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lundi 18 août 2014

Libre d'apprendre BLOG09 : Pourquoi devrions nous arrêter d'isoler les enfants par groupe d'âge. Partie 1

Pourquoi devrions nous arrêter d'isoler les enfants par groupe d'âge. 
Partie 1 : la valeur du jeu dans la zone proximale de développement
La séparation par groupe d'âge interfère avec le moyen naturel d'apprentissage chez l'enfant.

Un des aspects les plus étranges, selon moi, qui est le plus nuisible dans la façon dont l'on traite les enfants aujourd'hui est ce penchant à les isoler en les séparant par groupe d'âge. Nous faisons cela, non seulement dans les écoles, mais aussi de plus en plus dans les environnements extérieurs à l'école. En faisant cela, nous privons les enfants d'un constituant de grande valeur à leur auto-éducation naturelle.

La méthode scolaire d'isolement par âge est devenue dominante à peu prêt au même moment de l'histoire quand la mode des chaînes d'assemblage en usine devint dominante. L'analogie implicite est plutôt évidente. Le système scolaire à classement traite l'enfant comme s'ils étaient des objets sur une chaîne d'assemblage, qui se déplace en s’arrêtant d'un arrêt à un autre (d'un niveau à un autre) le long d'un tapis roulant, à une vitesse constante. À chacun des arrêts, un ouvrier d'usine (un enseignant) ajoute de nouveaux composants (unité de connaissance) au produit. À la fin de la chaîne, l'usine recrache un être humain neuf et adulte, tout construit selon les spécifications de l'industriel (les éducateurs professionnels).

Bien sur, toute personne qui a déjà eu un enfant ou qui les connaît, ce qui inclut tous ceux qui travaillent dans nos écoles de séparation par âge et niveaux savent que ce point de vue d'une chaîne d'assemblage dans le développement de l'enfant est complètement fausse. Les enfants ne sont pas des produits passifs auxquels nous pouvons ajouter des composants. Les enfants ne sont pas des adultes inachevés qui ont besoin d'être construit petit à petit en suivant un ordre d'étapes logique. Les enfants sont des êtres humains complets de leur propre droit, qui demandent constamment à contrôler leur propre vie et qui, en dépit de ce que nous les faisons traverser, insistent à apprendre ce qu'ils veulent apprendre et pratique les compétences qu'ils veulent pratiquer. Nous ne pouvons pas les arrêter. Il serait bien préférable que nous soyons capables d'aller dans leur sens plutôt que de nous y opposer.


Dans les acomptes précédents j'ai décrit l'environnement dans lequel les enfants s'éduquent par eux-même, sans la direction ou l'encouragement des adultes. En particulier, j'ai discuté de l'auto-éducation qui avait lieu dans les groupes de chasseurs-cueilleurs (lien) et comme elle se déroule dans les écoles d'aujourd'hui conçu spécialement pour l'auto-éducation, comme l'école de Sudbury Valley (liens). Une fonction connue de ce genre d'environnement est de permettre à l'enfant d’interagir avec les autres dans un large éventail d'âges. Les anthropologistes ont affirmé que le mélange libre des âges est la clé à l'auto-éducation des enfants chasseurs-cueilleurs et Daniel Greenberg a longtemps affirmé que le mélange libre des âges est la clé de l'auto-éducation à l'école Sudbury Valley qu'il a aidé à fonder [1].

Il y a quelques années, Jay Feldman (qui était alors un étudiant diplômé travaillant avec moi) et moi-même avons conduit quelques études sur les interactions qui prennent place dans le mélange des âges à l'école Sudbury Valley dans le but de (a) déterminer à quel point ce mélange se mettait en place à l'école, (b) identifier le contexte dans lequel le mélange des âges se met en place et (c) identifier les moyens par lesquels le mélange des âges contribue à l'auto-éducation.

Quand on leur en donne la possibilité, les enfants passent un temps considérable à interagir avec les autres qui sont plus vieux et plus jeunes qu'eux-même.

Sudbury Valley a, à tout moment, approximativement entre 170 et 200 élèves, qui sont âgés sur une échelle de 4 à 18 ans et parfois plus vieux. Les élèves peuvent se déplacer librement à tout moment sur le site et à l'intérieur des bâtiments de l'école et peuvent interagir avec quiconque leur plaît. L'école est suffisamment grande pour permettre, si les élèves le choisissent, d'interagir avec seulement ceux qui ont une ou deux années de plus qu'eux. Mais ils ne le font pas. Dans notre étude quantitative nous avons découvert que plus de la moitié (50%) des interactions sociales des élèves à l'école étaient avec d'autres élèves qui étaient vieux de plus de deux ans et plus jeunes qu'eux, et 25 % de leurs interactions était avec d'autres élèves qui étaient vieux de plus de quatre ans ou plus jeunes qu'eux [2]. Le mélange des âges est particulièrement fréquent pendant le jeu. Le jeu actif de toute sorte entrainait plus souvent le mélange des âges que le font les conversations qui n'impliquent pas le jeu.

Durant les prochains acomptes de ce blog, je discuterais des avantages variés d'un environnement d'auto-éducation qui mélange les âges, en utilisant des exemples de nos observations à l'école Sudbury Valley [3]. Un avantage clair et qui est le sujet de ce présent acompte est celui-ci :

Le mélange des âges permet aux enfants plus jeunes se lancer et d'apprendre des activités qu'ils ne pourraient pas faire seul ou avec seulement ceux du même âge.

Dans les années 1930, le psychologue du développement Russe Lev Vygotsky développa un concept qu'il appela la zone proximale de développement, qui peut se définir comme le royaume d'activités que l'enfant peut accomplir en collaboration avec des personnes ayant davantage de compétences mais qu'il ne peut accomplir seul ou avec ceux qui sont au même niveau que lui-même [4]. Vygotsky déclara que les enfants apprennent mieux quand ils sont en relation avec d'autres personnes se trouvant dans leurs zones proximales de développement. Depuis l'époque de Vygotsky, les professeurs d'éducation ont utilisé les concepts de Vygotsky pour décrire l'interaction entre l'adulte enseignant et le jeune étudiant, mais le concept s'applique bien mieux, je pense, à ce qui se déroule naturellement dans les interactions entre enfants d'âges différents.

Comme illustration (Que j'ai déjà utilisé ailleurs), imaginez deux enfants de quatre ans qui essayent de jouer à un simple jeu qui consiste à attraper quelque chose en vol [5]. Ils ne peuvent le faire. Aucun des enfants ne peut lancer une balle suffisamment droite pour que l'autre puisse l'attraper, du coup le jeu perd de son intérêt et est ignoré rapidement. Maintenant imaginez un enfant de quatre ans jouant au jeu avec un enfant de huit ans ayant plus de compétences au lancé. L'enfant plus vieux, qui plonge et saute peut attraper la balle sauvage du plus jeune et peut s'amuser à le faire, de la même façon, l'enfant plus vieux peut lancer la balle directement dans les mains tendues du plus jeune, ainsi celui-ci peut expérimenter la joie de réussir à attraper. Ainsi, le jeu de lancer et attraper est un jeu qui se trouve dans la zone proximale de développement de l'enfant de quatre ans. Dans un environnement d'isolement par groupe d'âge consistant seulement d'enfants de quatre ans, ce jeu ne serait pas possible, mais dans un environnement d'âges mélangés qui inclut la présence d'enfants de huit ans aussi bien que d'enfants de quatre ans, le jeu se trouve dans le royaume des possibilités de chacun.
À n'importe quel moment de la journée à Sudbury Valley vous pouvez trouver de jeunes enfants jouant à des jeux, avec des enfants plus âgés, avec lesquels il ne serait pas possible de jouer avec seulement ceux de leur âge. Cela inclut aussi bien des jeux intellectuels qu'athlétique. Ils jouent ensemble non pas parce que quelqu'un leur demande, mais parce que c'est ce qu'ils souhaitent. Les enfants les plus jeunes sont attirés par les activités et les personnalités des plus vieux, et les enfants plus âgés aiment les opportunités d'interagir avec ceux plus jeunes.

Voici un exemple de jeu intellectuel se trouvant dans la zone proximale de développement. Dans de nombreux cas nous avons observé des enfants de sept, huit ans jouer des jeux de cartes compliqués en groupe avec des enfants plus vieux et adolescents. Par eux-même, les enfants de sept, huit ans ne seraient pas capables de jouer à de tels jeux. Ils ne seraient pas capables de garder leur attention concentrée suffisamment longtemps ou ne pas perdre les règles ou même maintenir les cartes suffisamment droite pour que les autres joueurs ne les voient pas. Ils peuvent jouer ces jeux avec de plus vieux enfants car les plus vieux les maintiennent sur les rails, leur rappelant quand cela est nécessaire de ce qu'ils ont à faire, et parfois leur donner des conseils stratégiques : ''Fais attention !'' ''Essaye de te souvenir quelle carte a été joué.'' ''Pense avant de déposer ta carte de manière à ne pas te la faire prendre par un autre joueur.'' L'attention, la mémoire et la préméditation sont des éléments de ce que nous appelons communément l'intelligence. Dans ce processus du jeu des cartes, qu'ils pratiquaient seulement pour l'aspect amusant, les enfants plus âgés aident de manières secondaires les plus jeunes à développer leur propre intelligence.

Le concept de Vygotsky nous aide aussi à comprendre comment les enfants plus jeunes apprennent à lire à l'école Sudbury Valley. Les enfants qui ne peuvent pas lire, ou ne peuvent pas lire assez bien, peuvent être régulièrement trouvé à jouer des jeux (et particulièrement des jeux ordinateurs) qui impliquent le mot écrit avec des enfants qui savent écrire assez bien. Le lecteur lit à voix haute ce que les autres ne savent pas lire, et dans ce processus les non-lecteurs deviennent petit à petit les lecteurs eux-mêmes.

Le mélange des âges permet aux jeunes enfants de s'engager dans des aventures ludiques qui seraient trop dangereuses pour eux à pratiquer seul ou avec seulement ceux de leur âge. Les enfants qui seraient trop effrayés, à juste raison, de s'aventurer dans les bois par eux-même se sentiront en sécurité de le faire parmi des enfants plus âgés qui connaissent les bois. De la même façon, les jeunes enfants qui découvrent pour la première fois l'escalade des arbres se sentiront en sécurité en s'aventurant sur les branches les plus basses si les plus grands sont en dessous d'eux, leur conseillant comment faire et prêt à les rattraper s'ils tombent.

Quand vous êtes petit et seulement avec des enfants de votre propre âge, l'éventail des activités possible est limité à la connaissance et aux habilités de ceux qui sont dans votre groupe d'âge, mais en collaboration avec des enfants plus âgés il n'y a pratiquement aucune limite à ce que vous pourriez faire !

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Dans le prochain acompte je décrirai plus les avantages d'un environnement éducatif qui mélange les âges, ce qui inclut les avantages pour les enfants plus âgés aussi bien que ceux plus jeunes. En même temps, j'aimerais entendre de vous concernant des exemples de vos souvenirs d'enfance concernant l'apprentissage parmi des groupes d'âge mixtes ou que vous avez observé chez les enfants que vous connaissez. S'il vous plaît incluez vos commentaires ci-dessous.

Références :

1. Greenberg, D. (1992). Sudbury Valley's secret weapon: Allowing people of different ages to mix freely at school. In D. Greenberg (Ed.), The Sudbury Valley School experience, 3rd ed. Framingham, MA: Sudbury Valley School Press.
2. Gray, P. and Feldman, J. (1997). Patterns of age mixing and gender mixing among children and adolescents at an ungraded democratic school. Merrill-Palmer Quarterly, 43, 67-86.
3. Gray, P. and Feldman, J. (2004). Playing in the Zone of Proximal Development: Qualities of Self-Directed Age Mixing Between Adolescents and Young Children at a Democratic School. American Journal of Education, 110, 108-145.
4. Vygotsky, L. (1978). Interaction between learning and development. In M. Cole, V. John-Steiner, S. Scribner, and E. Souberman (Eds), Mind and society: the development of higher psychological processes. Cambridge, MA: Harvard University Press.
5. Gray, P. The value of age-mixed play. Education Week, April 16, 2008.



Publié le 9 Septembre 2008 par Peter Gray

mardi 6 mai 2014

Libre d'apprendre blog 04, L'enfant s'éduque lui-même 3; La sagesse des chasseurs-cueilleurs

Les enfants s'éduquent eux-même 3, La sagesse des chasseurs-cueilleurs
Comment les enfants chasseurs-cueilleur apprennent sans les écoles.

Pendant des centaines de milliers d'années jusqu'au temps où l'agriculture a été inventée (il y a à peu prêt 10,000 ans), nous étions tous des chasseurs-cueilleurs. Nos instincts humains, incluant tous ces moyens instinctifs par lesquels nous apprenons sont apparu dans le cadre de cette façon de vivre. Et il est naturel que dans cette série qui concerne les moyens naturels de l'enfant pour s'éduquer lui-même je pose la question : Comment les enfants chasseurs-cueilleurs apprennent ce qu'ils ont besoin pour devenir des adultes efficaces dans leur propre culture ?

Dans la dernière moitié du vingtième siècle, les anthropologues ont localisé et observé de nombreux groupes de personnes (dans les coins reculés de l'Afrique, de l'Asie, l'Australie, la Nouvelle Guinée, l'Amérique du Sud et ailleurs) qui ont maintenu une vie de chasse et de collecte sans être trop affecté par les moyens modernes. Bien que chaque groupe étudié ait son propre langage et des traditions culturelles qui lui sont propres, il a été découvert que les divers groupes étaient similaires dans de nombreuses démarches basiques, ce qui nous permet de parler d'une « façon de vivre à la chasseur-cueilleur » au singulier. Où que nous les trouvions, les chasseurs-cueilleurs vivaient dans de petits groupes nomades (autour de 25 à 50 personnes par groupe), prenaient des décisions démocratiquement, avaient un système éthique centré sur des valeurs et le partage égalitaire et avaient des traditions culturelles riches qui incluaient la musique, l'art, les jeux, les danses et des histoires ancestrales.

Il y a quelques années, pour complémenter ce que nous avons trouvé dans la littérature d'anthropologie, Jonathan Ogas (Alors un étudiant diplômé) et moi-même avons contacté un certain nombre d'anthropologistes qui avaient vécu parmi les chasseurs-cueilleurs et leur avons demandé de répondre par écrit à un questionnaire concernant leurs observations de la vie des enfants. Neuf de ces chercheurs ont répondu aimablement à notre questionnaire. À eux tous, ils avaient étudié six cultures différentes de chasseurs-cueilleurs, trois en Afrique, une en Malaisie, une aux Philippines et une en Nouvelle Guinée.

Ce que j'ai appris de mes lectures et de notre questionnaire était l'homogénéité surprenante de ces cultures. Je vais résumer ici quatre conclusions, qui je pense sont les plus pertinentes en relation à l'autoéducation. Puisque je souhaiterais que vous visualisiez ces pratiques comme se produisant maintenant, j'utiliserais le temps présent pour les décrire, même si les pratiques et les cultures elles-mêmes ont été largement détruite dans les années récentes par les intrusions du monde « plus développé » autour d'eux.

1. L'enfant chasseur-cueilleur doit apprendre énormément de choses pour devenir un adulte prospère.

Ce serait une erreur de penser que l'éducation n'est pas un sujet important pour les chasseurs-cueilleurs car ils n'ont pas grand-chose à apprendre. En réalité, ils doivent apprendre un grand nombre de choses.

Pour devenir des chasseurs efficaces, les garçons doivent apprendre les habitudes de deux à trois cents différentes espèces de mammifères et oiseaux que le groupe peut chasser, doivent savoir comment pister de tel gibier en utilisant le moindre indice. Ils doivent être capable de confectionner parfaitement les outils pour la chasse tels que les arcs et les flèches, des sarbacanes et des fléchettes, des collets ou les filets pour tendre des pièges, et doivent être extraordinairement apte à utiliser ces outils.

Pour devenir des cueilleurs efficaces, les filles doivent apprendre lesquels des variétés incalculable de racines, tubercules, noix, graines, fruits et légumes dans leur milieu sont comestibles et nutritifs, quand et ou les trouver, comment les creuser (dans le cas des racines et des tubercules), comment en extraire efficacement les portions comestibles (dans le cas des céréales, noix et de certaines plantes fibreuses) et dans certains cas comment les transformer pour les rendre comestible ou en augmenter leurs valeurs nutritives. Ces capacités incluent des aptitudes physiques perfectionnées par des années de pratique, aussi bien que l'aptitude à se souvenir, utiliser, combiner et modifier les réserves culturelles énormes partagées par une connaissance orale au sujet de la nourriture.

En addition, l'enfant chasseur-cueilleur doit apprendre à naviguer dans leur territoire énorme d'approvisionnement, construire des huttes, faire des feux, cuisiner, repousser les prédateurs, prédire les changements du temps, soigner les blessures et les maladies, aider aux naissances, prendre soin des nourrissons, maintenir une harmonie au sein de leur groupe, négocier avec les groupes voisins, raconter des histoires, faire de la musique et s'engager dans un nombre varié de danses et de rituels de leur culture. Puisqu'il y a très peu de spécialisation autre que les hommes sont les chasseurs et les femmes les cueilleurs, chaque personne doit acquérir une large fraction de la totalité des connaissances et aptitudes de leur culture.

2. L'enfant apprend tout sans que cela lui soit enseigné.

Bien que l'enfant chasseur-cueilleur doive apprendre en très grande quantité, les chasseurs-cueilleurs n'ont rien qui ne ressemble à l'école. Les adultes n'établissent pas un programme ou ne tentent pas de motiver l'enfant à apprendre, lui donner des leçons, ou surveiller les progrès de l'enfant. Quand l'on demande comment les enfants apprennent ce qu'ils ont besoin de savoir, les adultes chasseurs-cueilleurs répondent invariablement avec des mots qui signifient essentiellement : « Ils apprennent eux-même à travers leurs observations, leurs jeux et leurs explorations. » Occasionnellement un adulte peut offrir un mot de conseil ou faire la démonstration de comment faire quelque chose un peu mieux, tel que comment sculpter une tête de flèche, mais un tel aide est donné seulement quand l'enfant le désir clairement. Les adultes n'initient, ne dirigent ou n’interfèrent pas avec les activités des enfants. Les adultes ne montrent aucun signe de leurs inquiétudes pour l'éducation de leurs enfants, des millénaires d'expérience leur ont prouvé que les enfants sont des experts pour s'éduquer eux-mêmes. [1]

3. L'enfant dispose d'une quantité de temps énorme pour jouer et explorer.

En réponse à nos questions sur combien de temps l'enfant avait pour jouer, les anthropologues que nous avons sondé étaient unanimes en indiquant que les enfants chasseurs-cueilleurs qui ont été observé étaient libres de jouer la plupart si ce n'est toute la journée, chaque jour. Les réponses typiques sont les suivantes :
  • « L'enfant (Batek) était libre de jouer pratiquement toute la journée, personne n'attend de l'enfant un travail sérieux avant qu'ils aient plus d'une dizaine d'années. » (Karen Endicott)
  • « Les filles comme les garçons » (parmi les Nharo) avaient pratiquement tous les jours entiers libres pour jouer. » (Alan Barnard)
  • « Les garçons (Efé) étaient libre de jouer pratiquement tout le temps jusqu'à l'âge de 15 à 17 ans, les filles passaient la plupart de la journée, entre quelques commissions et un peu de garde des nourrissons, à jouer. » (Robert Bailey)
  • « Les enfants (!Kung) jouaient de l'aube au coucher. » (Nancy Howell)
La liberté que l'enfant chasseur-cueilleur joui pour poursuivre ses propres intérêts vient partiellement de la compréhension des adultes que de telles poursuites est le chemin le plus sûr pour l'éducation. Il vient aussi de l'esprit général d'égalitarisme et d'autonomie personnelle qui imprègne les cultures chasseur-cueilleur et qui s'applique aussi bien aux enfants qu'aux adultes [2]. Les adultes chasseurs-cueilleurs voient leurs enfants comme des individus complets avec des droits comparables à ceux des adultes. Leur supposition est que la volonté de l'enfant, par leur propre accord, commencera à contribuer à l'économie du groupe quand ils seront prêts sur le plan du développement à le faire. Il n'y a pas besoin de faire faire aux enfants ou à qui que ce soit ce qu'ils ne veulent pas faire. C'est remarquable de penser que notre instinct d'apprentissage et de contribution à la communauté évolue dans un monde dans lequel nos instincts sont ouvert à la confiance.

4. L'enfant observe les activités des adultes et intègre ces activités dans leurs jeux.

L'enfant chasseur-cueilleur n'est jamais isolé des activités de l'adulte. Ils observent directement tout ce qui se passe dans le camp, les préparations pour les déplacements, la construction des huttes, la fabrication et l'entretien des outils et autres objets, la préparation de la nourriture et la cuisine, l'allaitement et le soin des petits enfants, les précautions prisent contre les prédateurs et les maladies, les potins et les discussions, les querelles et les opinions, les danses et les festivités. Ils accompagnent parfois les adultes sur les voyages de collecte de nourriture et à l'âge d'environ dix ans, les garçons commencent parfois à accompagner les hommes à la chasse.

L'enfant ne fait pas qu'observer toutes ces activités, mais il les intègre aussi dans leurs jeux, et à travers ce jeu, ils deviennent compétent dans ces activités. Tandis qu'ils grandissent, leurs jeux deviennent graduellement une activité réelle. Il n'y a pas une division nette entre la participation par le jeu et la véritable participation dans les activités valorisé par le groupe.

Par exemple, les garçons qui vont un jour jouer à la chasse aux papillons avec leurs petits arcs et flèches vont un jour plus tard, jouer à la chasse aux petits mammifères en en ramenant certain à la maison pour manger et quelques jours plus tard rejoindre les hommes sur de véritables chasses, toujours dans l'esprit du jeu. Un autre exemple pour les garçons comme les filles est de prendre l'habitude de jouer à construire des huttes inspiré par les vraies huttes que leurs parents construisent. Dans sa réponse à notre questionnaire, Nancy Howell a montré que les enfants !Kung construisent généralement un village entier de huttes pour jouer à quelques mètres du véritable village. Le village de jeu sert alors d'aire de jeux qui leur permet de se comporter de plusieurs manières en écho aux scènes qu'ils observent chez les adultes.

Les personnes interrogées par notre sondage réfèrent aussi à de nombreux exemples d'activités d'adulte valorisées qui sont imités régulièrement dans le jeu de l'enfant. Creuser des racines, pécher, enfumer les porcs-épics pour les faire sortir de leur cache, cuisiner, soigner les petits enfants, escalader les arbres, construire des échelles de plantes, utiliser les couteaux et autres outils, faire des outils, porter des charges très lourdes, construire des radeaux, faire des feux, se défendre contre les attaques des prédateurs, imiter les animaux (un moyen pour identifier les animaux et d'apprendre leurs habitudes), faire de la musique, danser, raconter des histoires et débattre oralement sont tous mentionnés par une ou plusieurs personnes sondées. Comme tous ces jeux prennent place dans un environnement où les âges sont mixés, les plus petits enfants apprennent constamment des plus vieux.

Personne n'a à dire ou à encourager l'enfant à faire tout cela. Ils le font naturellement parce que, comme les enfants partout ailleurs, il n'y a rien que désir plus un enfant que de grandir et d'être comme les adultes prospères qu'ils voient autour d'eux. Le désir de grandir est une motivation puissante qui se mélange avec les pulsions de jeu et d'exploration qui assure que l'enfant, si on lui donne la chance, pratiquera sans fin les aptitudes dont ils ont besoin pour les développer et devenir un adulte efficace.

Quelle pertinence pourrait avoir ces observations pour l'éducation dans notre culture ?

Notre culture est bien sûr très différente des cultures chasseurs-cueilleurs. Vous pourriez bien douter que les leçons à propos de l'éducation que nous apprenons des chasseurs-cueilleurs puissent être appliqué efficacement dans notre culture aujourd'hui. Pour commencer, les chasseurs-cueilleurs n'ont pas la lecture, l'écriture ou l'arithmétique et peut-être que naturellement, l'apprentissage par des moyens auto motivé ne fonctionne pas pour apprendre ces trois disciplines. Dans notre culture, contrairement aux cultures de chasseurs-cueilleurs il y a une quantité incalculable de moyens pour gagner sa vie, une quantité incroyable de techniques, de capacités, d'aptitudes et de connaissances qu'un enfant pourrait acquérir et il est impossible pour l'enfant dans leur vie quotidienne d'observer toutes les activités et compétences des adultes directement. Dans notre culture, contrairement aux cultures de chasse et de cueillette, les enfants sont largement séparés du monde du travail des adultes, ce qui réduit leurs opportunités de voir ce que font les adultes et d'incorporer ces activités dans leurs jeux.

Dans mon prochain acompte, je vais plaider en faveur de ce moyen naturel d'apprentissage, qui marche si bien pour les chasseurs-cueilleurs, fonctionne en pratique aussi bien pour nos enfants quand nous leur fournissons un environnement éducatif qui permet à ces moyens d'exister et fonctionner. Mon prochain acompte parlera de l'école à Framingham au Massachusetts où depuis quarante ans des enfants et des adolescents ont été éduqué par eux-même avec énormément de succès et grâce à leur autodétermination dans le jeu et l'exploration.

Notes:
1 Y. Gosso et al. (2005), "Play in hunter-gatherer societies." In A. D. Pellegrini & P. K. Smith (Eds.), The nature of play: great apes and humans. New York: Guilford.
2 S. Kent (1996), "Cultural diversity among African foragers: causes and implications." In S. Kent (Ed.), Cultural diversity among twentieth-century foragers: an African perspective. Cambridge, England: Cambridge University Press.

Publié le 2 Août 2008 par Peter Gray

dimanche 4 mai 2014

Libre d'apprendre blog 03, Les enfants s'éduquent eux-même 2 : Nous savons tous que c'est vrai pour les jeunes enfants

Les enfants s'éduquent eux-même 2 : Nous savons tous que c'est vrai pour les jeunes enfants
Observer de jeunes enfants apprendre pourrait révolutionner notre vision de l'éducation.
Publié le 23 Juillet 2008 par Peter Gray

Ne vous êtes-vous jamais arrêté pour penser à la façon dont les enfants apprennent pendant les premières années de leur vie, bien avant de commencer l'école, avant que qui que ce soit n'essaye de manière systématique à leur enseigner quelque chose ? Leur apprentissage vient naturellement, il résulte de leurs instincts à jouer, explorer et observer les autres autour d'eux. Mais dire que cela vient naturellement n'est pas dire que cela arrive sans efforts. Les nourrissons et les jeunes enfants mettent une énergie énorme dans leur apprentissage. Leurs capacités pour soutenir une attention, pour les efforts psychiques comme physiques, malgré les barrières et les frustrations qui les submergent sont extraordinaires. La prochaine fois que vous pouvez voir des enfants qui ont moins de cinq ans, asseyez-vous et regardez les un temps. Essayez d'imaginer ce qui se passe dans l'esprit de l'enfant à chaque moment de ses interactions avec le monde. Si vous vous offrez ce luxe, vous obtiendrez une belle surprise. L'expérience pourrez-vous conduire à penser l'éducation sous une nouvelle lumière, une lumière qui brille de l'intérieur de l'enfant plutôt que de l'extérieur.

Ici je vais esquisser un petit peu ce que les psychologues du développement ont appris à propos de l'apprentissage des jeunes enfants. Pour aider à mettre en relation cette connaissance à la pensée sur l'éducation, je vais organiser l'esquisse en catégories : l'éducation physique, linguistique, scientifique et socio-morale.


L'éducation physique

Commençons avec l'apprentissage de la marche. Marcher sur deux jambes est un trait d'espèce typique aux êtres humains. Dans un certain sens, nous sommes née pour ça. Pourtant, même si c'est le cas, cela ne vient pas facilement. Chaque être humain qui vient dans ce monde fait des efforts énormes pour apprendre à marcher.

Je me souviens d'un jour de printemps lorsque mon fils, quelque part vers son premier anniversaire, en était à l'étape où il pouvait marcher en se tenant à quelque chose mais ne pouvais pas faire de pas seul. Nous voyagions ce jour sur un large bateau de tourisme et mon fils à insisté pour passer toute la traversée à marcher sur le pont en me tenant la main. Nous avons passé de nombreuses heures à marcher le long du bateau, me courbant inconfortablement pour que ma main puisse l'atteindre. La motivation était, bien sûr, entièrement la sienne. J'étais simplement un outil pratique, un bâton humain qui marche. J'ai essayé de le persuader de prendre du repos parce que j'en avais besoin, mais il était maître dans l'art de me manipuler pour marcher de nouveau à chaque fois que nous nous arrêtions un moment.

Les chercheurs ont trouvé que le tout petit à son pic d'apprentissage de la marche passaient en moyenne 6 heures par jour à marcher pendant lequel ils faisaient en moyenne 9,000 pas qui les amenaient à voyager la longueur de 29 terrains de football. (Adolph et al., 2003, Child Development, 74, 475-497). Ils n'essayent pas d'aller où que ce soit en particulier ; ils marchent juste pour l'amour de la marche. Ils deviennent particulièrement intéressés dans la marche quand ils sont exposés à une nouvelle sorte de surface. Je suspecte que lors de notre voyage en bateau, mon fils était excité par la marche en partie par le mouvement que faisait le bateau rendant la marche difficile et ajoutant un nouveau challenge stimulant.

Assez tôt à l'étape de marche seul, les enfants tombent souvent et parfois se blessent eux-mêmes, mais ils se relèvent eux-même de nouveau et essayent encore, et encore, et encore, et encore. Après la marche vient la course, le saut, l'escalade, la nage et toutes sortes de nouvelles manières de se déplacer. Nous n'avons pas à enseigner à l'enfant quoi que ce soit et nous n'avons certainement pas à les motiver. Tout ce que nous avons à faire est de fournir un lieu sécurisé et approprié pour leur permettre de pratiquer.

Éducation du langage 

 
Si vous avez déjà essayé d'apprendre un nouveau langage en tant qu'adulte, vous savez à quel point cela est difficile. Il y a des milliers de mots à apprendre et un compte sans fin de règles grammaticales. Et pourtant les enfants maîtrisent leur langue maternelle à l'âge de quatre ans. En fait, les enfants qui grandissent dans une maison bilingue acquièrent deux langues à l'âge de quatre ans et trouve une manière pour les garder distinctes.

Ceux qui sont âgés de quatre ans ne peuvent décrire les règlent grammaticale de leur langue (pas plus que la plupart des adultes), mais leur connaissance implicite des règles est claire dans leurs discours et compréhension. En anglais, ils ajoutent « s » à de nouveaux noms pour les mettre pluriel, ils ajoutent « ed » à de nouveaux verbes pour les mettre au temps passé et manifestent une compréhension des catégories grammaticales (noms, verbes, adjectifs, adverbes et ainsi de suite) dans la construction de nouvelle phrases. Les nourrissons peuvent venir dans ce monde avec quelques compréhensions innées du langage, comme Noam Chomsky l'a longtemps suggéré, mais les mots et règles spécifiques de chaque langue sont différents et ont clairement besoin d'être appris.

Les nourrissons et les jeunes enfants s'éduquent eux-même continuellement sur le langage. Dans les prémisses de la petite enfance ils commencent à avoir une sorte de langue fait de gazouillis, pratiquant les actes moteurs de l'articulation. Avec le temps ils restreignent de plus en plus leurs gazouillis pour se concentrer sur les sons du langage spécifique qu'ils entendent autour d'eux. À l'âge de quelques mois on peut observer chez eux l'attention qu'ils portent au discours des autres et à s'engager dans des activités qui semblent être conçues pour les aider à découvrir ce que les autres disent. Par exemple, ils suivent régulièrement les yeux des enfants et des adultes plus vieux pour voir ce que les autres sont en train de regarder ce qui les aide à deviner ce dont ils parlent. Avec cette stratégie, un tout-petit dans le jardin qui entend quelqu'un dire, « quel beau chrysanthème » a une bonne chance d'identifier comment l'on se réfère à un objet. Entre l'âge de 2 à 17 ans, les jeunes personnes apprennent une moyenne de 60,000 mots (Bloom, 2001, Behavior & Brain Sciences, 24, 1095-1103) ; cela représente presque un nouveau mot toutes les heures depuis qu'ils sont éveillés.

L'apprentissage de la langue, comme celle d'apprendre à marcher est un jeu. C'est absorbant, intense et réalisé pour son propre bien. Les jeunes enfants vont de tous côtés en nommant les choses juste pour l'aspect amusant de les nommer et non pour obtenir une autre récompense. Et alors que les enfants grandissent, leurs jeux de mots deviennent toujours plus sophistiqué, prenant des formes variées telles que des devinettes, des jeux de mots et des rimes. Nous ne pouvons enseigner une langue à l'enfant, la seule chose que nous pouvons faire est de fournir un environnement humain normal dans lequel ils peuvent apprendre et pratiquer, c'est tout. Un environnement dans lequel ils peuvent rentrer en relation avec des personnes qui parlent.

L'éducation à la science

Les jeunes enfants sont énormément curieux à propos de tous les aspects du monde autour d'eux. Même durant leurs premiers jours de vie, les nourrissons passent plus de temps à regarder les nouveaux objets que ceux qu'ils ont déjà vus avant. Jusqu'à l'âge auquel ils ont assez de coordination œil-main pour atteindre et manipuler les objets, ce qu'ils font constamment. À l'âge de six mois, ils examinent chaque objet qu'ils peuvent atteindre de façon qui est conçue parfaitement pour en apprendre à propos de ses propriétés physiques. Ils le presse, le passe de main en main, le regarde de chaque côté, le secoue, le lâche pour regarder ce qui se passe. Et à chaque fois que quelque chose d'intéressant se passe ils essayent de le répéter juste pour prouver que ce n'était pas un coup de chance. Regarder un enfant de six mois en action c'est voir un scientifique.

Le premier but de l'exploration des jeunes enfants est d'apprendre comment contrôler leur environnement. Beaucoup d'expériences ont montré que les nourrissons et les jeunes enfants, en relation avec les objets qu'ils actionnent, sont bien plus intéressé par les objets qu'ils peuvent contrôler sur ceux qu'ils ne peuvent pas. Par exemple, un poste audio qui peut être allumé et éteint à travers un petit effort de leur part est bien plus fascinant que ceux qui s'allument et éteignent seuls ou sous le contrôle d'un adulte. Ils sont particulièrement attirés vers ce genre d'objet pendant la période où ils apprennent à les contrôler. Une fois qu'ils ont appris à contrôler un objet et en ont épuisé toutes les possibilités d'actions, ils tendent vers une perte d'intérêts pour l'objet. C'est pourquoi la boite en carton qui a une sorte de jouet fantaisiste incontrôlable peut alimenter l'intérêt de l'enfant pendant un temps plus long que le font les jouets classiques. 

 
L'impulsion qui permet de découvrir comment les objets fonctionnent et comment les contrôler ne se terminent pas seulement dans la jeune enfance, cela continue aussi longtemps que l'enfant et l'adulte sont libres de suivre leurs propres chemins. Cela a conduit à la fondation de la science. Rien ne détruit plus rapidement un environnement dans lequel l'on dit à tout le monde ce qu'ils doivent faire avec les nouveaux objets et comment le faire. L'aspect amusant de la science réside dans la découverte, pas dans la connaissance qui résulte. Cela est vrai pour chacun d'entre nous, que nous ayons 6 mois explorant un téléphone portable, deux ans explorant une boîte en carton ou un scientifique adulte explorant les propriétés d'une particule physique ou une enzyme. Personne ne se dirige vers la science parce qu'ils aiment que d'autres répondent à leurs questions, ils se dirigent vers la science parce qu'ils aiment découvrir les réponses à leurs propres questions. C'est pourquoi notre méthode standard d’entraînement à la science ne fait pas d'eux des scientifiques. Ceux qui deviennent scientifiques le font en dépit d'un tel entraînement.

L'éducation sociale et morale

Ce qui est encore plus fascinant pour les jeunes enfants que l'environnement physique est l'environnement social. Les enfants sont naturellement attirés vers les autres, plus particulièrement ceux qui sont un peu plus vieux qu'eux-même et un petit peu plus compétent. Ils veulent faire ce que les autres font. Ils veulent aussi jouer avec les autres. Le jeu social est le moyen premier pour l'éducation sociale et morale de chaque enfant.

C'est à travers le jeu que les enfants apprennent à entrer en relation avec les autres. Dans le jeu ils doivent prendre en compte les besoins des autres enfants, apprendre à voir d'autres points de vue, apprendre à faire des compromis, apprendre à négocier avec les différences, apprendre à contrôle leurs propres impulsions, apprendre à plaire aux autres pour les garder comme partenaire de jeu. Ce sont toutes des leçons difficiles et sont parmi les leçons les plus importantes que chacun d'entre nous doit apprendre si nous souhaitons vivre des vies heureuses. Nous ne pouvons pas apprendre ces leçons aux enfants, la seule chose que nous puissions faire est de les laisser jouer avec les autres et les laisser expérimenter par eux-même les conséquences de leurs échecs et succès sociaux. La forte impulsion innée à jouer avec les autres est ce qui motive tous les enfants normaux à travailler dur pour garder une forme de relation de jeux avec les autres. L'échec à entrer en relation termine le jeu et la conséquence naturelle est une expérience d'apprentissage très puissante. Aucun cours ou conseils de mots que nous pouvons fournir ne peut se substituer à une telle expérience. Je ne vais pas élaborer davantage sur ce sujet maintenant. Ce sera le sujet de futurs acomptes.

Que se passe-t-il avec la motivation de l'enfant à l'âge de cinq ou six ans ?

Une fois, alors que mon fils avait sept ans dans une école publique, j'ai fait part à son professeur qu'il semblait avoir beaucoup plus d'intérêt dans l'apprentissage avant que l'école commence, que la motivation qu'il avait maintenant. Sa réponse était un peu comme ça : « Et bien, je suis sûre que vous savez quand tant que psychologue, il s'agit d'un changement du développement naturel. L'enfant par nature est un étudiant spontané quand il est petit mais par la suite devient plus orienté vers des tâches. » 
 
Je peux comprendre d'où vient l'idée qu'elle a. J'ai vu des manuels de psychologie du développement qui divise les unités en accord avec l'âge et parle de la période avant l'école des « années de jeux ». Toutes les discussions qui concernent le jeu sont dans ces premiers chapitres. C'est comme si le jeu stoppait à l'âge de cinq ou de six ans. Les chapitres restants concernent largement les études sur comment l'enfant accomplit les tâches que les adultes leur donnent à réaliser. J'imagine que cette enseignante a lu de tels livres quand elle a pris des cours sur l'éducation. Mais de tels livres présentent une vue déformée de ce qui est naturel. Dans les deux prochains acomptes je présenterais des preuves que lorsque les jeunes enfants au-delà de l'age de cinq ou six ans ont la liberté et les opportunités de suivre leurs propres intérêts, leur impulsion de jeu et d'exploration continue à les motiver aussi fort qu'avant dans des directions et des formes toujours plus sophistiquées d'apprentissage.

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Vous pouvez participer à cet acompte en partageant vos pensées, avez-vous observé des activités de jeunes enfants qui confirment et rendent comptent des arguments que je présente ici ? Que pensez-vous de cette tendance à vouloir délibérément enseigner aux jeunes enfants et même les tester au jardin d'enfant et la maternelle ? Quelle est votre vue de l'environnement d'apprentissage idéal pour votre enfant ?

mardi 29 avril 2014

Libre d'apprendre blog 02, L'enfant s'éduque lui-même 1; Aperçu de quelques évidences

L'enfant s'éduque lui-même, 1 : Aperçu de quelques évidences

L'enfant est conçu par nature pour s'éduquer lui-même
Publié le 16 Juillet 2008 par Peter Gray
Source : http://www.psychologytoday.com/blog/freedom-learn/200807/children-educate-themselves-i-outline-some-the-evidence


En tant qu'adulte nous avons certaines responsabilités envers nos enfants et le monde de l'enfant. Il est de notre responsabilité de créer un environnement sécurisant où la santé et le respect est encouragés dans lequel l'enfant peut se développer. Il est de notre responsabilité que l'enfant est accès à une nourriture saine, de l'air frais, des espace de jeux non toxique et un grand nombre d'opportunités d’interaction avec d'autres personnes dans le spectre complet des âges. Il est de notre responsabilité que nous soyons des modèles d'humanité honnête. Mais il y a une chose dont nous ne devrions pas nous occuper ni nous soucier est la façon dont on éduque un enfant.

Nous n'avons pas à nous soucier du programme, de planifier les cours, de motiver l'enfant à apprendre, à le tester ou l'examiner et tout le reste qui se trouve sous la rubrique, pédagogie. Orientons plutôt cette énergie vers la création d'environnements décents dans lequel l'enfant peut jouer. L'éducation de l'enfant est de la responsabilité de l'enfant, pas la nôtre. Seulement eux peuvent la prendre en main. Ils sont conçus pour ça. Notre tâche concernant l'éducation est de prendre du recul et la laisser se dérouler. Plus nous essayons de la contrôler, plus nous interférons.

Quand je dis que l'éducation est de la responsabilité de l'enfant et qu'ils sont par nature conçus pour assumer cette responsabilité, je n'attends pas de vous que vous ayez une foi aveugle en cette affirmation. Nous vivons dans un monde où cette affirmation n'est pas une vérité évidente en soi comme elle put l'être. Nous vivons dans un monde dans lequel presque tous les enfants et adolescents sont envoyé à l'école à un âge de plus en plus jeune et en sort de plus en plus tard tandis que la notion « d'école » possède un certain sens standardisé. Nous mesurons l'éducation en termes de résultats d’examen et du succès à avancer dans le système scolaire d'un niveau à un autre. Alors naturellement nous en venons à penser automatiquement que l'éducation est quelque chose réalisé à l'école et qui concerne des spécialistes entraînés à l'art et à la science de la pédagogie, qui savent comment mettre un enfant dans la bonne direction qui transformera leur potentiel brut en un produit instruit.

C'est pourquoi, je prends sur moi la tâche de présenter les preuves pour appuyer mon affirmation. La façon plus directe d'approcher ces preuves viennent des milieux où l'on peut observer les enfants s'éduquer eux-même sans rien qui puisse faire penser à de la scolarisation. Ici sont présenté trois milieux que je développerai lors des trois prochains acomptes de ce blog hebdomadaire.

1. Une part immense de l'éducation de l'enfant se produit avant que l'école ne commence. La preuve la plus évidente de la capacité de l'enfant à s'auto-éduquer, disponible à chacun ouvrant les yeux, viens de l'observation des enfants dans leurs quatre ou cinq premières années de vie, bien avant que qui que ce soit n'essaye de manière systématique à leur enseigner quelque chose. Pensez à tout ce qu'ils apprennent dans cette période. Ils apprennent à marcher, à courir, à sauter, à escalader. Ils apprennent les propriétés physiques et comment manipuler tous les objets qui sont à leur portée. Ils apprennent leur langue maternelle, ce qui est sûrement l'une d'est tâche cognitive les plus complexes que chaque être humain apprend à maîtriser. Ils apprennent la psychologie de base des autres personnes, comment leur plaire, comment les ennuyer, comment obtenir ce qu'ils ont besoin et ce qu'ils désirent. Ils apprennent tout cela non pas par des leçons fournies par qui que ce soit, mais à travers leur propre liberté à jouer, leur curiosité insatiable et leur attention naturelle au comportement des autres personnes. Nous ne pouvons les arrêter d'apprendre tout cela et bien plus à moins de les enfermer et de les isoler dans des placards.

2. Les enfants des cultures de chasseur cueilleurs deviennent des adultes épanouis sans aucune scolarisation. Pendant la plus grande partie de l'existence de l'humanité, nous avons vécu en relativement petits groupes nomades cherchant de la nourriture. Les fondements de notre nature humaine (incluant notre sens du jeu, de la curiosité et de toute notre adaptation biologique pour l'apprentissage) ont évolué dans le contexte de cette façon de vivre. Quelques groupes de chasseurs-cueilleurs ont survécu et maintenu leur culture intacte jusqu'à aujourd'hui. Les anthropologistes qui ont étudié de tels groupes (en Afrique, en Asie, en Nouvelle-Zélande, en Amérique du sud et ailleurs) ont trouvé de remarquables cohérences entre elles dans leurs attitudes à l'égard des enfants. Dans toutes ces cultures, les enfants et adolescents ont la permission de jouer et de suivre leur propre intérêt, sans qu'aucun adulte n'interfère et cela de l'aube au coucher, chaque jour. La croyance de ces personnes, portée par des milliers d'années d'expérience, est que les jeunes personnes s'enseignent elles-même à travers le jeu et l'exploration et qu’ensuite, lorsqu'elles sont prêtes à le faire, commence naturellement à mettre en application ce qu'elles ont appris avec comme objectif de bénéficier à l'ensemble du groupe. À travers leurs propres efforts, les enfants chasseurs-cueilleurs acquièrent l'énorme collection de compétences et de connaissances dont ils ont besoin pour être des adultes épanouis dans leur culture.

3. Les enfants de certaines « écoles non-scolaire » dans notre culture deviennent des adultes épanouis sans aucune scolarisation conventionnelle. J'ai observé des enfants et adolescents de l'école Sudbury Valley à Framingham au Massachusetts pendant plusieurs années. L'école a été fondé il y a quarante ans par des personnes qui croyaient en l'éducation d'une façon remarquablement similaire à celle des chasseurs-cueilleurs. L'école est à destination des enfants âgés de quatre ans jusqu'à l'âge de la fin du lycée, et rien dans son fonctionnement ne ressemble à une école typique. Il s'agit d'une école structurée démocratiquement dans laquelle l'enfant a véritablement le même pouvoir que les adultes et dans laquelle les étudiants apprennent entièrement à travers leurs propres activités auto-dirigées. Il s'agit essentiellement d'un environnement sécurisé dans lequel les jeunes personnes peuvent jouer, explorer, assumer des responsabilités et interagir librement avec les autres à travers le panel entier des âges. Il n'y a pas d'examens, pas d'étoile en or ou d'autres récompenses de ce genre, pas de réussite ou d'échec, pas de cours requis ou obligatoire, pas de coercition ou de flatterie séduisante pour les pousser à apprendre, aucune attente que l'équipe soit responsable de l'apprentissage de l'enfant. Jusqu'à maintenant, des centaines de jeunes personnes se sont éduqués elles-même dans cet environnement. Et ils ne sont pas devenus des chasseurs-cueilleurs mais des artisans, des artistes, des chefs de cuisine, des médecins, des ingénieurs, des entrepreneurs, des avocats, des musiciens, des travailleurs sociaux et des concepteurs informatiques. Ils peuvent être trouvés dans l’éventail complet des carrières que nous valorisons dans notre culture.

Dans mes trois prochains acomptes, j'élaborerais, un par un, chacune de ces trois sources de preuves concernant la capacité des jeunes personnes à s'auto-éduquer. Maintenant, s'il vous plaît, répondez dans les commentaires plus bas pour partager vos propres arguments et expériences.