation permettra de mesurer le niveau d'alphabétisation environnementale des élèves; et une prescription de la façon dont l'académie mettra en œuvre le programme, y compris l'obtention de financement et des autres appuis nécessaires."


Le passage de cette loi serait sans aucun doute un joli coup pour l'industrie éducative (voir mon article « Les forces qui s'opposent à un changement éducatif fondamental ») Car le résultat serait la création d'une nouvelle collection de cours, d'examens, de manuels, de spécialistes de l'éducation, d'administrateurs de programmes, d'écrivains embauchés et ainsi de suite. Comment cela pourrait-il aider l'enfant ? Cela leur donnerait de nouvelles obligations scolaires et davantage d'examens à passer. Est-ce le moyen pour faire aimer l'exploration de la nature à l'enfant ? Est-ce que l'école a été très efficace pour faire aimer à l'enfant toutes les choses qu'elle enseigne comme les mathématiques, l'histoire et la physique que nous devrions maintenant lui faire confiance dans l'enseignement de nos enfants à aimer la nature ?


Regardez par exemple ce que notre système scolaire fait déjà dans le royaume de « l'éducation physique ». Parce que les gens pensent que le corps doit être entraîné comme l'esprit, la plupart des écoles requièrent de l'étudiant de prendre des cours d'éducation physique chaque année. Ce que ces cours font c'est de prendre quelque chose qui est joyeux et de le transformer en quelque chose qui pour de nombreux enfants est fastidieux, parfois odieux et souvent humiliant. Pour se plier à l'emploi du temps de l'école on force tout le monde à faire les mêmes activités au même moment et on les test et en notant les enfants sur tout ce qu'ils font pour le cours et en comparant leurs performances publiquement, le système scolaire transforme efficacement tout ce qui pourrait être du jeu en du travail.


Si vous vous sentez concerné par l'amour de l'enfant pour la nature, vous devriez écrire à vos sénateurs de ne pas voter pour la loi "Aucun enfant laissé à l'intérieur".


Comment Pouvons nous augmenter le jeu et l'aventure des enfants dans la nature ?


Pour résoudre un problème, il est souvent de grande valeur de commencer à penser à ce qui a causé le problème en premier lieu. Quand j'étais un enfant (Il y a plus longtemps que je ne pourrais le dire), la plupart des enfants passaient une quantité de temps énorme à l'extérieure. Nous sommes allé de partout de nous-même que ce soit à pied ou sur des vélos. Nous jouions à des jeux sur les terrains disponibles et cela aussi bien dans les zones rurales à l’extérieur des villes que dans des parcs. Nous avons découvert des choses comme les papillons, les grenouilles et les serpents. Nous sommes allé pêcher et nager par nous-même. Nous avons pris des patins à glace pour nous aventurer à travers des lacs gelés ou nous avons exploré les bois, tout cela par nous-même, sans aucun adultes. Qu'est-ce qui s'est passé et qu'est-ce qui a changé tout cela ?


Une des choses qui est arrivé est que l'école et les adultes hors de l'école ont mis la main sur la vie des enfants. Quand j'étais un enfant, les performances à l'école étaient beaucoup moins accentuées qu'elles ne le sont aujourd'hui. Il y avait très peu, voir pas du tout de devoir à la maison. Les jours d'école nous avions toute la journée de libre après 3 heures de l’après midi pour jouer, plus une heure pendant le repas de midi (pendant lequel nous n'étions pas confinés à l'école). L'année scolaire était plus courte qu'elle ne l'est maintenant et nous avions trois mois d'été pour jouer. La plupart des communautés n'avaient pas de fédérations sportives organisées par les adultes et s'il y en avait, elles n'étaient pas conçues pour donner le sentiment que nous devions y participer pour la simple raison de le mettre sur le curriculum vitae. Nos parents ne ressentaient pas qu'il était de leur responsabilité de nous conduire sur les lieux ou nous regarder faire tout ce que nous faisons de manière à pouvoir nous encourager ou à nous protéger des dangers. Ils nous faisaient confiance, nous donnaient notre liberté et nous pouvions nous faire plaisir et faisions la plupart du temps des choses qui étaient bonnes pour nous.


De nombreux parents affirmeront que ce n'est pas en leurs enfants en qui ils n'ont pas confiance, mais le voisinage. Je suis à un niveau considérable en accord avec cette peur. En partie parce que de moins en moins d'enfants jouent à l'extérieur, de nombreux voisinages sont en réalité moins sûrs qu'ils ont pu l'être avant. Généralement, si quelqu'un agressait quelqu'un à l'extérieur, il y avait toujours des enfants aux alentours, de tout âges pour témoigner et dissuader. C'est aussi vrai qu'aujourd'hui, avec les deux parents qui travaillent dans la plupart des familles, il y a moins d'adultes à la maison dans n'importe quel voisinage et donc moins d'adultes qui pourraient éventuellement repérer des problèmes potentiels. Aujourd'hui, les personnes (adultes aussi bien qu'enfants) connaissent généralement moins bien leurs voisins qu'ils les connaissaient dans le passé, et cela aussi rend les voisinages moins sûrs. Et bien évidemment, il y a plus de voiture dans les rues qu'il y en avait avant et les communautés ne ressentent plus qu'il est de leur devoir de construire et de maintenir des trottoirs, des parcs et des terrains de jeux.


S'il y a des causes de déclin dans les jeux et aventures extérieures, alors voici les problèmes sur lesquels nous devrions travailler. Arrêtons d'essayer de résoudre les problèmes par l'augmentation de la scolarité, ce qui rend seulement le problème pire et essayons de le résoudre à travers des étapes qui donnent à nos enfants davantage de véritable liberté, ce qui inclut la liberté de jouer à l'extérieur. Voici certaines choses que vous pourriez faire :


Renoncez à l'augmentation des heures d'écoles, de devoirs et d'examens. Informez votre école et votre communauté qu'en tant que parent, vous n'appréciez pas les heures de travail forcé ajoutées aux enfants et que vous n'appréciez pas l'augmentation de l'intrusion de l'école dans le temps de l'enfant et le temps de famille. Initiez des lois locales sur les jours d'école et les années scolaires et contre les tests obligatoires de l'état.


Travaillez en dehors du système scolaire pour développer des lieux sûrs où l'enfant peut jouer. Informez les législateurs de votre communauté qu'ils devraient peut-être dépenser moins d'argent sur les écoles et davantage sur les trottoirs, les parcs et la sécurité dans les zones où les enfants peuvent jouer. Poussez votre communauté à développer et maintenir des parcs sûrs qui fournissent des opportunités d'aventures, qui ont des forêts à explorer, des arbres à escalader, des bassins et des ruisseaux pour pécher. Développez et soutenez des projets qui permettent aux enfants de s'aventurer à l'extérieur par leurs propres moyens et leur propre temps avec ceux qu'ils souhaitent sans l'encadrement d'adultes et sans examens.


Rencontrez les autres parents dans le voisinage pour parler de la difficulté à fournir des lieux qui offrent des opportunités de jeu. Peut-être même réussirez-vous à mettre en place un tour de garde dans le voisinage, ce qui permettra d'aider à rassurer les personnes que le voisinage est sûr pour le jeu des enfants. Peut-être que vous trouverez des moyens pour faire des voyages le temps d'un week-end avec d'autres familles, dans des terrains de campements ou d'autres lieux où les enfants peuvent jouer en sécurité les uns avec les autres dans des environnements nouveaux et excitants tandis que les adultes peuvent les ignorer en socialisant entre eux de leurs propres façons.


Je sais que ces étapes peuvent ne pas être simples. Elles demandent de l'initiative. Elles vont à l'encontre de la plupart des ordres du jour des communautés qui demandent généralement plus d'écoles et plus de surveillance directe des adultes sur les enfants. Et pourtant si vous grattez la surface de la pensée des adultes dans votre communauté, vous découvrirez que beaucoup d'entre eux, dans leurs cœurs, reconnaissent que les enfants sont plus limités, emprisonnés aujourd'hui qu'ils ne l'étaient eux-même quand ils étaient enfants. Si vous leur demandez pourquoi, il y a des chances qu'ils trouvent d'eux-même des listes de causes pas vraiment différentes de celle que j'ai suggérées ici. Ce que nous avons besoin de faire maintenant est de transférer cette compréhension qui vient du cœur à la tête, d'organiser nos efforts et de réaliser des actions rationnelles pour donner à nos enfants une véritable liberté de jouer à l'extérieur.
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Publié le 8 Octobre 2008 par Peter Gray

mardi 8 juillet 2014

Libre d'apprendre BLOG08, L'environnement naturel pour l'auto-éducation de l'enfant

L'environnement naturel pour l'auto-éducation de l'enfant
L'école Sudbury Valley fonctionne d'une façon proche de celle des groupes de chasseurs-cueilleurs.


Un thème majeur dans ce blog est que nous venons au monde avec des instincts qui sont tout à fait bien conçus pour encourager l'éducation. Nous avons des instincts pour observer, jouer et discuter avec les autres de manière à nous donner les compétences, les connaissances et les valeurs que nous avons besoin pour vivre et prospérer dans le monde physique et social dans lequel nous sommes nés. Nous faisons cela avec une grande intensité et une grande joie. Ces instincts éducatifs ont été formé par une évolution naturelle qui a duré des centaines de milliers d'années dans lesquelles nos ancêtres ont survécu comme chasseurs-cueilleurs (lien vers l'article du 2 Août). Nous pouvons donc nous attendre à ce que ces instincts soient toujours opérationnels dans des environnements sociaux de groupes de chasseurs-cueilleurs ou dans des environnements qui répliquent certains aspects des groupes de chasseurs-cueilleurs.


Durant les quarante dernières années, l'école Sudbury Valley a démontré que les instincts humains pour l'auto-éducation peuvent fournir des fondations pour notre société moderne. À cette école, les enfants et les adolescents explorent, jouent et discutent autant qu'ils leur plaisent sans aucune direction ou encouragement de la part des adultes et ensuite passent des diplômes et entrent dans le monde comme des adultes épanouis (lien vers l'article du 13 Août). J'ai passé beaucoup de temps à observer l'école Sudbury Valley pour comprendre comment les étudiants apprennent là, et j'ai aussi examiné la littérature anthropologique pour comprendre comment les enfants et les adolescents chasseurs-cueilleurs apprenaient. Cette recherche m'a convaincu que Sudbury Valley est une institution éducative qui fonctionne merveilleusement bien parce qu'elle imite reproduit les particularités qui sont les plus essentiels à une auto-éducation dans un groupe de chasseur-cueilleur.
Je présente ici une liste de ce qui me semble être les ingrédients les plus cruciaux pour un environnement naturel d'apprentissage auto-dirigé. Les anthropologues rapportent que ces ingrédients existent dans les groupes de chasseurs-cueilleurs qu'ils ont étudié[1] et j'ai remarqué que tous ces même ingrédients existent à l'école Sudbury Valley.


Du temps et de l'espace pour le jeu et l'exploration


L'auto-éducation par le jeu et l'exploration nécessite un temps énorme de temps non planifié, du temps pour faire ce que l'on veut faire quoi que ce soit, sans pression, sans jugement ou intrusion de la part d'un représentant quelconque de l'autorité. Ce temps est nécessaire pour se faire des amis, jouer avec les idées et les matériaux, découvrir des solutions, expérimenter et surmonter l'ennuie, développer des passions. Dans les groupes d'adultes chasseurs-cueilleurs ont peu de demande à l'égard des enfants et des adolescents car ils reconnaissent que les jeunes personnes ont besoin d'explorer et de jouer par eux-même pour devenir des adultes efficaces. C'est aussi vrai pour Sudbury Valley.


L'auto-éducation nécessite aussi de l'espace. De l'espace pour errer, pour aller ailleurs, pour explorer. Cet espace devrait idéalement inclure un grand échantillon d'environnements qui sont en cohérence avec ceux de la culture dans laquelle on se developpe. Les adultes chasseurs-cueilleurs ont confiance en ce que les enfants utilisent leur bon jugement pour décider à quelle distance ils s'aventureront loin des autres dans des zones qui peuvent être dangereuse. À Sudbury Valley, les enfants ont ce genre de confiance, dans les limites d'une prudence établie par notre société moderne et procédurière. Ils peuvent explorer les bois environnant, les terrains et les courant d'eau proche et en le signalant aux autres où ils vont, ils peuvent s'aventurer aussi loin du campus qu'ils le souhaitent.


La libre mixité des âges


Une quantité énorme d'apprentissage se déroule dans les interactions avec les autres. Quand nous séparons les enfants par âge dans les écoles, nous les privons de l'opportunité d'interagir avec ceux avec qui ils ont le plus à apprendre. Dans les tribus de chasseurs-cueilleurs et à Sudbury Vally, les enfants et les adolescents jouent et explorent régulièrement de leur propre initiative dans des groupes variés d'âges mélangés.


Dans les groupes d'âge différents et mélangés, les enfants les plus jeunes acquièrent des aptitudes, des informations, des idées et l'inspiration des plus âgés. Dans de tel groupes, les enfants les plus jeunes peuvent faire des choses qui serait trop dangeureuse ou trop compliqué à entreprendre seul ou avec seulement d'autres du même âge. Les autres enfants ont l'avantage aussi des intéractions entre âges mélangés. Ils apprennent à mener et à tutorer. Ils développent un sens de la responsabilité à l'égard de l'autre. Ils consolident aussi et étendent leurs propre connaissances en expliquant des choses aux enfants les plus jeunes. Le mélange des âges est tellement crucial à l'apprentissage auto-dirigé que j'ai l'intention d'y consacrer deux ou trois futurs articles spécifiques à ce sujet.


Des adultes instruits et attentionné accessibles


Dans les groupes de chasseurs-cueilleurs, le monde des adultes n'est pas séparé du monde des enfants. Les enfants voient ce que les adultes font et l'ajoutent à leurs propres jeux. Ils entendent aussi les histoires des adultes, les discussions et les débats et ils apprennent à partir de ce qu'ils entendent. Quand ils ont besoin de l'aide des adultes, ou ont des questions qui ne peuvent être répondues par d'autres enfants, ils peuvent aller vers n'importe quels adultes dans le groupe. Tous les adultes ont de l'attention pour eux. La plupart des adultes, en fait, sont leurs oncles et tantes.


À Sudbury Valley il y a aussi des adultes et des enfants se mélange librement (il y a 10 membres d'équipe à temps plein et environ 200 étudiants qui ont entre 4 et 19 ans). Il n'y a aucun endroit de l'école où les membres du personnel peuvent aller et où les enfants ne le pourraient pas. Les étudiants écoutent chacune des discussions des adultes et observent tout ce qu'ils font et peuvent les rejoindre s'ils le souhaitent. Les étudiants qui ont besoin d'aide de quelque sorte peuvent aller vers l'un des membres de l'équipe. Un enfant qui a besoin de genoux pour s'assoir, d'une épaule pour pleurer, d'un conseil personnel ou la réponse à une question technique qu'ils n'ont pas été capables de trouver par eux-même, savent très bien quel adulte satisfera son besoin. Les adultes ne sont pas à proprement parler des tantes et des oncles, mais ils sont comme une sorte d'oncle et de tante. Ils connaissent tous les étudiants sur la durée qu'ils ont passé comme étudiant à l'école (contrairement aux enseignants dans l'école conventionnelle qui connaît chaque groupe d'enfants pour la durée d'une année) et ont une fierté de les voir se développer. Puisque les membres de l'équipe doivent être réélus chaque année par le vote de tous les étudiants dans l'école, ils sont nécessairement des personnes qui aiment les enfants et sont aimées en retour par eux.


De l'équipement accessible


Pour apprendre à utiliser les outils d'une culture, les personnes ont besoin d'avoir accès à ces outils. Les enfants chasseurs-cueilleurs jouent avec des couteaux, creusent avec des bâtons, pratiquent l'arc et les flèches, installent des pièges, joue de l'instrument de musique, utilisent des canoës et tous les autres objets d'équipement qui sont cruciaux à leur culture. À l'école Sudbury Valley, les enfants ont accès à un large éventail d'équipement qui sont le plus utilisé généralement par des personnes dans notre culture, ce qui inclut les ordinateurs, les outils de travail du bois, l'équipement pour la cuisine, les matériaux artistiques, les équipements sportifs de différentes variétés et de nombreux murs remplis avec des livres.


Des idées échangés librement


Le développement intellectuel se produit de la meilleure façon quand les personnes peuvent partager leurs idées librement sans censure ou peur d'être ostracisé. Selon les rapports des anthropologues, les chasseurs-cueilleurs ne sont pas dogmatiques dans leurs croyances, ni même dans leurs croyances religieuses. Les personnes peuvent dire ce qu'il leur plaît, sans peur, et les idées qui ont une conséquence sur le groupe sont débattu sans fin. La même chose est vraie à Sudbury Valley. L'école s'est délibérément abstenu de s'aligner à une religion ou à une idéologie politique particulière. Toutes les idées sont sur la table. Dans cette sorte d'environnement, une idée est une chose à penser et à débattre, pas quelque chose à mémoriser et à répéter pour un contrôle. Daniel Greenberg, le philosophe à l'origine de l'école, a décrit l'école comme 'un marché libre d'idées'. Les enfants qui n'entendent peut-être pas beaucoup de discussions concernant la politique et la religion à la maison les entendent à l'école, et entendent tous les points de vue sur tous les sujets.


Une liberté face à la brutalité et l'agression


Pour se sentir libre d'explorer et de jouer, une personne doit se sentir en sécurité, libre du harcèlement et des agressions. Une telle liberté prend place dans une remarquable mesure à la fois dans les groupes de chasseurs-cueilleurs et à Sudbury Valley. Selon les anthropologues, les relations personnelles soudées, la mixité des âges et la non-compétitivité, l'esprit égalitaire des cultures de chasseurs-cueilleurs fonctionnent de manière effective pour prévenir la brutalité sérieuse. Si un enfant plus vieux et plus grand semble s'en prendre à un enfant plus petit ou plus jeune, les autres vont s'interposer et rapidement y mettre fin. La même chose se produit à Sudbury Valley. De plus, à Sudbury Valley, l'école a créé démocratiquement des règles et un système juridique dans lequel les enfants de tous les âges sont impliqués et qui fait forme de prévention sur l'agressivité. Les étudiants qui se sentent harcelés ou agressés peuvent amener le coupable devant un comité de justice constituée de membres de tous les âges. Ce contraste tranche radicalement avec le cas où dans de nombreuses écoles traditionnelle, l'agressivité est une norme de la vie. Les étudiants qui rapportent l'agressivité sont vus comme des balances et des cafteurs et les enseignants peuvent se sortir de l'agressivité car ils sont ceux qui font les règles et ne sont pas assujettis à celles-ci.


Une immersion dans les processus démocratiques


Les groupes de chasseurs-cueilleurs et l'école Sudbury Valley sont chacune à leur manière différente des démocraties. Les groupes de chasseurs-cueilleurs n'ont pas de chef ou de 'grand leader' qui prend les décisions pour le groupe. À la place, toutes les décisions du groupe sont prises lors de longues discussions, jusqu'à ce qu'une majorité claire de ceux qui sont concernés arrive à un accord. Tout le monde, incluant les enfants, peut prendre part à ces discussions. Sudbury Valley est administrée par un processus démocratique formel, qui implique des discussions et des votes à la réunion de l'école ,où chaques étudiants et membres de l'équipe qui font le choix de participer ont un vote égal. L'immersion dans le processus démocratique offre à chaque personne un sens de la responsabilité qui aide à motiver l'éducation. Si ma voix compte, si j'ai véritablement la parole dans ce que le groupe fait et comment il opère, alors je vais apprendre à réfléchir avec précaution et à parler avec sagesse. Je ne suis pas seulement responsable de moi-même, mais aussi de ma communauté, c'est alors une bonne raison pour moi de m'éduquer moi-même dans ces choses qui ont de l'importance pour la communauté.


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Pour résumer, mon affirmation est que l'environnement d'apprentissage naturel, qui a existé durant notre longue histoire en tant que chasseurs-cueilleurs et qui est reproduit à l'école Sudbury Valley est un environnement dans lequel :
(a) On a le temps et l'espace libre pour jouer et explorer,
(b) on peut se mélanger librement aux autres de tout âges,
(c) on a accès à tous les outils et équipement pertinent pour notre culture et avec lesquels il est possible de jouer et explorer,
(d) on est libre d'exprimer et de débattre n'importe quelle idée qu'ils souhaitent exprimer et débattre,
(e) on est libre de l'agressivité et de la brutalité (ce qui inclut d'être libéré des ordres donnés arbitrairement par les adultes),
(f) et on a une voix qui est entendue dans le processus du groupe qui prend les décisions.
Comment tout cela est-il différent de l'environnement d'une école traditionnelle ? Cela est ironique, mais dans les écoles conventionnelles nous privons l'enfant de tous les éléments qui font un environnement naturel d'apprentissage et nous essayons ensuite de leur apprendre quelque chose.


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Note
[1] Une bonne source qui rapporte des connaissances anthropologiques à l'égard de l'enfance dans les sociétés chasseurs-cueilleurs est Hunter-gatherer childhoods: Evolutionary, developmental, and cultural perspectives. de Barry S. Hewlett et Michael Lamb (Eds), Transaction Publishers, 2005.

Publié le 3 Septembre 2008 par Peter Gray