mardi 8 juillet 2014

Libre d'apprendre BLOG08, L'environnement naturel pour l'auto-éducation de l'enfant

L'environnement naturel pour l'auto-éducation de l'enfant
L'école Sudbury Valley fonctionne d'une façon proche de celle des groupes de chasseurs-cueilleurs.


Un thème majeur dans ce blog est que nous venons au monde avec des instincts qui sont tout à fait bien conçus pour encourager l'éducation. Nous avons des instincts pour observer, jouer et discuter avec les autres de manière à nous donner les compétences, les connaissances et les valeurs que nous avons besoin pour vivre et prospérer dans le monde physique et social dans lequel nous sommes nés. Nous faisons cela avec une grande intensité et une grande joie. Ces instincts éducatifs ont été formé par une évolution naturelle qui a duré des centaines de milliers d'années dans lesquelles nos ancêtres ont survécu comme chasseurs-cueilleurs (lien vers l'article du 2 Août). Nous pouvons donc nous attendre à ce que ces instincts soient toujours opérationnels dans des environnements sociaux de groupes de chasseurs-cueilleurs ou dans des environnements qui répliquent certains aspects des groupes de chasseurs-cueilleurs.


Durant les quarante dernières années, l'école Sudbury Valley a démontré que les instincts humains pour l'auto-éducation peuvent fournir des fondations pour notre société moderne. À cette école, les enfants et les adolescents explorent, jouent et discutent autant qu'ils leur plaisent sans aucune direction ou encouragement de la part des adultes et ensuite passent des diplômes et entrent dans le monde comme des adultes épanouis (lien vers l'article du 13 Août). J'ai passé beaucoup de temps à observer l'école Sudbury Valley pour comprendre comment les étudiants apprennent là, et j'ai aussi examiné la littérature anthropologique pour comprendre comment les enfants et les adolescents chasseurs-cueilleurs apprenaient. Cette recherche m'a convaincu que Sudbury Valley est une institution éducative qui fonctionne merveilleusement bien parce qu'elle imite reproduit les particularités qui sont les plus essentiels à une auto-éducation dans un groupe de chasseur-cueilleur.
Je présente ici une liste de ce qui me semble être les ingrédients les plus cruciaux pour un environnement naturel d'apprentissage auto-dirigé. Les anthropologues rapportent que ces ingrédients existent dans les groupes de chasseurs-cueilleurs qu'ils ont étudié[1] et j'ai remarqué que tous ces même ingrédients existent à l'école Sudbury Valley.


Du temps et de l'espace pour le jeu et l'exploration


L'auto-éducation par le jeu et l'exploration nécessite un temps énorme de temps non planifié, du temps pour faire ce que l'on veut faire quoi que ce soit, sans pression, sans jugement ou intrusion de la part d'un représentant quelconque de l'autorité. Ce temps est nécessaire pour se faire des amis, jouer avec les idées et les matériaux, découvrir des solutions, expérimenter et surmonter l'ennuie, développer des passions. Dans les groupes d'adultes chasseurs-cueilleurs ont peu de demande à l'égard des enfants et des adolescents car ils reconnaissent que les jeunes personnes ont besoin d'explorer et de jouer par eux-même pour devenir des adultes efficaces. C'est aussi vrai pour Sudbury Valley.


L'auto-éducation nécessite aussi de l'espace. De l'espace pour errer, pour aller ailleurs, pour explorer. Cet espace devrait idéalement inclure un grand échantillon d'environnements qui sont en cohérence avec ceux de la culture dans laquelle on se developpe. Les adultes chasseurs-cueilleurs ont confiance en ce que les enfants utilisent leur bon jugement pour décider à quelle distance ils s'aventureront loin des autres dans des zones qui peuvent être dangereuse. À Sudbury Valley, les enfants ont ce genre de confiance, dans les limites d'une prudence établie par notre société moderne et procédurière. Ils peuvent explorer les bois environnant, les terrains et les courant d'eau proche et en le signalant aux autres où ils vont, ils peuvent s'aventurer aussi loin du campus qu'ils le souhaitent.


La libre mixité des âges


Une quantité énorme d'apprentissage se déroule dans les interactions avec les autres. Quand nous séparons les enfants par âge dans les écoles, nous les privons de l'opportunité d'interagir avec ceux avec qui ils ont le plus à apprendre. Dans les tribus de chasseurs-cueilleurs et à Sudbury Vally, les enfants et les adolescents jouent et explorent régulièrement de leur propre initiative dans des groupes variés d'âges mélangés.


Dans les groupes d'âge différents et mélangés, les enfants les plus jeunes acquièrent des aptitudes, des informations, des idées et l'inspiration des plus âgés. Dans de tel groupes, les enfants les plus jeunes peuvent faire des choses qui serait trop dangeureuse ou trop compliqué à entreprendre seul ou avec seulement d'autres du même âge. Les autres enfants ont l'avantage aussi des intéractions entre âges mélangés. Ils apprennent à mener et à tutorer. Ils développent un sens de la responsabilité à l'égard de l'autre. Ils consolident aussi et étendent leurs propre connaissances en expliquant des choses aux enfants les plus jeunes. Le mélange des âges est tellement crucial à l'apprentissage auto-dirigé que j'ai l'intention d'y consacrer deux ou trois futurs articles spécifiques à ce sujet.


Des adultes instruits et attentionné accessibles


Dans les groupes de chasseurs-cueilleurs, le monde des adultes n'est pas séparé du monde des enfants. Les enfants voient ce que les adultes font et l'ajoutent à leurs propres jeux. Ils entendent aussi les histoires des adultes, les discussions et les débats et ils apprennent à partir de ce qu'ils entendent. Quand ils ont besoin de l'aide des adultes, ou ont des questions qui ne peuvent être répondues par d'autres enfants, ils peuvent aller vers n'importe quels adultes dans le groupe. Tous les adultes ont de l'attention pour eux. La plupart des adultes, en fait, sont leurs oncles et tantes.


À Sudbury Valley il y a aussi des adultes et des enfants se mélange librement (il y a 10 membres d'équipe à temps plein et environ 200 étudiants qui ont entre 4 et 19 ans). Il n'y a aucun endroit de l'école où les membres du personnel peuvent aller et où les enfants ne le pourraient pas. Les étudiants écoutent chacune des discussions des adultes et observent tout ce qu'ils font et peuvent les rejoindre s'ils le souhaitent. Les étudiants qui ont besoin d'aide de quelque sorte peuvent aller vers l'un des membres de l'équipe. Un enfant qui a besoin de genoux pour s'assoir, d'une épaule pour pleurer, d'un conseil personnel ou la réponse à une question technique qu'ils n'ont pas été capables de trouver par eux-même, savent très bien quel adulte satisfera son besoin. Les adultes ne sont pas à proprement parler des tantes et des oncles, mais ils sont comme une sorte d'oncle et de tante. Ils connaissent tous les étudiants sur la durée qu'ils ont passé comme étudiant à l'école (contrairement aux enseignants dans l'école conventionnelle qui connaît chaque groupe d'enfants pour la durée d'une année) et ont une fierté de les voir se développer. Puisque les membres de l'équipe doivent être réélus chaque année par le vote de tous les étudiants dans l'école, ils sont nécessairement des personnes qui aiment les enfants et sont aimées en retour par eux.


De l'équipement accessible


Pour apprendre à utiliser les outils d'une culture, les personnes ont besoin d'avoir accès à ces outils. Les enfants chasseurs-cueilleurs jouent avec des couteaux, creusent avec des bâtons, pratiquent l'arc et les flèches, installent des pièges, joue de l'instrument de musique, utilisent des canoës et tous les autres objets d'équipement qui sont cruciaux à leur culture. À l'école Sudbury Valley, les enfants ont accès à un large éventail d'équipement qui sont le plus utilisé généralement par des personnes dans notre culture, ce qui inclut les ordinateurs, les outils de travail du bois, l'équipement pour la cuisine, les matériaux artistiques, les équipements sportifs de différentes variétés et de nombreux murs remplis avec des livres.


Des idées échangés librement


Le développement intellectuel se produit de la meilleure façon quand les personnes peuvent partager leurs idées librement sans censure ou peur d'être ostracisé. Selon les rapports des anthropologues, les chasseurs-cueilleurs ne sont pas dogmatiques dans leurs croyances, ni même dans leurs croyances religieuses. Les personnes peuvent dire ce qu'il leur plaît, sans peur, et les idées qui ont une conséquence sur le groupe sont débattu sans fin. La même chose est vraie à Sudbury Valley. L'école s'est délibérément abstenu de s'aligner à une religion ou à une idéologie politique particulière. Toutes les idées sont sur la table. Dans cette sorte d'environnement, une idée est une chose à penser et à débattre, pas quelque chose à mémoriser et à répéter pour un contrôle. Daniel Greenberg, le philosophe à l'origine de l'école, a décrit l'école comme 'un marché libre d'idées'. Les enfants qui n'entendent peut-être pas beaucoup de discussions concernant la politique et la religion à la maison les entendent à l'école, et entendent tous les points de vue sur tous les sujets.


Une liberté face à la brutalité et l'agression


Pour se sentir libre d'explorer et de jouer, une personne doit se sentir en sécurité, libre du harcèlement et des agressions. Une telle liberté prend place dans une remarquable mesure à la fois dans les groupes de chasseurs-cueilleurs et à Sudbury Valley. Selon les anthropologues, les relations personnelles soudées, la mixité des âges et la non-compétitivité, l'esprit égalitaire des cultures de chasseurs-cueilleurs fonctionnent de manière effective pour prévenir la brutalité sérieuse. Si un enfant plus vieux et plus grand semble s'en prendre à un enfant plus petit ou plus jeune, les autres vont s'interposer et rapidement y mettre fin. La même chose se produit à Sudbury Valley. De plus, à Sudbury Valley, l'école a créé démocratiquement des règles et un système juridique dans lequel les enfants de tous les âges sont impliqués et qui fait forme de prévention sur l'agressivité. Les étudiants qui se sentent harcelés ou agressés peuvent amener le coupable devant un comité de justice constituée de membres de tous les âges. Ce contraste tranche radicalement avec le cas où dans de nombreuses écoles traditionnelle, l'agressivité est une norme de la vie. Les étudiants qui rapportent l'agressivité sont vus comme des balances et des cafteurs et les enseignants peuvent se sortir de l'agressivité car ils sont ceux qui font les règles et ne sont pas assujettis à celles-ci.


Une immersion dans les processus démocratiques


Les groupes de chasseurs-cueilleurs et l'école Sudbury Valley sont chacune à leur manière différente des démocraties. Les groupes de chasseurs-cueilleurs n'ont pas de chef ou de 'grand leader' qui prend les décisions pour le groupe. À la place, toutes les décisions du groupe sont prises lors de longues discussions, jusqu'à ce qu'une majorité claire de ceux qui sont concernés arrive à un accord. Tout le monde, incluant les enfants, peut prendre part à ces discussions. Sudbury Valley est administrée par un processus démocratique formel, qui implique des discussions et des votes à la réunion de l'école ,où chaques étudiants et membres de l'équipe qui font le choix de participer ont un vote égal. L'immersion dans le processus démocratique offre à chaque personne un sens de la responsabilité qui aide à motiver l'éducation. Si ma voix compte, si j'ai véritablement la parole dans ce que le groupe fait et comment il opère, alors je vais apprendre à réfléchir avec précaution et à parler avec sagesse. Je ne suis pas seulement responsable de moi-même, mais aussi de ma communauté, c'est alors une bonne raison pour moi de m'éduquer moi-même dans ces choses qui ont de l'importance pour la communauté.


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Pour résumer, mon affirmation est que l'environnement d'apprentissage naturel, qui a existé durant notre longue histoire en tant que chasseurs-cueilleurs et qui est reproduit à l'école Sudbury Valley est un environnement dans lequel :
(a) On a le temps et l'espace libre pour jouer et explorer,
(b) on peut se mélanger librement aux autres de tout âges,
(c) on a accès à tous les outils et équipement pertinent pour notre culture et avec lesquels il est possible de jouer et explorer,
(d) on est libre d'exprimer et de débattre n'importe quelle idée qu'ils souhaitent exprimer et débattre,
(e) on est libre de l'agressivité et de la brutalité (ce qui inclut d'être libéré des ordres donnés arbitrairement par les adultes),
(f) et on a une voix qui est entendue dans le processus du groupe qui prend les décisions.
Comment tout cela est-il différent de l'environnement d'une école traditionnelle ? Cela est ironique, mais dans les écoles conventionnelles nous privons l'enfant de tous les éléments qui font un environnement naturel d'apprentissage et nous essayons ensuite de leur apprendre quelque chose.


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Note
[1] Une bonne source qui rapporte des connaissances anthropologiques à l'égard de l'enfance dans les sociétés chasseurs-cueilleurs est Hunter-gatherer childhoods: Evolutionary, developmental, and cultural perspectives. de Barry S. Hewlett et Michael Lamb (Eds), Transaction Publishers, 2005.

Publié le 3 Septembre 2008 par Peter Gray

vendredi 13 juin 2014

Libre d'apprendre BLOG07, Les forces qui s'opposent à un changement éducatif fondamental

Les forces qui s'opposent à un changement éducatif fondamental
Pourquoi la réforme éducative doit prendre place à l'extérieure du système de scolarisation


Dans les acomptes précédents j'ai présenté les indices qui soutiennent les affirmations suivantes : (1) Les impulsions qu'ont les enfants à jouer et explorer de leur propre chef ont fournit les fondations de l'éducation durant notre longue histoire en tant que chasseurs-cueilleurs (lien vers article). (2) Les enfants d'aujourd'hui peuvent s'éduquer très bien par eux-même, et d'ailleurs le font, sans qu'il y ait contrainte, pression ou direction des adultes, si on leur fournit un environnement qui soutienne leurs instincts de jeu et d'exploration (lien vers article). (3) Les écoles traditionnelles sont ce qu'elles sont aujourd'hui à cause des circonstances historiques qui ont amené les personnes à dévaloriser le jeu en ayant la croyance que la volonté des enfants devait être brisée et en pensant que tout ce qui est utile, comme l'apprentissage, exige de travailler dur (lien vers article).


Aujourd'hui, de nombreuses personnes comprennent la valeur éducative d'un jeu et d'une exploration libre, nombreux sont ceux qui regrettent que les enfants aient aussi peu d’opportunités pour de telles activités et qui pensent que la volonté de l'enfant est une force positive dans leur développement, leur éducation et leur jouissance de la vie. Pourtant les écoles continues comme hier. En fait, la scolarisation traditionnelle et toutes les autres activités dirigées par les adultes qui sont modelés pour s'adapter à la scolarisation occupent un pourcentage toujours plus grand du temps de l'enfant. Pourquoi est-il si difficile de renverser la tendance ? Pourquoi est-il si difficile d'ouvrir un changement fondamental à l'intérieur même du système scolaire ? Je n'ai pas la prétention de connaître la réponse complète à cette question, mais voici un aperçue de mes pensées concernant ces forces qui rendent le système éducatif tellement difficile à changer d'une façon fondamentale.


La normalité de la scolarisation traditionnelle


Comme le montrent fréquemment les psychologues sociaux, les personnes se donneront incroyablement de mal pour sembler normaux. Si nous nous comportons différemment de la norme, les autres pourraient nous rejeter, et rien n'est pire pour nous, en tant qu'êtres sociaux, que le rejet. Si tout le monde dans une culture attache les pieds des filles, jusqu'à les handicaper, et même si les parents ne croient pas en cette pratique, ils le feront tout de même pour que leur fille n'ait pas l'air étrange. Si tous les enfants dans le voisinage vont à l'école traditionnelle, alors l'enfant qui ferait quelque chose d'un peu différent, pourrait être vu comme étrange, et ses parents pourraient être vus, non seulement comme étranges, mais aussi négligents.


Pour trouver une preuve pour connaître le niveau auquel nous identifions aujourd'hui l'enfant avec leur école traditionnelle, il suffit d'écouter n'importe qu'elle conversation (ou tentative de conversation) entre un adulte et un enfant, que l'adulte vient juste de rencontrer : '' Tu es en quelle année ?, Tu as de bonnes notes ?, Quelle est ta discipline préférée ?, Est-ce que tu t'entends bien avec ton professeur ?, Est-ce que tu es impatient que l'école commence ? '' Nous devons découvrir une manière complètement nouvelle pour parler avec les enfants qui ne vont pas dans ce genre d'école.
Les nouvelles écoles qui sont fondées sur des principes très différents de ceux des écoles traditionnelles n'attirent généralement pas beaucoup d'élèves, même parmi ceux qui croient en ces principes, simplement à cause de la peur de faire quelque chose qui pourrait sembler anormal. Les enfants qui prennent la décision de rejoindre de telles écoles on besoin de beaucoup de soutiens sociaux pour contrer cette peur, et leurs parents en ont besoin davantage.


Les prophéties qui s'auto-accomplissent de la scolarisation traditionnelle


La scolarisation traditionnelle fait la promotion de façons de penser et d'agir qui permettent de changer ses propres hypothèses en prophéties qui s'auto-accomplissent. Les hypothèses semblent être vrai parce que nous les testons dans le contexte de l'école traditionnelle et avec des critères qui ont été établi par une telle scolarisation.


Voici l'exemple d'une telle hypothèse : '' les écoles ont besoin de motiver les enfants à apprendre ''. J'ai rencontré, un nombre de fois incalculable, des parents qui croyaient que les écoles non traditionnelles telles que Sudbury Valley sont bonnes pour les enfants qui savent '' se motiver par eux-même '', mais que cela ne concernait pas les leurs, parce que leurs enfants '' ne se motive pas par eux-même '', et les enfants pensait cela aussi d'eux-même. '' J'ai besoin d'enseignants qui me donne des coups de pied aux fesses, sinon je ne fais rien de toute la journée. '' Pourquoi les personnes de notre culture ont cette perception que si nous laissons les enfants en âge d'aller à l'école avec leurs propres techniques, ils n'apprendront pas grand-chose ? Presque personne n'a cette perception des enfants trop jeunes pour aller à l'école (lien vers article), et les chasseurs-cueilleurs n'ont pas cette perception pour les enfants quel que soit leur âge (lien vers article).


Une raison qui explique la perception que les enfants en âge d'aller à l'école ne sont pas motivé d'apprendre par eux-même vient de notre acceptation culturelle générale de la définition apportée par le système scolaire sur ce qu'est l'apprentissage. Si apprendre est défini par le fait de faire des devoirs d'école ou des tâches qui ressemble de beaucoup à des devoirs d'école, alors il est parfaitement vrai que les enfants '' déscolarisés '' ou qui se rendent dans les écoles Sudbury passent peu de temps à '' apprendre ''. À la place, ils passent leur temps à jouer et à explorer, d'une manière imprévisible, et ils récoltent les connaissances et les compétences de leur culture par un simple effet secondaire.
Une autre raison de cette perception est que lorsque les enfants passent leurs journées dans une école traditionnelle à faire des contrôles et des devoirs qu'ils ne veulent pas faire, il est probable qu'à la fin de la journée, ils passent tout leur temps libre à se relaxer, se reposer, ou à se défouler de la même façon que le font leurs parents après une journée de travail stressant. Tout cela interfère avec l'opportunité d'être pleinement engagé dans cette forme de jeu, d'exploration et de conversation que nous pourrions alors facilement identifier comme de l'éducatif. 

 
Un autre exemple d'une prophétie auto-accomplit de l'école traditionnelle est que : De bonnes performances prédisent un succès à venir. Nous avons faits de cette prophétie une réalité en mettant en place un monde pour l'enfant dans lequel on définit essentiellement le '' succès '' comme de bonnes performances à l'école. Le boulot de l'enfant est d'avoir de bonnes notes à l'école qui seront récompensés de plusieurs façons. Les bonnes notes sont le critère pour avancer au niveau suivant dans un système scolaire basé sur le classement, que ce soit pour les placements sur le tableau d'honneur (ndt : aux États-Unis, il s'agit d'une liste des meilleurs élèves), pour la possibilité de participer à des activités sportives, pour aller à l'université, pour être nominé dans des sociétés prisées, pour avoir des louanges de la part de nombreux adultes, et ainsi de suite. Donc bien sûr avec toutes ces façons de mesurer le succès, de bonnes performances à l'école (lorsqu'elles sont mesurées avec un classement) prédit un succès à venir.

 
Nous sommes constamment bombardés par des statistiques montrant les corrélations entre les années de scolarisation et les carrières à succès mesuré par revenu. Mais il y a un tas de raisons qui montre que ces corrélations n'ont rien à faire avec l'apprentissage. Ici sont les trois raisons principales.


1. Nous avons créé un monde dans lequel certains métiers à salaires élevés, tel que dans le droit, la médecine et l'administration d'entreprise, requièrent généralement un certain nombre d'années d'enseignement supérieur. Dans un tel monde, les années de scolarité sont inévitablement en corrélation avec le revenu.


2. Nous avons créé un monde dans lequel '' succès '' est plus ou moins défini par les bonnes notes obtenues pendant l'enfance et par les revenus élevés obtenus plus tard. Dans un tel monde, les personnes qui sont fortement motivé par la réussite proposée par les standards conventionnels, travailleront dur pour obtenir des notes élevées et travailleront dur pour obtenir beaucoup d'argent à l'âge adulte. Et voilà, nous avons une corrélation. Et comme nous avons aussi créé un monde dans lequel très peu de personnes ont une éducation en dehors des écoles traditionnelles, les parents et les enfants se retrouvent alors avec très peu d'exemples qu'ils peuvent observer pour découvrir les formes que le succès prend par d'autres routes.


3. Les enfants venant de foyers aisés peuvent se permettre davantage de scolarité que ceux venant des foyers les plus pauvres, c'est pourquoi ils vont plus loin dans la scolarité. Les enfants des foyers aisés ont aussi davantage d'opportunités pour les professions aux salaires élevés, à cause des connections familiales et un tas d'autres avantages que n'ont les foyers les plus pauvres. Tout cela aide ainsi à créer une corrélation entre les années de scolarité et les revenus en conséquences.


Pour ces raisons et d'autres, une corrélation d'ensemble entre la scolarité et le '' succès '' est inévitable dans le monde que nous avons construit. Il n'y a aucun moyen statistique de savoir s'il existe une quelconque corrélation avec ce qui est véritablement appris à l'école.


L'enracinement de l'entreprise éducative


Une autre raison qui explique l'inertie qui agit comme un mur face à un changement réel dans notre système éducatif concerne la nature massivement enracinée de l'entreprise éducative. Aux États-Unis, il y a 6,8 millions de personnes qui gagnent actuellement leurs vies comme enseignant (U.S. Census Bureau). Contrairement à la croyance populaire, enseigner est une activité beaucoup mieux payé que ne l'est un employé de bureau ou qu'un ouvrier qualifié (Greene & Winters, 2007) et offre de nombreux autres bénéfices qui sont inclus généralement tel que la sécurité de l'emploi, un plan de retraite convenable et un grand nombre de temps de vacances. Les écoles d'éducation, qui prépare les enseignants de l'école traditionnelle, contiennent une partie énorme de l'esprit d'entreprise de l'éducation. L'industrie des manuels scolaires est aussi imposante qu'elle est lucrative. Un changement radical dans notre système éducatif inquiéterait et probablement fâcherait tout le mécanisme. De tels changements aboliraient nos besoins en enseignants et éducateurs tels qu'ils sont aujourd'hui définis. Ils aboliraient aussi nos besoins d'écoles d'enseignants traditionnels et la plupart si ce n'est tout nos besoins en manuels scolaires.


De nombreuses personnes dans notre culture ont des intérêts économiques, pas seulement à garder, mais à étendre l'éducation traditionnelle. Le plus d'heures et d'années nous exigeons aux jeunes personnes de passer à l'école, le plus nous pouvons employer des enseignants, des administrateurs d'école, des professeurs d'éducation et des auteurs et éditeurs de manuels scolaires.
L'industrie de l'éducation prospère et se nourrit des petits changements et des modes. Les nouvelles idées à propos de comment motiver les enfants, de nouveaux cours et de nouvelles façons d'enseigner les vieux cours (comme les '' nouvelles, nouvelles, nouvelles mathématiques ''), tout fournit du travail pour les professeurs d'éducation et les éditeurs de manuels. Mais un changement fondamental de la sorte dont j'ai parlé dans les acomptes précédents de ce blog contrarierait tout.


Le changement progressif ne fonctionne pas


Une autre barrière au genre de changement dans la scolarisation dont j'ai parlé est qu'il ne peut pas se faire progressivement à l'intérieure d'une école ou dans le système scolaire. Le changement exige un remplacement de paradigme, de celui où les enseignants sont en charge d'un processus éducatif à celui dans lequel chaque étudiant est véritablement en charge de sa propre éducation. On ne peut pas faire ce changement petit à petit. Aussi longtemps que l'enseignant met en place le chemin à suivre, peu importe le nombre de choix qui est offert le long de ce chemin, les étudiants comprendront qu'il s'agit du boulot de l'enseignant, pas le leur, de décider de ce qu'il faut apprendre. Aussi longtemps que les enseignants contrôleront les progrès des étudiants, peu importe comment ils le font, les étudiants comprendront que leur boulot est de remplir les attentes de l'enseignant, pas d'établir et d'aller à la rencontre de leurs propres attentes.


En fait, l’ajout de choix et une réduction de la clarté dans les moyens de contrôler à l'intérieur de la scolarisation traditionnelle peuvent rendre la vie des étudiants encore plus stressante qu'elle ne l'était. Après ces changements '' libéraux '', cela donnerait comme travail supplémentaire pour chaque étudiant de deviner ce que l'enseignant attend d'eux et de deviner les véritables critères de leur évaluation. L'école devient alors un exercice de lecture de la pensée. Ma croyance personnelle est qu'à l'intérieure du système scolaire traditionnel, le moyen le plus doux pour enseigner est d'être le plus clair possible concernant les exigences et les critères de manière à ce que les étudiants puissent remplir ces conditions sans la peur qu'ils puissent étudier les mauvaises choses.


Vous ne pouvez pas non plus, à l'intérieur du système scolaire traditionnel, vous attendre à éliminer les contrôles progressivement, un cours à la fois. Supposons que vous introduisez dans le parcours des étudiants un cours qui ne serait pas noté. Ce que vous découvrirez est que la plupart des étudiants ne feront rien à ce cours, même s'il le souhaite. Dans un système où les autres cours sont notés, le cours non contrôlé est alors considéré comme sans importance. Comment un bon élève pourrait justifier de consacrer du temps à un cours qui n'est pas noté si les autres cours sont notés ? De façon à changer la mentalité, le système entier doit changer.


Comment le changement se présente


Un changement fondamental dans l'éducation apparaît néanmoins à l'extérieure du système scolaire traditionnel. Il apparaît parmi les groupes de familles qui décident de '' déscolariser '' leurs enfants (en tout cas, pour une école à la maison qui serait libre, où il n'y aurait pas de programme ou de contrôle) et parmi les personnes qui créent des écoles non-écoles, tel que celles modelé à partir de l'école Sudbury Valley. Les personnes de ces mouvements établissent entre eux-même de nouveaux comportements et normes sociales, qui leur permettent de surmonter les barrières des comportements qui semblaient anormaux pour les autres. Leurs observations des enfants qui se sont éduqué eux-même les ont mené à éclaire l'éducation avec une nouvelle lumière, comme quelque chose à admirer et apprécier mais à ne pas contrôler. Ils ont commencé à voir de nombreux exemples de personnes qui se sont éduqués par eux-même librement et joyeusement, à l'extérieur du système scolaire traditionnel et qui ont été brillants dans leur vie et dans tous les aspects de ce qui définit le succès. Et les prophéties auto-réalisées de la scolarisation traditionnelle furent comprises pour ce qu'elles étaient.


Nous n'avons pas de raison d'être découragés à propos du futur de l'éducation. Nous devons simplement prendre conscience que la réforme réelle ne prendra pas place à l'intérieure du système scolaire établi. Elle continuera à apparaître à l'extérieur de ce système. Le changement progressif qui se mettra en place est que toujours davantage de personnes opteront pour une sortie de la scolarisation traditionnelle. Pour permettre que cela soit possible, nous avons besoin d'être sûr que les personnes ont le droit légal de se retirer. Sur un niveau politique, cela devrait être la priorité la plus élevée pour ceux d'entre nous qui souhaitons un monde dans lequel l'enfant peut se développer librement et joyeusement, avec l'expérience complète de la démocratie, des droits et des responsabilités que la démocratie entraîne.

Publié le 27 Août 2008 par Peter Gray

mardi 3 juin 2014

Libre d'apprendre blog 06, Une brève histoire de l'éducation

Une brève histoire de l'éducation
Pour comprendre les écoles nous devons avoir d'elles une perspective historique.

Quand nous voyons que partout les enfants ont l'obligation légale d'aller à l'école, que presque toutes les écoles sont structurées de la même façon et que notre société passe par un grand nombre de difficultés et de dépenses pour fournir ce genre d'école, nous tendons naturellement à conclure comme raisonnement logique qu'il doit s'agir de quelque chose de bien. Peut-être que si nous ne forçons pas les enfants à aller à l'école, ou si les écoles opèrent trop différemment, l'enfant ne pourra pas grandir et devenir un adulte compétent. Peut-être que des personnes très intelligentes ont compris tout cela et ont alors prouvé qu'il s'agissait de la meilleure méthode, ou peut-être aussi que les façons de penser alternatives à propos du développement de l'enfant et de l'éducation ont été expérimentées et ont échoué.

Dans un précédent acompte, j'ai présenté la preuve du contraire. En particulier lorsque j'ai décrit l'école Sudbury Valley où, depuis 40 années, les enfants s'éduquent par eux-même dans un cadre d'hypothèses qui est à l'opposé de la scolarisation traditionnelle. Les études sur cette école et ses diplômés montrent qu'un enfant de la moyenne normal devient éduqué à travers ses propres jeux et explorations sans aucune direction ou pression des adultes, et continu ainsi jusqu'à devenir un adulte accompli et efficace dans la culture plus étendu. À la place de fournir une direction et une pression, l'école fournit un environnement riche dans lequel jouer, explorer et expérimenter la démocratie participative de première main et réalise tout cela avec des dépenses et des conflits bien moindre que ceux que l'on retrouve souvent dans le fonctionnement de l'école traditionnelle. Pourquoi alors n'y a-t-il pas plus d'école de ce genre ?

Si nous voulons comprendre pourquoi l'école traditionnelle est ce qu'elle est, nous devons abandonner l'idée qu'elle est le produit d'une nécessité logique ou d'une clairvoyance scientifique. Elles sont plutôt, les produits de l'histoire. La scolarisation comme elle existe aujourd'hui prend son sens seulement à partir d'une perspective historique. C'est pourquoi, comme première étape pour comprendre pourquoi les écoles sont comme elles sont, je présente ici un bref résumé des grandes lignes de l'histoire de l'éducation, des débuts de l'humanité jusqu'à aujourd'hui. La plupart des intellectuels de l'histoire de l'éducation utiliseraient peut-être des définitions différentes de celles que j'utilise ici, mais je doute qu'ils renieraient l'exactitude générale de cette esquisse. En fait, j'ai utilisé les écrits de tels intellectuels pour m'aider à développer cette ébauche.

Au commencement et pendant des centaines de milliers d'années, les enfants se sont éduqués eux-même à travers le jeu et l'exploration auto-dirigé.

En rapport à l'histoire biologique de notre espèce, les écoles sont des institutions vraiment récentes. Pendant des centaines de milliers d'années, avant l'avènement de l'agriculture, nous avons vécu comme chasseurs-cueilleurs. Dans mon dernier acompte, j'ai résumé les preuves anthropologiques montrant que les enfants des cultures de chasseurs-cueilleurs ont appris ce dont ils avaient besoin à travers le jeu et l'exploration pour devenir des adultes efficaces. On peut présumer que la pulsion intense des enfants pour jouer et explorer viennent de cette longue période évolutive comme chasseurs-cueilleurs, servant les besoins d'éducation. Les adultes dans les cultures chasseurs-cueilleurs permettaient aux enfants une liberté quasi illimitée pour jouer et explorer de leur propre chef car ils reconnaissaient que ces activités sont des méthodes d'apprentissage naturelles chez les enfants.

Avec la montée de l'agriculture, et plus tard de l'industrie, les enfants sont devenus des travailleurs. Le jeu et l'exploration ont été supprimé. La volonté qui était une vertu est devenu un vice dont il fallait se débarrasser chez les enfants.

L'invention de l'agriculture, qui a commencé il y a 10.000 ans dans certaines parties du monde et s'est répandu plus tard dans les autres parties à introduit un mouvement tournoyant de changement dans la façon de vivre de personnes. Le mode de vie des chasseurs-cueilleurs était intensif en matière de connaissances et d'aptitudes, mais pas intensif en matière de travail. Pour être efficace comme chasseurs et comme cueilleurs, les personnes devaient acquérir une connaissance vaste sur les plantes et les animaux sur lesquels ils dépendaient et sur les territoires sur lesquels ils s'approvisionnaient. Ils devaient aussi être capable de développer de grandes aptitudes dans l'artisanat et l'utilisation des outils de chasses et de cueillette. Ils devaient être capable de prendre des initiatives et d'être créatif pour trouver de la nourriture et pister le gibier. Toutefois, ils n'avaient pas à travailler de longues heures, et le travail qu'ils faisaient était excitant et pas ennuyeux. Les anthropologues ont rapporté que les groupes de chasseurs-cueilleurs qu'ils ont étudiés ne faisaient pas de distinction entre le travail et le jeu, et la vie était essentiellement comprise comme un jeu.

L'agriculture a progressivement changé tout cela. Avec l'agriculture, les personnes pouvaient produire davantage de nourriture ce qui leur permettait d'avoir plus d'enfants. L'agriculture permit aux personnes (ou les força) de vivre en permanence à domicile, proche de l'endroit où les cultures étaient plantées, plutôt que des vies de nomades, et cela en retour permit aux personnes d'accumuler de la propriété. Mais ces changements apparurent au prix d'un travail immense. Tandis que les chasseurs-cueilleurs récoltaient avec adresse ce que la nature leur donnait, les fermiers devaient labourer, planter, cultiver, soigner leurs troupeaux et ainsi de suite. Une agriculture prospère nécessitait de longues heures de travail répétitif nécessitant peu d'aptitudes, et pouvait être réalisée par les enfants. Avec des familles plus larges, les enfants devaient travailler sur les terres ou à la maison pour aider à nourrir et prendre soin de leurs plus jeunes frères et sœurs. La vie des enfants changea progressivement de la libre poursuite de leur propre intérêt à une grande augmentation de temps passé à travailler au service du reste de la famille.

L'agriculture associée à l'appropriation des terres et l'accumulation de la propriété a aussi créé pour la première fois de l'histoire, de claire différence de status. Les personnes qui ne possédaient pas de terres devinrent dépendantes de ceux qui les possédaient. Les propriétaires de terres découvrirent aussi qu'ils pouvaient augmenter leurs propres richesses en faisant travailler pour eux d'autres personnes. Les systèmes d'esclavage et d'autres formes de servitude furent développés. Ceux possédant de la richesse devinrent plus riches avec l'aide des personnes qui dépendaient d'eux pour leur propre survie. Tout cela culmina avec le féodalisme du Moyen Âge, quand la société devint fortement hiérarchique, avec quelques rois et seigneurs se trouvant au-dessus de la masse d'esclaves et de serfs se trouvant en dessous. À ce moment-là, le lot de la plupart des personnes, ce qui inclut les enfants, était la servitude. La leçon principale que l'enfant devait apprendre était l'obéissance, la suppression de sa propre volonté et la manifestation d'une vénération envers les seigneurs et les maîtres. Un esprit insoumis pouvait trouver rapidement la mort.

Au Moyen Âge, les seigneurs et les maîtres n'hésitaient pas à s'en prendre physiquement aux enfants pour obtenir leur soumission. Par exemple, dans un document de la fin du 14ème siècle ou début du 15ème, un comte français conseillait aux jeunes nobles de ''choisir de jeunes serviteurs de sept ou huit ans'' car ainsi ''ce garçon pourrait être battu jusqu'à ce qu'il ait une terreur appropriée de ne pas accomplir les ordres de son maître''.[1] Le document va jusqu'à lister le nombre prodigieux de corvées que le garçon devait réaliser quotidiennement et note qu'il devait dormir la nuit dans un comble au-dessus des chiens de chasse afin de répondre à leurs besoins.

Avec la montée de l'industrie et d'une nouvelle classe bourgeoise, le féodalisme s'est progressivement affaissé, mais cela n'a pas pour autant amélioré immédiatement la vie de la plupart enfants. Les propriétaires d'affaires comme les propriétaires de terres avaient besoin de travailleurs en essayant de profiter d'eux en extrayant un maximum de travail avec le minimum de compensation possible. Tout le monde connaît l'exploitation qui a suivi et qui existe encore aujourd'hui dans de nombreuses parties du monde. Les personnes, dont les jeunes enfants, travaillaient pratiquement toutes leurs heures d'éveils, sept jours sur sept, dans des conditions inhumaines simplement pour survivre. Le travail de l'enfant a été déplacé des champs où ils avaient au moins la lumière du soleil, de l'air frais et quelques opportunités de jeux vers des usines sales, sombres et surpeuplé. En Angleterre, les responsables de la pauvreté, envoyaient les enfants pauvres dans des usines pour y être traité comme des esclaves. Un grand nombre d'entre eux mouraient chaque année de maladies, famines et de fatigue. Ce n'est pas avant le 19ème siècle que l’Angleterre vota des lois pour limiter le travail de l'enfant. En 1883, par exemple, une nouvelle législation interdit les fabricants de textiles l'emploi d'enfant ayant moins de neuf ans et limitèrent les heures de travail en semaine à 48 heures pour les enfants de 10 à 12 ans, et à 69 heures pour les enfants de 13 à 17 ans. [2]

En résumé, pendant plusieurs milliers d'années après l'avènement de l'agriculture, l'éducation de l'enfant a été, à un degré considérable, une question d'écraser leur volonté, de manière à en faire de bons travailleurs. Un bon enfant était un enfant obéissant qui supprimait le désir de jouer ou d'explorer en le remplaçant par l'accomplissement consciencieux des ordres donné par les maîtres adultes.

Pour plusieurs raisons, chez des religieux et des laïcs, l'idée universelle d'une scolarité obligatoire a commencé progressivement à apparaître et à se répandre. L'éducation a été comprise comme étant de l'inculcation.

Tandis que l'industrie progressait et devenait de plus en plus automatisée, le besoin d'enfant travailleur commença à décliner dans quelques parties du monde. L'idée commença à se répandre que l'enfance devrait être un temps pour l'apprentissage et que les écoles sont les lieux où se développe l'apprentissage chez l'enfant. L'idée et la pratique universelle d'une éducation publique obligatoire se développèrent progressivement en Europe à partir du début du 16ème siècle jusqu'au 19ème siècle. Il s'agissait d'une idée qui fut supportée par de nombreuses personnes, qui avaient tous leurs propres programmes concernant les leçons que l'enfant devrait apprendre.

Le plus gros de l'élan de cette éducation universelle vint de l'émergence des religions protestantes. Martin Luther déclara que le salut relevait de la lecture des écritures sacrées par chaque personne. Un corollaire, qui ne fut pas perdu après Luther, était que chaque personne devait apprendre à lire les vérités absolues qui se trouvaient dans les écritures ainsi que d'apprendre que le salut dépendait de la compréhension de ces vérités. Luther et d'autres leaders de la réforme promurent l'éducation publique comme un devoir chrétien, pour sauver l'âme de la damnation éternelle. À la fin du 17ème siècle, l'Allemagne, qui était le leader dans le développement de la scolarisation, avait des lois dans la plupart de ses états qui exigeaient la présence des enfants à l'école, et que ce serait l'Église luthérienne et non l'État qui assurerait le fonctionnement des écoles.

En Amérique, au milieu du 17ème siècle, le Massachusetts devint la première colonie à rendre obligatoire la scolarisation, l'objectif clairement annoncé était de faire des enfants de bons puritains. Au commencement de 1690, les enfants du Massachusetts et des colonies adjacentes apprenaient à lire à partir du ''New England Primer'', qui était communément appelé ''la petite bible de la Nouvelle-Angleterre''. [4] Elle comprenait toutes sortes de rimes qui aidait les enfants à apprendre l'alphabet, en commençant par, ''Dans la chute d'Adam, Nous avons tous pêché.'' et finissait par ''Zachée qui grimpe sur l'arbre pour voir le seigneur.'' Le manuel de lecture comprenait aussi les prières du Seigneur, le credo, les dix commandements et des leçons variés qui ont été conçu pour inculquer en l'enfant la peur de Dieu et un sens du devoir envers leurs aînés.

Les employeurs industriels virent l'école comme un moyen de créer de meilleurs travailleurs. Pour eux les leçons les plus importantes étaient la ponctualité, le suivi des instructions, la tolérance à de longues heures de travail ennuyeux et une habilité minimum à la lecture et l'écriture. De leurs points de vue (bien qu'ils ne l'ai peut-être pas déclaré ainsi), plus les sujets enseignés à l'école étaient ennuyeux meilleurs ils étaient.

Alors que les nations prirent forme et devinrent plus centralisées, les leaders nationaux virent l'éducation comme des moyens de créer de bons patriotes et de futurs soldats. Pour eux, les leçons cruciales étaient les gloires de la patrie, les accomplissements extraordinaires et les vertus morales des fondateurs et leaders de la nation et la nécessité de défendre la nation des forces du mal qui se trouvait ailleurs.

Dans ce mélange nous devons ajouter les réformateurs qui avaient plutôt comme désir de prendre soin de l'enfant, dont les messages peuvent aujourd'hui nous sembler naïf. Ce sont les personnes qui virent l'école comme un lieu pour protéger l'enfant des forces nuisibles du monde extérieure et de fournir ainsi à l'enfant la morale et l'intellect de base nécessaire pour se développer en adulte intègre et qualifié. Mais ils avaient eux aussi leur programme de ce que l'enfant devait apprendre. Les enfants devaient apprendre des leçons de morale et de disciplines, tel que le latin et les mathématiques qui exerceraient leurs esprits et les transformerait en savant.

Tous ceux qui furent impliqués dans la fondation et le soutien des écoles avaient une vue claire à propos des leçons que les enfants devaient apprendre à l'école. Il est plutôt évident que personne ne croyait que laisser les enfants se débrouiller par eux-même, et qui plus est dans un environnement d'apprentissage de grande richesse, leur permettrait d'apprendre toutes les leçons qu'ils (les adultes) estiment véritablement importante. Tous virent la scolarisation comme de l'inculcation, l'implant de certaines vérités et de méthodes de pensée dans l'esprit des enfants. La seule méthode d'inculcation connu, toujours aussi bien aujourd'hui, est la répétition forcée et l'évaluation de la mémoire de ce qui est répété.

Avec la croissance de la scolarisation, les personnes commencèrent à penser qu'apprendre était du travail. Les mêmes méthodes autoritaires qui ont été utilisé pour faire travailler les enfants dans les champs et les usines ont été tout naturellement transférés à la salle de classe.

La répétition et la mémorisation de leçons est un travail pénible pour les enfants qui ont une pulsion instinctive qui les conduit à jouer librement et à explorer le monde par eux-même. De la même façon que les enfants ne s'adaptent pas facilement aux durs labeurs des champs et des usines, ils ne s'adaptent pas facilement à la scolarisation. Ce ne fut pas une surprise pour les adultes impliqués. Mais à ce point dans l'histoire, l'idée que la volonté propre des enfants eut une valeur avait été complètement oubliée. Tout le monde supposait que pour que l'enfant apprenne à l'école, la volonté obstinée de l'enfant devait leur être enlevée. Les punitions de toutes sortes étaient considérées comme intrinsèques au processus éducatif. Dans quelques écoles, les enfants avaient l'autorisation de périodes/temps de jeux (récréation), pour leur permettre d'évacuer leurs bouillonnements intérieurs, mais le jeu n'était pas considéré comme un véhicule d'apprentissage. Dans la salle de classe, le jeu était l'ennemie de l'apprentissage.

Une attitude importante des autorités à l'égard du jeu dans les écoles du dix-huitième siècle se reflète dans les règles de John Wesley des écoles de Wesleyan, qui comporte cette déclaration : « Nous n'avons pas de jours de jeux, ainsi nous ne permettons à aucun moment ni aucun jour le jeu, car celui qui joue enfant, jouera quand il sera adulte. » [5]

Les méthodes utilisant la force brutale qui a été utilisée longtemps pour garder l'enfant attelé à sa tâche à la ferme et à l'usine ont été déplacé dans les écoles pour faire apprendre les enfants. Certains des maîtres d'école sous payés et mal préparés étaient clairement sadiques. Un maître en Allemagne a gardé trace écrite des punitions qu'il a distribuées pendant cinquante et une années d'enseignement, une liste partielle de celles-ci comportait : '' 911.527 coups avec une baguette, 124.010 coups avec une canne, 20.989 tapes avec la règle, 136.715 coups avec la main, 10.235 coups à la bouche, 7.905 claques à l'oreille et 1.118.800 coups sur la tête.'' [6] Il était clair que ce maître était fier de toute l'éducation qu'il avait fournie.

Dans son autobiographie, John Bernard, un membre important du ministère dans le Massachusetts du 18ème siècle, décrit d'un air approbateur comment, lorsqu'il était enfant, il était battu régulièrement par son maître d'école. [7] Il était battu pour son irrésistible pulsion à jouer, il était battu quand il échouait à apprendre, il était même battu quand ses camarades d'école échouaient à apprendre. Comme il s'agissait d'un brillant garçon, il avait aussi la responsabilité d'aider les autres à apprendre, et quand ils échouaient à réciter une leçon parfaitement il était battu pour cela. Sa seule plainte vient du fait qu'un camarade de classe a délibérément raté sa leçon pour le voir se faire taper. Il résolut finalement ce problème, en donnant à son camarade '' un bon coup de bâton '' quand la journée d'école fut terminée et le menaça de plus de coups dans le futur. C'était le bon vieux temps.

De nos jours, les méthodes de scolarisation sont devenu moins sévères mais les suppositions de base n'ont pas changé. Apprendre continue à être défini comme du travail d'enfant, et des moyens autoritaires sont employés pour faire travailler les enfants.

Aux 19ème et 20ème siècle, la scolarisation publique a évolué progressivement vers ce que l'on reconnaît aujourd'hui comme la scolarisation conventionnelle. Les méthodes de discipline sont devenu plus humaines, ou dans tous les cas, moins corporelles. Les leçons sont devenues plus laïques, le programme s'est allongé, en suivant l'évolution de la connaissance, ajoutant à une liste toujours davantage de sujets et le nombre d'heures, de jours et d'années de scolarisation obligatoire ne firent qu'augmenter continuellement. L'école a progressivement remplacé le travail des champs, des usines et des corvées domestiques pour devenir le premier travail des enfants. De la même façon que les adultes passent près de huit heures dans leur environnement de travail, l'enfant aujourd'hui passe six heures à l'école et une heure ou plus à faire des devoirs, auxquelles on ajoute souvent des heures de leçons prises en dehors de l'école. Avec le temps, la vie de l'enfant est devenue de plus en plus définie et structuré par le programme de l'école. Les enfants sont maintenant universellement identifiés par leurs niveaux d'école de la même façon que les adultes sont identifiés par leur travail et leur carrière.

Les écoles d'aujourd'hui sont bien moins sévères qu'autrefois, mais certains postulats concernant la nature de l'apprentissage restent inchangés, apprendre est un travail difficile, il s'agit d'une chose à faire qui doit être imposée à l'enfant par la force et certainement pas quelque chose qui arrive naturellement durant les activités choisies par l'enfant lui-même. Les leçons spécifiques que les enfants doivent apprendre sont déterminé par des éducateurs professionnels, pas par les enfants, c'est pourquoi l'éducation est toujours aujourd'hui, comme avant, une question d'inculcation (bien que les éducateurs tendent à éviter ce terme et utilisent faussement des termes comme « découverte »).
Les éducateurs astucieux d'aujourd'hui utilisent « le jeu » comme un outil pour amener les enfants à apprécier certaines de leurs leçons, et les enfants sont autorisés d'avoir des temps libres de jeu à la récréation (bien que cela diminue ces derniers temps), mais les propres jeux de l'enfant sont bien sûr considéré comme inadéquat pour les fondations d'une éducation. Les enfants qui ont des pulsions de jeu tellement forte qu'ils n'arrivent pas à rester calme pour les leçons ne sont plus battus, à la place ils sont traités avec des médicaments.

L'école aujourd'hui est le lieu où tous les enfants apprennent la distinction que les chasseurs-cueilleurs n'ont jamais connue, la distinction entre le travail et le jeu. L'enseignant dit « Vous devez faire votre travail et ensuite vous pourrez jouer. » Manifestement, s'il faut en croire ce message, le travail, qui contient tous les apprentissages de l'école, sont des choses que l'on ne souhaite pas faire mais que l'on doit faire quand même, et que le jeu est quelque chose que l'on veut faire et qui a relativement peu de valeur. Cela, peut-être, est la leçon principale de notre méthode scolaire. Si l'enfant n'apprend rien d'autre dans une école, ils apprennent au moins la différence entre le travail et le jeu, et qu'apprendre est du travail et non du jeu.

Dans ce texte j'ai essayé d'expliquer comment l'histoire de l'humanité a conduit au développement des écoles comme nous les connaissons aujourd'hui. Dans mon prochain texte, je discuterais de quelques raisons pourquoi les tentatives modernes de réformer les écoles de manière superficielle ont été si inefficaces.

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Notes
1. Citation de Orme, N. (2001), Medieval children, p315.
2. Mulhern, J. (1959), A history of education : A social interpretation, 2ème édition.
3. Encore Mulhern (1959).
4. Gutek, G. L. (1991), An historical introduction to American education, 2ème édition
5. Citation de Mullhern (1959, p383).
6. Encore Mullhern (1959, p 383).
7. De « Autobiography of the Rev. John Bernard » Collections du Massachusetts Historical Society, 3ème Ser., 5 [1836] : 178-182. extrait de J. Martin (Ed.) (2007), Children in Colonial America.

Publié le 20 Août 2008 par Peter Gray 
Source : http://www.psychologytoday.com/blog/freedom-learn/200808/brief-history-education

mardi 13 mai 2014

Libre d'apprendre blog 05, L'enfant s'éduque lui-même 4 ; Leçons de l'école Sudbury Valley

L'enfant s'éduque lui-même 4 ; Leçons de l'école Sudbury Valley
Depuis quarante ans, des enfants ont été éduqué par eux-même à cette école.


L'école Sudbury Valley a, pendant les quarante dernières années, été le secret le mieux gardé de l'éducation américaine. La plupart des étudiants en éducation n'en ont jamais entendu parler. Les professeurs d'éducations ignorent ce dont il s'agit, pas par intention malveillante mais simplement parce qu'ils ne peuvent pas l' intégrer à leurs schémas de pensée éducative. Le modèle d'éducation proposé par Sudbury Valley n'est pas une variation de l'éducation classique. Ce n'est pas une version innovante de la scolarisation traditionnelle. Ce n'est pas une école Montessori, une école Dewey ou une école constructiviste basée sur Piaget. Il s'agit d'une chose entièrement différente. Pour comprendre cette école, nous devons premièrement l'observer avec un état d'esprit différent de celui qui domine la pensée éducative actuelle. Nous devons commencer par cette simple pensée : Les adultes ne contrôlent pas l'éducation des enfants, les enfants s'éduquent eux-mêmes.


Mais le secret sort et se répand grâce aux étudiants et à ceux qui ont expérimenté l'école Sudbury Valley personnellement. Aujourd'hui il y a une vingtaine d'écoles à travers le monde inspiré par le modèle Sudbury Valley. Je prédis que d'ici cinquante ans, si ce n'est pas plus tôt, le modèle Sudbury Valley sera présenté dans tous les manuels officiels d'éducation et sera adopté par de nombreuses écoles du système public. Dans cinquante ans, je prédis que l'approche éducative d'aujourd'hui sera vue comme les restes barbares du passé. Les gens se demanderont alors pourquoi le monde à mis autant de temps à comprendre, adopter et soutenir une idée aussi simple et évidente sur laquelle l'école Sudbury Valley est fondée : Les enfants s'éduquent eux-même, nous n'avons pas à le faire pour eux.


Dans mon précédent acompte, j'ai résumé les preuves qui démontre que l'enfant chasseur-cueilleur apprend à travers leur propre autodétermination dans le jeu et l'exploration une quantité de connaissance extraordinaire pour devenir un adulte efficace. Dans l’acompte qui précède avant cela, j'ai montré que l'enfant dans notre culture apprenait certaines des leçons les plus difficiles qu'ils apprendront dans leurs vies bien avant qu'ils ne commencent la scolarisation, et cela, entièrement de leur propre initiative sans la direction ou l’encouragement d'un adulte. Et maintenant, basé sur les expériences de l'école Sudbury Valley, Je soutiens que l'auto-éducation fonctionne aussi bien pour l'enfant en âge pour l'école et les adolescents dans notre culture comme elle fonctionne pour les enfants de la maternelle et les chasseurs-cueilleurs.


Pendant plusieurs années, j'ai eu l'opportunité d'observer l'école Sudbury Valley, à la fois comme le père d'un élève qui y a été et comme un académicien qui a utilisé l'école comme une ressource pour étudier le jeu et l'enseignement autodirigé. Je vais vous en dire un peu plus à propos de l'école.

Premièrement, quelques faits prosaïques. L'école a été fondé il y a 40 ans et a été depuis lors continuellement en activité. Il s'agit d'une école de jour privé, à Framingham au Massachusetts, ouverte aux élèves âgés de quatre ans jusqu'à l'âge de fin de lycée. L'école n'est dans aucun sens élitiste. Elle admet des élèves sans prendre en considération les mesures des performances académiques et fonctionne avec un budget par enfant qui est la moitié moins celui qui est utilisé par les écoles publiques. L'école a actuellement 200 élèves et dix adultes membres de l'équipe. Il s'agit d'une résidence victorienne et d'une grange réaffectée qui se trouve sur un domaine de 4 hectares dans une partie de la ville qui était largement rurale lorsque l'école ouvrit. Maintenant voici les faits les plus remarquables concernant le fonctionnement de l'école :

L'école fonctionne comme une démocratie participative


L'école Sudbury Valley est premièrement et avant tout une communauté dans laquelle les enfants et les adolescents expérimentent directement les privilèges et les responsabilités d'un gouvernement démocratique. Le premier corps administratif est la réunion de l'école, qui consiste de tous les élèves et tous les membres de l'équipe. Avec l'acquis qu'une personne est égale à un vote, les réunions de l'école qui se déroule une fois par semaine permettent de créer toutes les règles de l'école, de prendre les décisions à propos des dépenses de l'école, d'établir des comités pour superviser le fonctionnement journalier de l'école, recruter et renvoyer les membres de l'équipe. Dans tous ce processus de l'école, les enfants de quatre ans ont le même droit de vote que les élèves plus vieux et les membres de l'équipe adulte.

Aucun membre d'équipe de l'école n'a de fonctions immuables. Les contrats sont tous d'un an, qui doivent être renouvelés chaque année à travers des élections à scrutin secret. Comme les élèves votants sont plus nombreux que l'équipe par un rapport de 20 pour 1, les membre de l'équipe qui survivent à ce processus et qui sont réélus année après année sont ceux qui sont admirés par les élèves. Ce sont des personnes aimables, éthiques et compétentes qui contribuent significativement et positivement à l’environnement de l'école. Ce sont des adultes que les élèves souhaitent d'une certaine façon imiter.

Les règles de l'école sont imposé par le comité de justice, qui change régulièrement de membres mais qui inclut toujours un membre de l'équipe et des élèves qui représentent l’éventail complet des âges à l'école. Quand un élève ou un membre de l'équipe est accusé par une autre personne de la violation d'une règle, l'accusateur et l'accusé doivent apparaître devant le comité de justice qui détermine l'innocence ou la culpabilité, et dans ce dernier cas, décide de la sentence appropriée. Les membres de l'équipe sont traités de la même façon que les élèves. Personne n'est au-dessus de la loi.

L'école n'interfère pas avec les activités des élèves

Les élèves sont libres, toute la journée, chaque journée, de faire ce qu'ils souhaitent à l'école, tant qu'ils ne violent pas l'une des règles de l'école. Les règles ont toutes été faites par les réunions de l'école et concernent principalement la protection des opportunités de l'école et des élèves de poursuivre leurs propres intérêts sans être entravé par les autres. Les membres de l'école ne doivent pas faire de bruit dans les lieux désigné « espace de silence », employer abusivement les équipements ou oublier de les ranger après utilisation, dégrader la propriété de l'école, utiliser des drogues illégales sur le site de l'école ou se comporter d'une quelconque façon à l'égard d'une autre personne qui donnerait le sentiment à cette personne d'être tourmenté. Les comportements de cette sorte amènent des plaintes auprès du comité de justice.

Aucune des règles de l'école ne concerne l'apprentissage. L'école ne donne pas d'examens. Elle n'évaluent pas ou ne diplôme pas les progrès de l'élève. [1] Il n'y a pas de programme à suivre et aucune tentative de motiver les élèves à apprendre. Les cours ont lieu seulement quand les élèves prennent l'initiative de les organiser et durent aussi longtemps que les élèves le souhaitent. De nombreux élèves ne rejoignent jamais un cours et l'école ne voit pas de problème avec ça. Les membres de l'équipe à l'école ne se considèrent pas eux-même comme des enseignants. Ils sont plutôt des membres adultes de la communauté qui fournissent une grande variété de services, incluant un peu d'enseignement. La plupart de leurs « enseignements » sont de la même sorte que l'on peut trouver dans n'importe quel habitat humain, ce qui implique de répondre sincèrement aux questions et de présenter des idées dans le contexte de véritables conversations.

L'école est un environnement riche pour le jeu et l'exploration, et donc pour l'apprentissage.

Apprendre à l'école Sudbury Valley est avant tout largement accidentel. Cela survient comme un effet secondaire lorsque l'élève s'autodétermine par le jeu et l'exploration. L'école est un environnement merveilleux pour jouer et explorer. Elle fournit de l'espace et du temps pour rendre possibles de telles activités. Elle fournit aussi de l'équipement, dont des ordinateurs, une cuisine complètement équipée, une menuiserie, une espace artistique, des équipements de jeux, des jouets de diverses sortes et de nombreux livres. Les élèves ont accès à un étang, un terrain et une forêt proche pour les jeux extérieurs et l'exploration. Ceux qui développent un intérêt spécial qui nécessite de nouvelles pièces d'équipement pourraient convaincre la réunion d'écoles de l'acheter, ou ils pourraient récolter de l'argent et l'acheter eux-même par des moyens variés, comme la vente de biscuit à l'école.

Les ressources les plus importantes à l'école pour la plupart des élèves, sont les autres élèves qui ont parmi eux un éventail énorme d’intérêts et de capacités. Comme l'école mélange librement les âges, les élèves sont régulièrement exposés aux activités et aux idées des autres qui sont plus vieux et plus jeunes qu'eux-mêmes. Le mélange des âges offre aux enfants plus jeunes des opportunités continues d'apprendre des plus vieux. Par exemple, de nombreux étudiants à l'école ont appris à lire comme un effet secondaire par la pratique de nombreux jeux qui impliquent des mots écrits (ce qui inclut les jeux vidéo) avec des élèves qui savent déjà comment lire. Ils apprennent à lire sans être conscient qu'ils sont en train de le faire.

La plupart des explorations des élèves à l'école, particulièrement chez les adolescents, ont lieu à travers les conversations. Les élèves parlent de tout ce qu'ils peuvent imaginer, avec les uns et les autres, avec les membres de l'équipe et à travers de tels relations sont exposé à un nombre incalculable d'idées et d'arguments. Comme personne n'incarne l'autorité officielle, tout ce qui est dis et entendu dans une conversation est compris comme quelque chose que l'on peut penser, pas comme un dogme qu'il faut mémoriser ou des conseils pour réussir à un examen. La conversation, contrairement aux méthodes de mémorisation pour les examens, stimule l’intellect. Le grand psychologue Russe Lev Vygotsky à affirmé il y a longtemps, que la conversation est la fondation pour une pensée élevé, et mes observations des élèves de Sudbury Valley mon convaincu que c'était vrai. La pensée est une conversation intériorisé, la conversation extériorisé avec d'autres personnes la met en route.

Des centaines de diplômés attestent de l’efficacité éducative de l'école

Ma première étude de l'école Sudbury Valley, il y a de nombreuses années, était un suivit des diplômés. Depuis ce temps, l'école elle-même a conduit de nombreuses études sur les diplômés, qui a été publié en livres.[2] Toutes ces études ont montré que l'école fonctionne aussi bien qu'une institution éducative.

Les diplômés de l'école Sudbury Valley peuvent être trouvés aujourd'hui dans un large éventail de carrières qui sont valorisé par notre société. Ils sont des artisans qualifiés, des entrepreneurs, des artistes, des musiciens, des scientifiques, des travailleurs sociaux, des infirmiers, des docteurs et ainsi de suite. Ceux qui choisissent de poursuivre dans l'éducation supérieure n'ont pas de difficultés particulières à rejoindre les grandes écoles et l'université, incluant les plus sélectives, pas plus qu'ils en ont à bien s'y accomplir une fois inscrit. Ils sont presque unanime en rapportant qu'ils sont ravis d'être allé à Sudbury Valley et croient que l'école les a préparé bien mieux que ne le fait une école traditionnelle aux réalités de l'existence adulte. À un degré considérable ils maintiennent pendant leur vie d'adulte, l'esprit de jeu (cela signifie qu'ils gardent cette attention intense emplie de joie) durant leur carrière et leur vie qu'ils ont développé et raffiné pendant leur temps à l'école.

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Si vous souhaitez en apprendre plus sur l'école Sudbury Valley, une bonne place pour commencer est le site de l'école [3]. Le principal philosophe de l'école et aussi l'un des fondateurs de l'école est Daniel Greenberg. Ses livres et d'autres livres à propos de l'école, peuvent être trouvés sur le site de l'école. Le livre le plus récent de Greenberg, que je recommande, est « Turning Learning Right Side Up » et coécrit avec le professeur de commerce et innovateur Russell Ackoff.

Mon intérêt personnel dans le futur n'est pas de faire de la promotion pour Sudbury Valley comme institution, mais d'aider à créer un dialogue à propos du jeu, de la curiosité, de la nature humaine et de l'éducation qui proviennent en parti de l'information que produit les expériences de l'école. Jusqu'à maintenant je n'ai faits que gratter la surface. Je suis sûr que pour la plupart des lecteurs, ce que je dis soulève plus de questions que de réponses. N'hésitez pas à les poser et d'y inclure vos doutes et objections.

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1. Il y a une exception à l'affirmation que l'école n’évalue pas les élèves. Les élèves qui souhaitent obtenir un diplôme de lycée doivent préparer une thèse écrite défendant ce qu'ils ont préparé eux-même pour mener une vie d'adulte responsable. Cette thèse est défendue oralement et évalué par un panel d'adultes qui sont des membres d'autres écoles basées sur le modèle Sudbury.
2. Mon étude sur les diplômés, coécrit avec David Chanoff, a été publié dans l'American Journal of Education, Volume 94, pp 182-213. Les études les plus récentes sur les diplômés ont été publié par la presse de l'école Sudbury Valley et peuvent être trouvées sur le site de l'école.
3. L'école sudbury valley : http://www.sudval.org/

Publié le 13 Août 2008 par Peter Gray

mardi 6 mai 2014

Libre d'apprendre blog 04, L'enfant s'éduque lui-même 3; La sagesse des chasseurs-cueilleurs

Les enfants s'éduquent eux-même 3, La sagesse des chasseurs-cueilleurs
Comment les enfants chasseurs-cueilleur apprennent sans les écoles.

Pendant des centaines de milliers d'années jusqu'au temps où l'agriculture a été inventée (il y a à peu prêt 10,000 ans), nous étions tous des chasseurs-cueilleurs. Nos instincts humains, incluant tous ces moyens instinctifs par lesquels nous apprenons sont apparu dans le cadre de cette façon de vivre. Et il est naturel que dans cette série qui concerne les moyens naturels de l'enfant pour s'éduquer lui-même je pose la question : Comment les enfants chasseurs-cueilleurs apprennent ce qu'ils ont besoin pour devenir des adultes efficaces dans leur propre culture ?

Dans la dernière moitié du vingtième siècle, les anthropologues ont localisé et observé de nombreux groupes de personnes (dans les coins reculés de l'Afrique, de l'Asie, l'Australie, la Nouvelle Guinée, l'Amérique du Sud et ailleurs) qui ont maintenu une vie de chasse et de collecte sans être trop affecté par les moyens modernes. Bien que chaque groupe étudié ait son propre langage et des traditions culturelles qui lui sont propres, il a été découvert que les divers groupes étaient similaires dans de nombreuses démarches basiques, ce qui nous permet de parler d'une « façon de vivre à la chasseur-cueilleur » au singulier. Où que nous les trouvions, les chasseurs-cueilleurs vivaient dans de petits groupes nomades (autour de 25 à 50 personnes par groupe), prenaient des décisions démocratiquement, avaient un système éthique centré sur des valeurs et le partage égalitaire et avaient des traditions culturelles riches qui incluaient la musique, l'art, les jeux, les danses et des histoires ancestrales.

Il y a quelques années, pour complémenter ce que nous avons trouvé dans la littérature d'anthropologie, Jonathan Ogas (Alors un étudiant diplômé) et moi-même avons contacté un certain nombre d'anthropologistes qui avaient vécu parmi les chasseurs-cueilleurs et leur avons demandé de répondre par écrit à un questionnaire concernant leurs observations de la vie des enfants. Neuf de ces chercheurs ont répondu aimablement à notre questionnaire. À eux tous, ils avaient étudié six cultures différentes de chasseurs-cueilleurs, trois en Afrique, une en Malaisie, une aux Philippines et une en Nouvelle Guinée.

Ce que j'ai appris de mes lectures et de notre questionnaire était l'homogénéité surprenante de ces cultures. Je vais résumer ici quatre conclusions, qui je pense sont les plus pertinentes en relation à l'autoéducation. Puisque je souhaiterais que vous visualisiez ces pratiques comme se produisant maintenant, j'utiliserais le temps présent pour les décrire, même si les pratiques et les cultures elles-mêmes ont été largement détruite dans les années récentes par les intrusions du monde « plus développé » autour d'eux.

1. L'enfant chasseur-cueilleur doit apprendre énormément de choses pour devenir un adulte prospère.

Ce serait une erreur de penser que l'éducation n'est pas un sujet important pour les chasseurs-cueilleurs car ils n'ont pas grand-chose à apprendre. En réalité, ils doivent apprendre un grand nombre de choses.

Pour devenir des chasseurs efficaces, les garçons doivent apprendre les habitudes de deux à trois cents différentes espèces de mammifères et oiseaux que le groupe peut chasser, doivent savoir comment pister de tel gibier en utilisant le moindre indice. Ils doivent être capable de confectionner parfaitement les outils pour la chasse tels que les arcs et les flèches, des sarbacanes et des fléchettes, des collets ou les filets pour tendre des pièges, et doivent être extraordinairement apte à utiliser ces outils.

Pour devenir des cueilleurs efficaces, les filles doivent apprendre lesquels des variétés incalculable de racines, tubercules, noix, graines, fruits et légumes dans leur milieu sont comestibles et nutritifs, quand et ou les trouver, comment les creuser (dans le cas des racines et des tubercules), comment en extraire efficacement les portions comestibles (dans le cas des céréales, noix et de certaines plantes fibreuses) et dans certains cas comment les transformer pour les rendre comestible ou en augmenter leurs valeurs nutritives. Ces capacités incluent des aptitudes physiques perfectionnées par des années de pratique, aussi bien que l'aptitude à se souvenir, utiliser, combiner et modifier les réserves culturelles énormes partagées par une connaissance orale au sujet de la nourriture.

En addition, l'enfant chasseur-cueilleur doit apprendre à naviguer dans leur territoire énorme d'approvisionnement, construire des huttes, faire des feux, cuisiner, repousser les prédateurs, prédire les changements du temps, soigner les blessures et les maladies, aider aux naissances, prendre soin des nourrissons, maintenir une harmonie au sein de leur groupe, négocier avec les groupes voisins, raconter des histoires, faire de la musique et s'engager dans un nombre varié de danses et de rituels de leur culture. Puisqu'il y a très peu de spécialisation autre que les hommes sont les chasseurs et les femmes les cueilleurs, chaque personne doit acquérir une large fraction de la totalité des connaissances et aptitudes de leur culture.

2. L'enfant apprend tout sans que cela lui soit enseigné.

Bien que l'enfant chasseur-cueilleur doive apprendre en très grande quantité, les chasseurs-cueilleurs n'ont rien qui ne ressemble à l'école. Les adultes n'établissent pas un programme ou ne tentent pas de motiver l'enfant à apprendre, lui donner des leçons, ou surveiller les progrès de l'enfant. Quand l'on demande comment les enfants apprennent ce qu'ils ont besoin de savoir, les adultes chasseurs-cueilleurs répondent invariablement avec des mots qui signifient essentiellement : « Ils apprennent eux-même à travers leurs observations, leurs jeux et leurs explorations. » Occasionnellement un adulte peut offrir un mot de conseil ou faire la démonstration de comment faire quelque chose un peu mieux, tel que comment sculpter une tête de flèche, mais un tel aide est donné seulement quand l'enfant le désir clairement. Les adultes n'initient, ne dirigent ou n’interfèrent pas avec les activités des enfants. Les adultes ne montrent aucun signe de leurs inquiétudes pour l'éducation de leurs enfants, des millénaires d'expérience leur ont prouvé que les enfants sont des experts pour s'éduquer eux-mêmes. [1]

3. L'enfant dispose d'une quantité de temps énorme pour jouer et explorer.

En réponse à nos questions sur combien de temps l'enfant avait pour jouer, les anthropologues que nous avons sondé étaient unanimes en indiquant que les enfants chasseurs-cueilleurs qui ont été observé étaient libres de jouer la plupart si ce n'est toute la journée, chaque jour. Les réponses typiques sont les suivantes :
  • « L'enfant (Batek) était libre de jouer pratiquement toute la journée, personne n'attend de l'enfant un travail sérieux avant qu'ils aient plus d'une dizaine d'années. » (Karen Endicott)
  • « Les filles comme les garçons » (parmi les Nharo) avaient pratiquement tous les jours entiers libres pour jouer. » (Alan Barnard)
  • « Les garçons (Efé) étaient libre de jouer pratiquement tout le temps jusqu'à l'âge de 15 à 17 ans, les filles passaient la plupart de la journée, entre quelques commissions et un peu de garde des nourrissons, à jouer. » (Robert Bailey)
  • « Les enfants (!Kung) jouaient de l'aube au coucher. » (Nancy Howell)
La liberté que l'enfant chasseur-cueilleur joui pour poursuivre ses propres intérêts vient partiellement de la compréhension des adultes que de telles poursuites est le chemin le plus sûr pour l'éducation. Il vient aussi de l'esprit général d'égalitarisme et d'autonomie personnelle qui imprègne les cultures chasseur-cueilleur et qui s'applique aussi bien aux enfants qu'aux adultes [2]. Les adultes chasseurs-cueilleurs voient leurs enfants comme des individus complets avec des droits comparables à ceux des adultes. Leur supposition est que la volonté de l'enfant, par leur propre accord, commencera à contribuer à l'économie du groupe quand ils seront prêts sur le plan du développement à le faire. Il n'y a pas besoin de faire faire aux enfants ou à qui que ce soit ce qu'ils ne veulent pas faire. C'est remarquable de penser que notre instinct d'apprentissage et de contribution à la communauté évolue dans un monde dans lequel nos instincts sont ouvert à la confiance.

4. L'enfant observe les activités des adultes et intègre ces activités dans leurs jeux.

L'enfant chasseur-cueilleur n'est jamais isolé des activités de l'adulte. Ils observent directement tout ce qui se passe dans le camp, les préparations pour les déplacements, la construction des huttes, la fabrication et l'entretien des outils et autres objets, la préparation de la nourriture et la cuisine, l'allaitement et le soin des petits enfants, les précautions prisent contre les prédateurs et les maladies, les potins et les discussions, les querelles et les opinions, les danses et les festivités. Ils accompagnent parfois les adultes sur les voyages de collecte de nourriture et à l'âge d'environ dix ans, les garçons commencent parfois à accompagner les hommes à la chasse.

L'enfant ne fait pas qu'observer toutes ces activités, mais il les intègre aussi dans leurs jeux, et à travers ce jeu, ils deviennent compétent dans ces activités. Tandis qu'ils grandissent, leurs jeux deviennent graduellement une activité réelle. Il n'y a pas une division nette entre la participation par le jeu et la véritable participation dans les activités valorisé par le groupe.

Par exemple, les garçons qui vont un jour jouer à la chasse aux papillons avec leurs petits arcs et flèches vont un jour plus tard, jouer à la chasse aux petits mammifères en en ramenant certain à la maison pour manger et quelques jours plus tard rejoindre les hommes sur de véritables chasses, toujours dans l'esprit du jeu. Un autre exemple pour les garçons comme les filles est de prendre l'habitude de jouer à construire des huttes inspiré par les vraies huttes que leurs parents construisent. Dans sa réponse à notre questionnaire, Nancy Howell a montré que les enfants !Kung construisent généralement un village entier de huttes pour jouer à quelques mètres du véritable village. Le village de jeu sert alors d'aire de jeux qui leur permet de se comporter de plusieurs manières en écho aux scènes qu'ils observent chez les adultes.

Les personnes interrogées par notre sondage réfèrent aussi à de nombreux exemples d'activités d'adulte valorisées qui sont imités régulièrement dans le jeu de l'enfant. Creuser des racines, pécher, enfumer les porcs-épics pour les faire sortir de leur cache, cuisiner, soigner les petits enfants, escalader les arbres, construire des échelles de plantes, utiliser les couteaux et autres outils, faire des outils, porter des charges très lourdes, construire des radeaux, faire des feux, se défendre contre les attaques des prédateurs, imiter les animaux (un moyen pour identifier les animaux et d'apprendre leurs habitudes), faire de la musique, danser, raconter des histoires et débattre oralement sont tous mentionnés par une ou plusieurs personnes sondées. Comme tous ces jeux prennent place dans un environnement où les âges sont mixés, les plus petits enfants apprennent constamment des plus vieux.

Personne n'a à dire ou à encourager l'enfant à faire tout cela. Ils le font naturellement parce que, comme les enfants partout ailleurs, il n'y a rien que désir plus un enfant que de grandir et d'être comme les adultes prospères qu'ils voient autour d'eux. Le désir de grandir est une motivation puissante qui se mélange avec les pulsions de jeu et d'exploration qui assure que l'enfant, si on lui donne la chance, pratiquera sans fin les aptitudes dont ils ont besoin pour les développer et devenir un adulte efficace.

Quelle pertinence pourrait avoir ces observations pour l'éducation dans notre culture ?

Notre culture est bien sûr très différente des cultures chasseurs-cueilleurs. Vous pourriez bien douter que les leçons à propos de l'éducation que nous apprenons des chasseurs-cueilleurs puissent être appliqué efficacement dans notre culture aujourd'hui. Pour commencer, les chasseurs-cueilleurs n'ont pas la lecture, l'écriture ou l'arithmétique et peut-être que naturellement, l'apprentissage par des moyens auto motivé ne fonctionne pas pour apprendre ces trois disciplines. Dans notre culture, contrairement aux cultures de chasseurs-cueilleurs il y a une quantité incalculable de moyens pour gagner sa vie, une quantité incroyable de techniques, de capacités, d'aptitudes et de connaissances qu'un enfant pourrait acquérir et il est impossible pour l'enfant dans leur vie quotidienne d'observer toutes les activités et compétences des adultes directement. Dans notre culture, contrairement aux cultures de chasse et de cueillette, les enfants sont largement séparés du monde du travail des adultes, ce qui réduit leurs opportunités de voir ce que font les adultes et d'incorporer ces activités dans leurs jeux.

Dans mon prochain acompte, je vais plaider en faveur de ce moyen naturel d'apprentissage, qui marche si bien pour les chasseurs-cueilleurs, fonctionne en pratique aussi bien pour nos enfants quand nous leur fournissons un environnement éducatif qui permet à ces moyens d'exister et fonctionner. Mon prochain acompte parlera de l'école à Framingham au Massachusetts où depuis quarante ans des enfants et des adolescents ont été éduqué par eux-même avec énormément de succès et grâce à leur autodétermination dans le jeu et l'exploration.

Notes:
1 Y. Gosso et al. (2005), "Play in hunter-gatherer societies." In A. D. Pellegrini & P. K. Smith (Eds.), The nature of play: great apes and humans. New York: Guilford.
2 S. Kent (1996), "Cultural diversity among African foragers: causes and implications." In S. Kent (Ed.), Cultural diversity among twentieth-century foragers: an African perspective. Cambridge, England: Cambridge University Press.

Publié le 2 Août 2008 par Peter Gray